J’ai trouvé ton écharpe hier
Qui traînait dans un tiroir
Celle que tu portais
Le jour où je t’ai rencontré
Le jour où je t’ai aimé
Le jour où tu as parlé
De caisse et d’aspirateur
J’ai trouvé ton écharpe hier
Esseulée dans un placard
Celle qui s’enroulait
Et se déroulait
Dans la lumière de l’hiver
J’ai trouvé ton écharpe hier
Qui pleurait seule dans le noir
Alors je l’ai consolée
mercredi, novembre 09, 2011
dimanche, novembre 06, 2011
samedi, novembre 05, 2011
Il y a des jours comme ça où les mots ne veulent rien dire. On a beau les tourner dans tous les sens, on a beau les regarder sous toutes les coutures, ils sont juste un tas de lettres plus ou moins espacées qui dansent sur la page. Alors on essaie de prendre le rythme, en vain. On boit un café. On mange un kinder. On se dégourdit les jambes. Et on attend, alors même qu’on sait qu’il est inutile d’essayer. On ne peut s’empêcher d’espérer, c’est le propre de la condition humaine.
Je veux te voir
Je veux te voir c’est tout
Je veux embrasser ta joue
Tes yeux et surtout tes oreilles
Longuement
Je veux poser ma main sur ton cœur
Je veux briser l’écran où nos ombres s’agitent
Se cherchent et puis s’évitent
Je veux écouter tes silences
Longuement
Je veux poser ma tête contre ton cœur
Je veux te voir c’est tout
Je veux embrasser ton cou
Tes mains et surtout tes poignets
Longuement
Je veux glisser ma main sur ton coeur
Je veux jeter les mots usés désabusés
Tous les papiers froissés
Je veux caresser tes absences
Longuement
Je veux poser ta main sur mon cœur
Je veux embrasser ta joue
Tes yeux et surtout tes oreilles
Longuement
Je veux poser ma main sur ton cœur
Je veux briser l’écran où nos ombres s’agitent
Se cherchent et puis s’évitent
Je veux écouter tes silences
Longuement
Je veux poser ma tête contre ton cœur
Je veux te voir c’est tout
Je veux embrasser ton cou
Tes mains et surtout tes poignets
Longuement
Je veux glisser ma main sur ton coeur
Je veux jeter les mots usés désabusés
Tous les papiers froissés
Je veux caresser tes absences
Longuement
Je veux poser ta main sur mon cœur
jeudi, novembre 03, 2011
Daydream
Je veux déchirer ton tee-shirt
Je veux le jeter loin du lit
Je veux que tu me prennes sur le bureau
Comme ça
Je veux que tu te taises aussi
Que ta bouche me baise
Encore
Je veux le jeter loin du lit
Je veux que tu me prennes sur le bureau
Comme ça
Je veux que tu te taises aussi
Que ta bouche me baise
Encore
lundi, octobre 31, 2011
Sur un malentendu...
(A la manière de David Foenkinos)
Richard venait d’entrer dans le café. Il ne passait que très rarement Grand’Rue à cette heure-ci, encore moins pour y boire un café. Tout est toujours question de circonstances dans la vie. Ce matin-là, il s’était mis à pleuvoir à verse sur Strasbourg. Une pluie comme on en voit peu en août. Une pluie qu’on ne peut ignorer. Richard avait été obligé de se réfugier au café. Il s’installa à une table et se tourna aux trois-quarts pour passer commande. C’est alors qu’il vit Marie. C’était comme une apparition, une naissance improbable dans son champ de vision. Elle lisait un livre en anglais en sirotant un thé. Il avait su déchiffrer le titre de loin : The summer without men. Il se mit à penser à la signification d’un tel choix. Il ne pouvait se résoudre à imaginer une femme si belle dans la solitude de sa chambre et de son quotidien. Non, décidément, ce livre ne pouvait être qu’un appel à l’aide. Une façon délicate d’attirer l’attention des hommes. Comme un message codé. Au dehors, la pluie n’en finissait pas de tomber. Ce n’était pas une coïncidence, mais plutôt un signe. Richard avait maintenant la certitude qu’il devait aborder Marie.
Rien dans son apparence ne laissait suggérer sa nationalité. Elle lisait un livre en anglais, mais de nos jours, beaucoup de gens préfèrent l’authenticité de la version originale à l’imprécision de la version traduite. Comment savoir ? Il valait quand même mieux qu’il lui parle en anglais. On verrait par la suite. Des idées de phrases d’accroche se bousculaient dans sa tête, mais aucune ne lui plaisait vraiment. Richard, plongé dans sa rêverie, était maintenant suspendu aux gestes de Marie et en oubliait de boire son café. C’est en regardant l’horloge, plus par réflexe que par réelle curiosité, qu’il se rendit compte qu’il était resté ainsi immobile pendant plus d’une heure, envoûté par les gestes de Marie, happé par ses respirations.
***
Idées de phrases d’accroche pour aborder Marie
-How do you today ?
-Is this a book good?
-Strasbourg is nice?
-Do speak French?
-Are you fucking?
***
Richard sentit qu’il était temps de se jeter à l’eau. Il prit son courage à deux mains et marmonna une question entre ses dents, question qui s’avéra parfaitement incompréhensible. Il fit cependant suffisamment de bruit pour que Marie lève la tête. Elle lui sourit et lui demanda de répéter. Richard comprit à cet instant que Marie était la femme de sa vie. Il balbutia autre chose en français cette fois, et puis les mots lui vinrent aux lèvres de plus en plus facilement. Il déversa des flots de paroles comme quelqu’un qui n’a pas parlé depuis des mois, quelqu’un qui aurait fait un long séjour dans le désert et qui reviendrait enfin à la civilisation. Il prit le silence de Marie pour de la fascination. Sa future femme aimait tellement l’écouter qu’elle ne voulait pas l’interrompre. Elle ne voulait sans doute pas qu’il perde le fil. Puis Richard vit dans les yeux de Marie ce qu’elle n’osait pas lui dire. Ils ne pouvaient pas se quitter comme ça. Il fallait qu’ils se revoient. Il lui donna son numéro de téléphone, Marie l’appela immédiatement pour qu’il ait bien le sien. Elle finit son thé et se dirigea vers les toilettes. Richard eut l’impression que ces quelques minutes ne finiraient jamais. Les femmes aiment faire attendre les hommes, ça fait partie du jeu de séduction. Quand elle ressortit, Richard pouvait difficilement cacher son émotion. Il n’avait encore jamais vu Marie s’avancer vers lui. Le sentiment qu’il avait éprouvé en la découvrant attablée venait d'être sublimé. Il n’avait pas imaginé que le mouvement donnerait à Marie une beauté aussi remarquable qu’indicible. Il l’accompagna au bout de la rue. Au moment de la séparation, une gêne s’installa entre eux. Comment n’avait-il pas pensé à ça ! Marie n’osait pas l’embrasser, bien évidemment. Il sentit qu’à cet instant elle avait besoin de galanterie : « Je peux vous faire la bise ? » Il la regarda s’éloigner rapidement. Elle était sûrement sous le coup de l’émotion, elle aussi.
***
Idées de phrases polies pour faire partir Richard
-Désolée, je dois partir. J’ai piscine.
-J’aimerais vraiment finir ce livre.
-Quelle heure est-il ? Déjà ?!! Je dois y aller, je suis en retard.
-No comprendo.
-Et ta sœur ? (pas très poli, mais efficace)
***
Richard pensa souvent à Marie durant les trois semaines qui suivirent. Mais en rejouant leur rencontre dans sa tête, il se souvint de la volupté suscitée par l’attente lorsque Marie était allée aux toilettes. Lui aussi voulait se faire désirer. Lui aussi voulait que Marie l’attende et chérisse le moment où il s’avancerait vers elle. Il résista à l’envie de l’appeler. Il dût se retenir environ deux fois par jour. Puis la quatrième semaine arriva, pleine de promesses et de légèreté. Richard composa le numéro de Marie. Après les cinq sonneries, le répondeur s’était déclenché. Richard essaya à nouveau. On oublie toujours de réactiver la sonnerie après le cinéma ou le rendez-vous chez le coiffeur. Il n’y avait rien de surprenant à ce silence. Il n’avait même pas demandé à Marie si elle se servait souvent de son portable. Il était possible qu’elle fasse partie de ces gens qui préfèrent les rendez-vous face à face. A partir de ce jour, Richard essaya d’appeler Marie trois à quatre fois par semaine. Il se disait qu’elle l’avait pris à son propre jeu : les femmes sont bien trop intelligentes pour ne pas savoir quand les hommes jouent au jeu de la séduction. Marie avait gagné, une fois de plus.
***
Idées de phrases pour que Richard laisse enfin tomber
-Si je ne réponds jamais au téléphone, c’est qu’il y a une raison. Arrête de m’appeler !
-J’aurais dû être plus directe avec toi. Je vais l’être maintenant : Arrête de m’appeler !
-Tu ressembles à rien, en plus. Arrête de m’appeler !
-Sur un malentendu, ça marche rarement. Ne crois pas tout ce que tu vois dans les films. Arrête de m’appeler !
-T’es con ou quoi ?? Arrête de m’appeler !
***
Ce jeudi-là, Richard avait bien commencé sa journée. Il s’était réveillé à l’heure et sans trop de difficultés. Il avait trouvé une chemise propre qu’il aimait bien cachée au fond de l’armoire. Il était fin prêt pour appeler Marie. Il avait un bon pressentiment. Cette fois serait la bonne. Le téléphone de Marie sonna une fois, puis deux. Il entendit soudain sa voix. Il eut du mal à la reconnaître. Il ne l’avait entendue qu’une fois, très peu. Il avait oublié à quel point la voix de Marie était sensuelle. Il avait pensé que ce qui lui plaisait vraiment chez Marie, c’était la façon qu’elle avait de se mouvoir, douce et déterminée. Il aimait Marie et son cinéma muet, celui qu’elle faisait juste pour lui. Il fut surpris de réaliser que la voix de Marie lui plaisait aussi, peut-être encore plus que tout le reste. Il reprit contenance et se mit à parler. Soudain, Marie utilisa sa voix si sensuelle pour lui dire une phrase. Une phrase très courte qui le surprit et le laissa sans voix. Elle avait raccroché.
Richard venait d’entrer dans le café. Il ne passait que très rarement Grand’Rue à cette heure-ci, encore moins pour y boire un café. Tout est toujours question de circonstances dans la vie. Ce matin-là, il s’était mis à pleuvoir à verse sur Strasbourg. Une pluie comme on en voit peu en août. Une pluie qu’on ne peut ignorer. Richard avait été obligé de se réfugier au café. Il s’installa à une table et se tourna aux trois-quarts pour passer commande. C’est alors qu’il vit Marie. C’était comme une apparition, une naissance improbable dans son champ de vision. Elle lisait un livre en anglais en sirotant un thé. Il avait su déchiffrer le titre de loin : The summer without men. Il se mit à penser à la signification d’un tel choix. Il ne pouvait se résoudre à imaginer une femme si belle dans la solitude de sa chambre et de son quotidien. Non, décidément, ce livre ne pouvait être qu’un appel à l’aide. Une façon délicate d’attirer l’attention des hommes. Comme un message codé. Au dehors, la pluie n’en finissait pas de tomber. Ce n’était pas une coïncidence, mais plutôt un signe. Richard avait maintenant la certitude qu’il devait aborder Marie.
Rien dans son apparence ne laissait suggérer sa nationalité. Elle lisait un livre en anglais, mais de nos jours, beaucoup de gens préfèrent l’authenticité de la version originale à l’imprécision de la version traduite. Comment savoir ? Il valait quand même mieux qu’il lui parle en anglais. On verrait par la suite. Des idées de phrases d’accroche se bousculaient dans sa tête, mais aucune ne lui plaisait vraiment. Richard, plongé dans sa rêverie, était maintenant suspendu aux gestes de Marie et en oubliait de boire son café. C’est en regardant l’horloge, plus par réflexe que par réelle curiosité, qu’il se rendit compte qu’il était resté ainsi immobile pendant plus d’une heure, envoûté par les gestes de Marie, happé par ses respirations.
***
Idées de phrases d’accroche pour aborder Marie
-How do you today ?
-Is this a book good?
-Strasbourg is nice?
-Do speak French?
-Are you fucking?
***
Richard sentit qu’il était temps de se jeter à l’eau. Il prit son courage à deux mains et marmonna une question entre ses dents, question qui s’avéra parfaitement incompréhensible. Il fit cependant suffisamment de bruit pour que Marie lève la tête. Elle lui sourit et lui demanda de répéter. Richard comprit à cet instant que Marie était la femme de sa vie. Il balbutia autre chose en français cette fois, et puis les mots lui vinrent aux lèvres de plus en plus facilement. Il déversa des flots de paroles comme quelqu’un qui n’a pas parlé depuis des mois, quelqu’un qui aurait fait un long séjour dans le désert et qui reviendrait enfin à la civilisation. Il prit le silence de Marie pour de la fascination. Sa future femme aimait tellement l’écouter qu’elle ne voulait pas l’interrompre. Elle ne voulait sans doute pas qu’il perde le fil. Puis Richard vit dans les yeux de Marie ce qu’elle n’osait pas lui dire. Ils ne pouvaient pas se quitter comme ça. Il fallait qu’ils se revoient. Il lui donna son numéro de téléphone, Marie l’appela immédiatement pour qu’il ait bien le sien. Elle finit son thé et se dirigea vers les toilettes. Richard eut l’impression que ces quelques minutes ne finiraient jamais. Les femmes aiment faire attendre les hommes, ça fait partie du jeu de séduction. Quand elle ressortit, Richard pouvait difficilement cacher son émotion. Il n’avait encore jamais vu Marie s’avancer vers lui. Le sentiment qu’il avait éprouvé en la découvrant attablée venait d'être sublimé. Il n’avait pas imaginé que le mouvement donnerait à Marie une beauté aussi remarquable qu’indicible. Il l’accompagna au bout de la rue. Au moment de la séparation, une gêne s’installa entre eux. Comment n’avait-il pas pensé à ça ! Marie n’osait pas l’embrasser, bien évidemment. Il sentit qu’à cet instant elle avait besoin de galanterie : « Je peux vous faire la bise ? » Il la regarda s’éloigner rapidement. Elle était sûrement sous le coup de l’émotion, elle aussi.
***
Idées de phrases polies pour faire partir Richard
-Désolée, je dois partir. J’ai piscine.
-J’aimerais vraiment finir ce livre.
-Quelle heure est-il ? Déjà ?!! Je dois y aller, je suis en retard.
-No comprendo.
-Et ta sœur ? (pas très poli, mais efficace)
***
Richard pensa souvent à Marie durant les trois semaines qui suivirent. Mais en rejouant leur rencontre dans sa tête, il se souvint de la volupté suscitée par l’attente lorsque Marie était allée aux toilettes. Lui aussi voulait se faire désirer. Lui aussi voulait que Marie l’attende et chérisse le moment où il s’avancerait vers elle. Il résista à l’envie de l’appeler. Il dût se retenir environ deux fois par jour. Puis la quatrième semaine arriva, pleine de promesses et de légèreté. Richard composa le numéro de Marie. Après les cinq sonneries, le répondeur s’était déclenché. Richard essaya à nouveau. On oublie toujours de réactiver la sonnerie après le cinéma ou le rendez-vous chez le coiffeur. Il n’y avait rien de surprenant à ce silence. Il n’avait même pas demandé à Marie si elle se servait souvent de son portable. Il était possible qu’elle fasse partie de ces gens qui préfèrent les rendez-vous face à face. A partir de ce jour, Richard essaya d’appeler Marie trois à quatre fois par semaine. Il se disait qu’elle l’avait pris à son propre jeu : les femmes sont bien trop intelligentes pour ne pas savoir quand les hommes jouent au jeu de la séduction. Marie avait gagné, une fois de plus.
***
Idées de phrases pour que Richard laisse enfin tomber
-Si je ne réponds jamais au téléphone, c’est qu’il y a une raison. Arrête de m’appeler !
-J’aurais dû être plus directe avec toi. Je vais l’être maintenant : Arrête de m’appeler !
-Tu ressembles à rien, en plus. Arrête de m’appeler !
-Sur un malentendu, ça marche rarement. Ne crois pas tout ce que tu vois dans les films. Arrête de m’appeler !
-T’es con ou quoi ?? Arrête de m’appeler !
***
Ce jeudi-là, Richard avait bien commencé sa journée. Il s’était réveillé à l’heure et sans trop de difficultés. Il avait trouvé une chemise propre qu’il aimait bien cachée au fond de l’armoire. Il était fin prêt pour appeler Marie. Il avait un bon pressentiment. Cette fois serait la bonne. Le téléphone de Marie sonna une fois, puis deux. Il entendit soudain sa voix. Il eut du mal à la reconnaître. Il ne l’avait entendue qu’une fois, très peu. Il avait oublié à quel point la voix de Marie était sensuelle. Il avait pensé que ce qui lui plaisait vraiment chez Marie, c’était la façon qu’elle avait de se mouvoir, douce et déterminée. Il aimait Marie et son cinéma muet, celui qu’elle faisait juste pour lui. Il fut surpris de réaliser que la voix de Marie lui plaisait aussi, peut-être encore plus que tout le reste. Il reprit contenance et se mit à parler. Soudain, Marie utilisa sa voix si sensuelle pour lui dire une phrase. Une phrase très courte qui le surprit et le laissa sans voix. Elle avait raccroché.
samedi, octobre 29, 2011
In limbo
Quand je ferme les yeux
Je vois ton visage
Tes cheveux noirs et tes yeux sombres
Qui ne me regardent plus
Je vois ta peau remarquable
Que j’ai tant désirée
Se mouvoir dans l’obscurité
Puis disparaître dans un trou noir
Dans les abîmes de ma mémoire
Là où les images ne meurent pas
Mais refont surface encore et encore
Tentaculaires
Sans répit et sans remords
Elles se traînent agonisantes devant mes yeux
Habitant mes rêves et ma pensée
Alors je veux crier
Crier ton nom à pleins poumons
Et faire disparaître pour de bon
Ces images morbides de notre bonheur
Inachevé
Interminable
Je vois ton visage
Tes cheveux noirs et tes yeux sombres
Qui ne me regardent plus
Je vois ta peau remarquable
Que j’ai tant désirée
Se mouvoir dans l’obscurité
Puis disparaître dans un trou noir
Dans les abîmes de ma mémoire
Là où les images ne meurent pas
Mais refont surface encore et encore
Tentaculaires
Sans répit et sans remords
Elles se traînent agonisantes devant mes yeux
Habitant mes rêves et ma pensée
Alors je veux crier
Crier ton nom à pleins poumons
Et faire disparaître pour de bon
Ces images morbides de notre bonheur
Inachevé
Interminable
vendredi, octobre 28, 2011
Le temps qui passe
Le temps qui passe n’a pas prise sur nous
Qui comptons les secondes et les minutes
Il n’a pas prise sur toi semblable au premier jour
A la première fois où tu as défait tes cheveux
Je les regarde longuement
Ils se déroulent s’étalent sur l’oreiller
A l’infini
Et quand je les caresse du bout des doigts
Le bonheur est couleur d’éternité
Qui comptons les secondes et les minutes
Il n’a pas prise sur toi semblable au premier jour
A la première fois où tu as défait tes cheveux
Je les regarde longuement
Ils se déroulent s’étalent sur l’oreiller
A l’infini
Et quand je les caresse du bout des doigts
Le bonheur est couleur d’éternité
Dans ma poitrine
Chanson que j'ai écrite pour Sébastien Ayreault
Je sens mon cœur qui bat la chamade
Il s’affole dans ma poitrine
Il ne va pas résister longtemps
La plaie se rouvre je le sens
Qui se fissure et dégouline
Dans ma poitrine
Encore aujourd’hui après tout ce temps
Je veux ta main dans la mienne
Je sens mon cœur qui flanche en cadence
Il titube dans ma poitrine
Il ne va pas résister longtemps
Le battement s’allonge je le sens
Qui se fatigue et puis s’épuise
Dans ma poitrine
Encore aujourd’hui après tout ce temps
Je veux ta main dans la mienne
Je sens mon cœur qui frémit encore
Il tremble dans ma poitrine
Il ne va pas résister longtemps
Le rythme s’accélère je le sens
Qui gémit et qui frissonne
Dans ma poitrine
Encore aujourd’hui après tout ce temps
Je veux ta main dans la mienne
Je sens mon cœur qui fuit peu à peu
Il coule dans ma poitrine
Il ne va pas résister longtemps
Les gouttes se répandent je le sens
Qui se tarit et qui se tait
Dans ma poitrine
Encore aujourd’hui après tout ce temps
Je veux ta main dans la mienne
Je sens mon cœur qui bat la chamade
Il s’affole dans ma poitrine
Il ne va pas résister longtemps
La plaie se rouvre je le sens
Qui se fissure et dégouline
Dans ma poitrine
Encore aujourd’hui après tout ce temps
Je veux ta main dans la mienne
Je sens mon cœur qui flanche en cadence
Il titube dans ma poitrine
Il ne va pas résister longtemps
Le battement s’allonge je le sens
Qui se fatigue et puis s’épuise
Dans ma poitrine
Encore aujourd’hui après tout ce temps
Je veux ta main dans la mienne
Je sens mon cœur qui frémit encore
Il tremble dans ma poitrine
Il ne va pas résister longtemps
Le rythme s’accélère je le sens
Qui gémit et qui frissonne
Dans ma poitrine
Encore aujourd’hui après tout ce temps
Je veux ta main dans la mienne
Je sens mon cœur qui fuit peu à peu
Il coule dans ma poitrine
Il ne va pas résister longtemps
Les gouttes se répandent je le sens
Qui se tarit et qui se tait
Dans ma poitrine
Encore aujourd’hui après tout ce temps
Je veux ta main dans la mienne
mardi, octobre 25, 2011
Ton visage
Ton visage apparaît dans le sable
La douceur de tes traits se dessine
Tes yeux qui me regardent
Ta bouche et ton nez
Mais quand j’approche ma main pour caresser ta joue
Il est déjà trop tard
La douceur de tes traits se dessine
Tes yeux qui me regardent
Ta bouche et ton nez
Mais quand j’approche ma main pour caresser ta joue
Il est déjà trop tard
samedi, octobre 22, 2011
Je ne savais pas que je deviendrais cette célibataire de plus de trente ans. Dorothée était plutôt jolie et pas bête du tout. Elle venait de quitter Philippe, son amant de 5 ans. Elle l’aimait toujours, et avait décidé, les larmes aux yeux, de mettre au garde-meubles tout ce qu’il devait encore passer récupérer. Presque douze ans plus tard, j’ai laissé mes meubles dans un garage et je suis partie. Quand la tristesse me prend au corps, je repense au doux visage de Dorothée, à son air triste et las, à son pull fatigué. Douloureux secret enfin dévoilé.
vendredi, octobre 21, 2011
La danse
Seuls sur ce porche
Nos deux rythmes ne faisaient qu’un
Mes mains sur tes épaules douces
Je regardais ton cou et ta peau
Brune sous la lumière pâle
Je sentais tes doigts glisser sur mes hanches
Et pourtant
Nos deux rythmes ne faisaient qu’un
Mes mains sur tes épaules douces
Je regardais ton cou et ta peau
Brune sous la lumière pâle
Je sentais tes doigts glisser sur mes hanches
Et pourtant
jeudi, octobre 13, 2011
Tout est gris dehors. Les bâtiments se dessinent à peine dans la pénombre. Il ne fait pas encore nuit. C’est juste une après-midi d’hiver, en Alsace. Un paysage maussade, représentation physique involontaire de mon état d’esprit. Ces ruelles étroites qui m’ont tant manqué et qui m’ont hantée longtemps, je peux désormais les emprunter ; mais les buildings interminables et les boulevards de Phoenix me font soudain languir. Quelle est-elle, ma patrie? Je ne le sais plus. Rentrer en France semblait la meilleure solution. Mais la France que je rêvais de retrouver n’existe plus. Les rayons des supermarchés me paraissent compliqués et emplis de denrées superflues. Et pourtant, j’ai grandi au milieu d’elles, et j’ai vanté la gastronomie française et l’élégance et le raffinement pendant toutes mes années aux Etats-Unis. Je les retrouve aujourd’hui sans savoir les reconnaître, étrangère en mon pays.
lundi, octobre 03, 2011
jeudi, septembre 15, 2011
dimanche, septembre 04, 2011
samedi, septembre 03, 2011
Je ne veux pas que tu viennes
Je ne veux pas que tu viennes ce soir
Je ne veux pas que tu viennes me voir
J’ai les yeux qui pleurent
J’ai les mains qui se tordent
J’ai le ventre qui brûle
Mais te voilà
Je ne veux pas que tu viennes me voir
J’ai les yeux qui pleurent
J’ai les mains qui se tordent
J’ai le ventre qui brûle
Mais te voilà
lundi, août 29, 2011
Dans ton œil grand ouvert, mon bras triangulaire apparaît encore quelques instants. Je referme la porte. Je ne veux plus me voir minuscule et déformée, telle une improbable composition géométrique. Je suis une nuée vaporeuse, légère, insaisissable. Je suis un parfum subtil que tu ne connais pas et qui imprégnera longtemps les endroits où tu vas.
dimanche, août 28, 2011
samedi, août 27, 2011
Beyrouth, 1976
A Michel
Je vois le lit refait et les livres rangés
Les jouets dans les coffres et les coffres fermés
Les vitres en carton et le sol immaculé
Studieux appliqué
Toujours à ton bureau bien élevé
La plume glissant sur le papier
Mais un souffle fait s’envoler la feuille et les livres bien rangés
Un souffle assourdissant qui a tout emporté
Les jouets et leurs coffres fermés, les vitres en carton et le lit refait
Il ne reste sous les décombres que ton corps ensanglanté
Ton corps d’enfant dans cette chambre dévastée
Et la plume qui glissait sur le papier
Je vois le lit refait et les livres rangés
Les jouets dans les coffres et les coffres fermés
Les vitres en carton et le sol immaculé
Studieux appliqué
Toujours à ton bureau bien élevé
La plume glissant sur le papier
Mais un souffle fait s’envoler la feuille et les livres bien rangés
Un souffle assourdissant qui a tout emporté
Les jouets et leurs coffres fermés, les vitres en carton et le lit refait
Il ne reste sous les décombres que ton corps ensanglanté
Ton corps d’enfant dans cette chambre dévastée
Et la plume qui glissait sur le papier
dimanche, août 21, 2011
Après
Ton souffle sur mes cils embrumés
Protecteur de mes nuits agitées
Je dormais je vivais j’existais
L’éveil brûlure aveuglante
La chair triste et le cœur hagard
Dont on ne se remet pas
Et cette chambre vide
Où je ne peux plus entrer
Protecteur de mes nuits agitées
Je dormais je vivais j’existais
L’éveil brûlure aveuglante
La chair triste et le cœur hagard
Dont on ne se remet pas
Et cette chambre vide
Où je ne peux plus entrer
mardi, août 16, 2011
Extrait
Allyn n'était pas la première des collègues que j'avais rencontrée, mais elle était la plus emblématique. Petite et enrobée, le visage rond, le nez épaté, elle m'avait immédiatement fait penser à une truie à lunettes. J'avais désespérément essayé de chasser cette image de mon esprit, sans succès. La culpabilité qui s'ensuivit m'avait fait lui porter quelques attentions particulières qui l'avaient convaincue de notre amitié. Je ne détestais pas Allyn. Du moins, pas au début. Elle aimait me parler en français, comme le font les Américains qui l'ont un peu étudié durant leurs années de "College". Elle avait même vécu en France pendant un an et se targuait de connaître l'art culinaire français, en plus de la littérature et de l'art cinématographique, dont le point culminant, selon elle, était le Molière de Romain Duris. Je me suis longtemps demandé pourquoi ce film l'obsédait autant, mais la réalité est des plus simples. Les Américains raffolent des comédies gentillettes leur parlant d'une France aux moeurs convenables. Allyn était une Américaine puritaine qui se confortait dans l'idée d'une France qui aurait arrêté son évolution dans les années 50. Celle de Piaf, des bérets et des baguettes. Celle sans Bardot, sans Gainsbourg et sans pavé. Une France que je n'avais jamais connue que dans l'imaginaire Américain et les récits de jeunesse de ma grand-mère. Peu importe, me direz-vous avec raison. Ce qui me gênait vraiment chez Allyn, c'était sa conscience professionnelle à outrance, cette envie d'être la parfaite "team player", à tout moment, sans répit, avec un positivisme insupportable. Célibataire de 34 ans, sans vie affective ni vie privée (sauf si on compte l'Eglise, les repas avec des mères d'élèves et les ateliers crochet), Allyn vivait par et pour son travail. Ses 250 baklavas faits main pour la fête du lycée me faisaient passer pour une feignasse. Elle était la bonne élève parmi les profs, celle qui sacrifiait tout sur l'autel du Bien Suprême, celle qui ne disait jamais non. Sa tête de truie m'apparaissait parfois en rêve, tantôt se gonflant comme un ballon, tantôt se changeant en monstre à deux têtes dont les yeux vides déversaient des serpents venimeux qui me réveillaient en sursaut.
Je me suis assis dans la lumière de l'été pour écrire
Sur les hivers et surtout sur les printemps
Sur tes mains, ta bouche, tes yeux
Et sur tes gestes délicieux
Sur ta robe entr'ouverte et tes jambes découvertes
Mais l'automne se profile
Implacable, impalpable, inéluctable
Le vent se lève, emportant les feuilles
Et notre amour qui se meurt
Sur les hivers et surtout sur les printemps
Sur tes mains, ta bouche, tes yeux
Et sur tes gestes délicieux
Sur ta robe entr'ouverte et tes jambes découvertes
Mais l'automne se profile
Implacable, impalpable, inéluctable
Le vent se lève, emportant les feuilles
Et notre amour qui se meurt
Au parc Montsouris
Il y a des fleurs fânées et des herbes mal coupées
Il y a des cheminots affamés devant des corps allanguis tout fripés
Il y a des retraitées mal fagotées aux romans sans intérêt
Il y a des poussettes hurlantes de bras et jambes
Il y a une fontaine ensanglantée et un pavillon abandonné
Toi seul peux rendre aux choses leur beauté
Il y a des cheminots affamés devant des corps allanguis tout fripés
Il y a des retraitées mal fagotées aux romans sans intérêt
Il y a des poussettes hurlantes de bras et jambes
Il y a une fontaine ensanglantée et un pavillon abandonné
Toi seul peux rendre aux choses leur beauté
Manuel m'a pris tout mon désir, tout mon plaisir, toutes mes envies et tous mes avants. Il est le monstre à deux têtes qui m'a vidée de mon sang. Il est celui qui m'offre des fleurs en 1986, sans raison et sans coeur.
Manuel, j'écris ton nom parce que je ne sais plus qui sont les autres. Tu les as effacés, tu les as éclipsés, tu les as avalés.
Manuel, même à cent ans, le corps en vrac et le coeur tout délavé, je t'en voudrai, je te voudrai, je voudrai...
Manuel, j'écris ton nom parce que je ne sais plus qui sont les autres. Tu les as effacés, tu les as éclipsés, tu les as avalés.
Manuel, même à cent ans, le corps en vrac et le coeur tout délavé, je t'en voudrai, je te voudrai, je voudrai...
Clair-obscur
J'ai perdu la raison
Les rythmes se sont ralentis
Les silhouettes se sont glissées dans l'ombre
Les costumes se sont endeuillés
Tu restes mon soleil indélébile
Les rythmes se sont ralentis
Les silhouettes se sont glissées dans l'ombre
Les costumes se sont endeuillés
Tu restes mon soleil indélébile
lundi, juillet 25, 2011
Baiser volé
Appuyés contre la porte salutaire
Ta main aveuglante
S’égare et effleure ma peau
Parcourant mon dos assombri
Les lèvres entr’ouvertes
La clé tourne dans la serrure
Etreinte inassouvie
Ta main aveuglante
S’égare et effleure ma peau
Parcourant mon dos assombri
Les lèvres entr’ouvertes
La clé tourne dans la serrure
Etreinte inassouvie
dimanche, avril 24, 2011
Au fil du temps
Au fil du temps
Le rat mortifère a quitté le navire
M’agrippant aux débris
Je regarde passer ma vie à un fil
A bout de souffle
Eternel tourbillon
Courant inéluctable
Le rat mortifère a quitté le navire
M’agrippant aux débris
Je regarde passer ma vie à un fil
A bout de souffle
Eternel tourbillon
Courant inéluctable
mercredi, février 23, 2011
L'envie et le dégoût
L’angoisse s’appuie sur la douleur
Pour le moment
Pour l’instant
Pour maintenant
C’est tout ce que j’ai
Je m’y accroche comme j’en crève
De tout laisser tomber j’en rêve
Alors ça part ça fait des trous au cœur
Ca pique les yeux ça brûle les mains toutes délavées
A l'autre bout de l'autre côté il n'y a plus rien
Pour le moment
Pour l’instant
Pour maintenant
C’est tout ce que j’ai
Je m’y accroche comme j’en crève
De tout laisser tomber j’en rêve
Alors ça part ça fait des trous au cœur
Ca pique les yeux ça brûle les mains toutes délavées
A l'autre bout de l'autre côté il n'y a plus rien
jeudi, avril 08, 2010
La rose
La page est blanche
Et la rose est rouge
Nous avons tourné la page
Et la rose est tombée
Nous avons lu d’autres pages
Aimé d’autres mots
Pleuré d’autres maux
Aussi
Nous avons retrouvé dans un coin
Sous un tapis empoussiéré
Un morceau une forme
Jadis rouge
Nous avons compris qu’il était trop tard
Et la rose est rouge
Nous avons tourné la page
Et la rose est tombée
Nous avons lu d’autres pages
Aimé d’autres mots
Pleuré d’autres maux
Aussi
Nous avons retrouvé dans un coin
Sous un tapis empoussiéré
Un morceau une forme
Jadis rouge
Nous avons compris qu’il était trop tard
dimanche, janvier 03, 2010
vendredi, septembre 11, 2009
Les corps incandescents
La lune croissant rouge à travers les rideaux
Nous chevauchons ce soir des rêves impatients
Vers des terres inconnues et des contrées lointaines
Tes cheveux n'ont jamais été si mystérieux
Les draps glissent et se froissent océan agité
Nous goutons alors aux plaisirs absolus
Qui font les êtres tristes et les souvenirs ardents
Sur ta bouche se dessinent des chemins inventés
Mais le temps
Contre tout conspire et s'acharne
Il me reste à présent un coup au coeur
Et tes bracelets
Nous chevauchons ce soir des rêves impatients
Vers des terres inconnues et des contrées lointaines
Tes cheveux n'ont jamais été si mystérieux
Les draps glissent et se froissent océan agité
Nous goutons alors aux plaisirs absolus
Qui font les êtres tristes et les souvenirs ardents
Sur ta bouche se dessinent des chemins inventés
Mais le temps
Contre tout conspire et s'acharne
Il me reste à présent un coup au coeur
Et tes bracelets
jeudi, septembre 03, 2009
Histoire d'eau
Je
Dans la salle de bains
Il
Dans la chambre
Nous
Dans la douche
Alors on
Et on
Encore et encore
Mais elle
Dans la salle de bains
Il
Dans la chambre
Nous
Dans la douche
Alors on
Et on
Encore et encore
Mais elle
mardi, août 18, 2009
lundi, août 17, 2009
mercredi, août 12, 2009
mercredi, juillet 29, 2009
J'avais eu beau jurer qu'on ne m'y prendrait plus, il n'y avait rien eu à faire. Il avait une manière de donner mine de rien et cette générosité m'avait émue aux larmes. C'était toujours pareil, j'aurais dû m'y attendre. Mais dans ces cas-là on ne peut pas s'empêcher de penser que cette fois-ci ce sera différent et on s'accroche à ses rêves. Quand je réfléchissais à tous les trucs que j'avais pu faire qui trahissaient mes sentiments, ça me donnait envie de chialer. Ensuite, je repensais à sa douceur et ça me faisait chialer encore plus. J'allais me coucher avec les yeux rouges, heureuse que personne ne soit là pour les voir.
mardi, juillet 28, 2009
Elle se retrouvait dans le role de l'autre, celle qui arrive en deuxième position, celle qui attend, celle qui n'existe pas vraiment. Elle ne manquait pourtant pas de charme et avait eu plusieurs occasions d'être la seule et l'unique. Elle avait fait le choix de ne pas donner suite et avait préféré les hommes déjà pris parce qu'ils n'ont pas été choisis pour rien.
lundi, juillet 20, 2009
L'amour la vie
Tous ces couples que je vois
Tous ces couples que j'entends
Me parlent d'amour
Et de jalousie
Du temps qui passe
Nous ne sommes pas comme eux
Le temps ne passe pas chez nous
Et l'amour ne se vit pas à deux
Tous ces couples que j'entends
Me parlent d'amour
Et de jalousie
Du temps qui passe
Nous ne sommes pas comme eux
Le temps ne passe pas chez nous
Et l'amour ne se vit pas à deux
samedi, juillet 04, 2009
Sensation
Je ne sais plus quand ni comment il est entré dans ma vie. Je me rappelle juste un après-midi au café. C’était son anniversaire. Le serveur avait voulu lui offrir un coup à boire, pour l’occasion. Il avait refusé : « raincheck, if that’s ok. » Il s’était installé à ma table et avait commencé à étudier, comme à son habitude. Dans ce souvenir, il n'y a rien d’autre : ni mes livres, ni les vêtements que je portais, ni ma boisson ce jour-là. Juste un coup au cœur.
Cet instant reste gravé en moi et c’est tout ce qu’il m’en reste.
Cet instant reste gravé en moi et c’est tout ce qu’il m’en reste.
mardi, juin 23, 2009
Dans mes nuits blanches
Dans mes nuits blanches
Il y a des souvenirs qui s'envolent en fumée
Il y a des sofas assoiffés et des polars non terminés
Il y a des lits pour s'asseoir et des tapis pour s'allonger
Il y a des magazines féminins qui s'empilent devant la télé
Dans mes nuits blanches
Il y a des ombres au plafond qui prennent forme
Il y a des moutons dans un pré qui s'endorment
Et puis il y a toi
Il y a des souvenirs qui s'envolent en fumée
Il y a des sofas assoiffés et des polars non terminés
Il y a des lits pour s'asseoir et des tapis pour s'allonger
Il y a des magazines féminins qui s'empilent devant la télé
Dans mes nuits blanches
Il y a des ombres au plafond qui prennent forme
Il y a des moutons dans un pré qui s'endorment
Et puis il y a toi
vendredi, juin 19, 2009
samedi, juin 06, 2009
samedi, mai 16, 2009
La rose
Rosa, rosa, rosam
Rosae, rosae, rosa
Les élèves chantonnent
Mais le maitre s'ennuie
Rosae, rosae, rosas
Rosarum, rosis, rosis
Les plumes crissent sur le papier blanc
La craie glisse sur le tableau noir
Les mots bien en ordre
Les élèves bien droits
Le maitre bien élevé
La fleur qui commence à fâner
La cloche sonne
Les cartables bien rangés
Un à un s'en vont
Et le maitre bien élevé
Reste pour changer l'eau
Du vase
Sur le bureau
Dans la classe
De l'école Jacques Prévert
Rosae, rosae, rosa
Les élèves chantonnent
Mais le maitre s'ennuie
Rosae, rosae, rosas
Rosarum, rosis, rosis
Les plumes crissent sur le papier blanc
La craie glisse sur le tableau noir
Les mots bien en ordre
Les élèves bien droits
Le maitre bien élevé
La fleur qui commence à fâner
La cloche sonne
Les cartables bien rangés
Un à un s'en vont
Et le maitre bien élevé
Reste pour changer l'eau
Du vase
Sur le bureau
Dans la classe
De l'école Jacques Prévert
mardi, avril 28, 2009
Près du cinéma
Il regardait les gens
Avec leurs paquets plein les bras
Avec leurs mains plein les poches
Avec leurs vies plein la rue
Il regardait les gens
Mais eux ne le voyaient pas
Avec leurs paquets plein les bras
Avec leurs mains plein les poches
Avec leurs vies plein la rue
Il regardait les gens
Mais eux ne le voyaient pas
dimanche, avril 26, 2009
Plaisir culinaire
Corps frissonnants Onctuosité charnelle
Ronde de douceurs Saveurs épicées
Parfum exotique Gout acidulé
Qui m'obsède et m'emporte
A la dérive
A contre-courant
Je fais les cent pas en t'attendant
Ronde de douceurs Saveurs épicées
Parfum exotique Gout acidulé
Qui m'obsède et m'emporte
A la dérive
A contre-courant
Je fais les cent pas en t'attendant
mardi, décembre 30, 2008
Duras, etc
Je viens de voir le film de Dayan. Celui sur Duras. Enfin, celui sur la fin de sa vie, quand elle la partageait avec ce type beaucoup plus jeune qu’elle. Je ne pouvais m’empêcher de penser quelle perte de temps. Parce que les histoires les plus passionnées sont indicibles, ou alors elles se doivent d’être irréelles, et les livres sont les seuls témoins autorisés. Ils se contentent de narrer une vérité subjective et fragmentaire, nous donnant l’illusion du tout. Puis, c’est notre esprit qui décide, qui comble les vides et creux laissés par l’auteur. Par la lecture, nous participons nous aussi au processus d'écriture. Ce film met en scène les blancs imaginés par le réalisateur. Mais voilà, je n’ai pas envie de VOIR Duras vieillir et boire à n’en plus pouvoir. Je veux la LIRE, imaginer son visage "détruit", ses coups de gueule, ses lubies, son corps fripé de vieille femme. L'histoire ne tenant qu'à un fil, qui casse de temps en temps, et qu'on renoue tant bien que mal. La perception du narrateur, des personnages, à fleur de peau. Avec ses détails visuels, Dayan m'a laissée sur ma faim.
lundi, octobre 27, 2008
Mmm.
Fenêtre entr'ouverte, vue trouble, bruits d'une vie nocturne qui n'est pas mienne. Que suis-je censée faire du temps qui reste? Avant les rêves et les cauchemars, les soifs et les tâtonnements, et puis, enfin, l'aurore. Je suis dans un entre-deux, un espace inconfortable et insatisfait. Dois-je attendre? Certains comptent les moutons, d'autres boivent un verre de lait ou de bourbon. Je ne suis pas de ceux-là. Du moins, pas encore.
samedi, octobre 18, 2008
Avec une cigarette anglaise
Dans une jaguar
Ou peut-être était-ce une cadillac
Un homme à l'arrière embrasse
Une femme qu'il n'aime plus depuis longtemps
Et la fourrure glisse contre le cuir beige
Toute en jambes et mains et bouches
Alors que dans l'obscurité scintillent
Les yeux verts qu'il ne voit pas
Les diamants les émeraudes les perles
Et les étoiles à travers la vitre
Ou peut-être était-ce une cadillac
Un homme à l'arrière embrasse
Une femme qu'il n'aime plus depuis longtemps
Et la fourrure glisse contre le cuir beige
Toute en jambes et mains et bouches
Alors que dans l'obscurité scintillent
Les yeux verts qu'il ne voit pas
Les diamants les émeraudes les perles
Et les étoiles à travers la vitre
jeudi, octobre 16, 2008
Les hommes c'est du chinois
La boucle est bouclée
Quatre jours ont passé
Je ne t’aime pas
Sur la plage déserte
Les amours les bleus les traces
De pas qui vont viennent s'effacent
Les temps changent
Mais pas moi
Je pousse la porte de ton cœur
Et celle de tous les cœurs
Je suis prise dans le tourbillon
Et celui-là pourquoi pas
Un autre encore
Et je tombe
Quatre jours ont passé
Je ne t’aime pas
Sur la plage déserte
Les amours les bleus les traces
De pas qui vont viennent s'effacent
Les temps changent
Mais pas moi
Je pousse la porte de ton cœur
Et celle de tous les cœurs
Je suis prise dans le tourbillon
Et celui-là pourquoi pas
Un autre encore
Et je tombe
samedi, août 09, 2008
Chanson d'Emily
Je m’imagine souvent au bras d’Emily
Je me vois parfois dans les draps d’Emily
Sa peau blanche et sucrée
Sa silhouette épurée
Me donnent le tournis
Emily et ses robes échancrées
Le haut sa peau veloutée
Qui dépasse
Le bas ses chevilles denudées
Qui passent
J’aimerais sentir l’émoi des doigts d’Emily
Quand ils déposent des caresses à l’envi
Je veux savoir ce que ça fait aussi
J’entends souvent la voix sucrée d’Emily
Qui me rappelle les soirs d'été loin d'ici
Et tout un monde oublié de rêverie
Je me vois parfois dans les draps d’Emily
Sa peau blanche et sucrée
Sa silhouette épurée
Me donnent le tournis
Emily et ses robes échancrées
Le haut sa peau veloutée
Qui dépasse
Le bas ses chevilles denudées
Qui passent
J’aimerais sentir l’émoi des doigts d’Emily
Quand ils déposent des caresses à l’envi
Je veux savoir ce que ça fait aussi
J’entends souvent la voix sucrée d’Emily
Qui me rappelle les soirs d'été loin d'ici
Et tout un monde oublié de rêverie
mercredi, juillet 09, 2008
Débarras
On tourne la tête et déjà
Les minutes s'empilent,
S'entassent sur les sentiments.
Dans le grenier de mon coeur,
Tu te retrouves enfoui
Parmi d'autres amants,
Parmi d'autres avant,
Parmi les souvenirs et les gens.
Tu es celui qui m'offre des fleurs en 1986
Et aussi à qui j'écris en 1996.
Parfois, tu n'es plus rien,
Plus personne.
Tu es l'ombre d'un souvenir imaginé.
Les minutes s'empilent,
S'entassent sur les sentiments.
Dans le grenier de mon coeur,
Tu te retrouves enfoui
Parmi d'autres amants,
Parmi d'autres avant,
Parmi les souvenirs et les gens.
Tu es celui qui m'offre des fleurs en 1986
Et aussi à qui j'écris en 1996.
Parfois, tu n'es plus rien,
Plus personne.
Tu es l'ombre d'un souvenir imaginé.
lundi, juin 02, 2008
César
Romy Schneider partagée entre deux hommes me ramène à l’impossible choix. Choisir, toujours choisir. Aimer et s’associer à l’autre. Je ne savais plus si j’en étais capable. Je sentais la présence discrète de M., comme un souffle dans mon cou. Nous étions complémentaires, et je savais qu’il me connaissait bien. Mais G., tremblant et tourmenté, me chamboulait, me bousculait. Il posait sa voix grave sur les choses de la vie. Notre rencontre avait été brève et la complicité instantanée. Je me rappelle parfaitement son regard un peu perdu et son extrême douceur. Et moi… Qu’ai-je fait ? J’ai souri au nom du mensonge et de la fidélité. J’ai souri comme on n’aime pas. J’ai souri et j’ai perdu.
G. avait délicatement effeuillé mes habitudes et mes attitudes. Il avait vaincu, sans arme et sans combat, et je me retrouvais à terre, les yeux écarquillés. Je ne voulais pas comprendre.
G. avait délicatement effeuillé mes habitudes et mes attitudes. Il avait vaincu, sans arme et sans combat, et je me retrouvais à terre, les yeux écarquillés. Je ne voulais pas comprendre.
vendredi, mai 16, 2008
Je pense à toi mon Loup
A Apollinaire
Ton cœur est ma caserne
Ton âme est ma luzerne
Je m’y repais
Je m’y repose
Je t’y rejoins
Et on cause
Dans le tumulte de la foule
Tu lis sur mes lèvres
Le langage du bonheur
Et le temps retrouvé
Mais je lis sur d’autres lèvres
Désormais
Ton cœur est ma caserne
Ton âme est ma luzerne
Je m’y repais
Je m’y repose
Je t’y rejoins
Et on cause
Dans le tumulte de la foule
Tu lis sur mes lèvres
Le langage du bonheur
Et le temps retrouvé
Mais je lis sur d’autres lèvres
Désormais
mercredi, avril 09, 2008
Folie
Chloé se mit à tout me raconter : l’alcool, les médicaments, les phases d’euphorie et de désespoir. Et dans le chaos de sa vie, l’écriture comme une nécessité. Elle écrivait sans relâche dans la moiteur des nuits, enfermée dans son studio du 7ème arrondissement, avec pour seul horizon l’étendue de son récit, et pour seuls compagnons ses personnages mystérieux et insaisissables. Les pages de ses romans s’amoncelaient, son esprit déversant ses angoisses, ses préoccupations, ses plaisirs aussi, jusqu’à emplir sa chambre de rêves et de cauchemars. Il me semblait que ce processus était la cause de son mal. Les idées avaient imprégné l’espace et flottaient désormais dans l’air qu’elle respirait. Elle les humait, s’enivrait, puis les régurgitait sur le papier. Elle était prisonnière de ce vertige, de cette fièvre créatrice, entreprise vaine et infinie. J’étais alors totalement étrangère au monde qu’elle décrivait. Des années plus tard, je me sentis basculer moi aussi vers un monde idéel, préférant aux désillusions terrestres l’aliénation onirique.
dimanche, avril 06, 2008
mardi, avril 01, 2008
Elle s’asseya près de lui, la gorge serrée. Ils se tenaient assis dans un Starbucks. Leurs efforts pour trouver un autre lieu de rendez-vous avaient été vains, l’enseigne ayant envahi Manhattan. Cela faisait près de cinq minutes maintenant que le silence s’était installé entre eux. Ne pouvant se résoudre à se faire des adieux, ils s’observaient avec une douceur paisible. J’assistai à ce dialogue sans paroles et je devinai la rare sincérité de leur échange. Il finit par se lever, commença à enfiler sa veste, fit quelques pas en direction de la porte. Elle frissonna, ne pouvant retenir un sanglot. Sa douleur sans paroles l’avait prise au corps. Il ne se retourna pas.
samedi, mars 29, 2008
L'amour dure trois ans
Le moment arriva. Elle lui tendit le livre nonchalamment. Il n’était pas question qu’elle lui donnât la moindre opportunité de s’apercevoir des sentiments coupables qu’elle lui portait. Il eut l’air un peu surpris, et bredouilla un mot de remerciements. Ils échangèrent encore quelques paroles maladroites, puis se séparèrent. Elle le regarda s’éloigner, lui, manteau ample, pantalon sombre, silhouette gracile. Il tourna au coin de la rue. Sans nul doute se rendait-il chez sa maîtresse, une grande brune au teint clair qu’elle avait aperçue en sa compagnie quelques semaines auparavant, alors qu’ils sirotaient un café en terrasse. Qu’allait-il faire du livre, elle ne pouvait que l’imaginer. Il atterrirait dans un coin de son appartement, et serait peu à peu enfoui sous d'autres livres. Il se mettrait à le lire, par curiosité ou juste par habitude, comme ces gens qui veulent faire honneur aux présents qu’on leur fait même s’il s’agit d’un livre qu'ils n'aiment pas trop, et il penserait à elle, d’une certaine façon. Il l’oublierait dans un train, dans un café, dans un parc. Il s’en apercevrait bien plus tard et cet oubli lui apparaîtrait comme un acte manqué, un soulagement, une délivrance. Cette fille ne l’avait pas vraiment troublé après tout.
mardi, mars 25, 2008
Irréel
J’ai tant rêvé de toi que tu perds ta réalité, dit le poète. Mais quelle réalité ? Celle fugace et impalpable que toi seul connais. Celle du temps qui passe et qui ravage tout. Celle de nos deux âmes perdues en pleine ville, nos yeux, nos bouches, nos voix sur ce quai, nos mains et puis mes yeux, longtemps, toujours. Tu as ouvert, tu as offert, enfin non. Pas vraiment. Pas du tout. Tu as résisté comme un résistant ; je t’ai aimé comme un aimant. Toi ton absence indélébile ; moi ma présence insatiable. Je t’ai perdu le jour même où je t’ai rencontré.
lundi, mars 24, 2008
Tu bois ton café avec la certitude de t’en remettre
D’oublier ce matin-là
Celui où tu n’es pas venu
Celui où j’étais seule dans ce restaurant d’Amsterdam Avenue
J’avais mis un chemisier rose sans trop savoir pourquoi
Peut-être parce que c’était le dernier jour
Alors je t’ai attendu
Une heure puis deux se sont écoulées
Le serveur servait
Les passants passaient
L’heure tournait
J’ai reposé mes couverts
J’ai compté l’argent
Encore et encore
Je me suis levée
J’ai vu ton ombre par la fenêtre
Ce n’était pas toi
D’oublier ce matin-là
Celui où tu n’es pas venu
Celui où j’étais seule dans ce restaurant d’Amsterdam Avenue
J’avais mis un chemisier rose sans trop savoir pourquoi
Peut-être parce que c’était le dernier jour
Alors je t’ai attendu
Une heure puis deux se sont écoulées
Le serveur servait
Les passants passaient
L’heure tournait
J’ai reposé mes couverts
J’ai compté l’argent
Encore et encore
Je me suis levée
J’ai vu ton ombre par la fenêtre
Ce n’était pas toi
Il fallut bien me rendre à l’évidence: les sentiments que j’éprouvais à son égard dépassaient toute raison. Les détails qui le concernaient m’obsédaient. Je pensais avoir capturé l'essence de son être avec ma caméra. Je repassais ces images en boucle, le timbre de sa voix hantait mes nuits. Je me surprenais à rêver sa présence dans ma salle de bains, dans ma cuisine, jusque dans mon lit. Je m’allongeais pour lire et nous nous retrouvions dos à dos. Il quittait parfois son roman des yeux pour observer ma nuque, parcourir mon dos, deviner mes fesses sous la nuisette. Je sentais son regard sur moi et j’étais troublée. Je savais qu’en me retournant je le ferais disparaître, tel Orphée perdant son Eurydice. Je me gardais donc bien de le faire, entretenant dans ma tête l’illusion. D’autres fois, je lui parlais à mi-voix. Et comme dans le rêve familier, lui seul savait me consoler, lui seul comprenait. Il avait mille excuses. Celle de l’homme occupé et lointain, celle de l’homme qui n’a pas de mot, celle de l’homme qui sait déjà. Son silence était ma victoire, signe de notre indéniable complicité.
jeudi, mars 13, 2008
mardi, mars 11, 2008
Alter ego
Je m’étais vue à travers ses yeux l’espace d’un instant et il me renvoyait une image qui m’était étrangère. Cette femme tranquille simple et drôle qu’il aimait à côtoyer je la connaissais si peu. C’était elle qu’il appelait quand il rentrait tard le soir elle à qui il racontait les banalités du quotidien la neige dans la nuit la voiture qui glisse la radio qui grésille. Elle écoutait en hochant la tête attentive et attendrie comme une amie une mère une sœur elle était tout cela à la fois sans pourtant le vouloir elle vivait dans l’instant et à cet instant-là c’était ce qu’il attendait d’elle.
Les jours se succédaient pour elle pour lui mais rien ne se passait comme prévu. Elle avait pensé à se dévoiler s’arrêter un jour se planter devant lui pour lui faire une scène mémorable un truc qui vous prend au corps et qui ne vous lâche plus même après des années d’oubli de tourment d’amertume elle déverserait son flot de paroles enfouies il passerait de la surprise au dégoût ou peut-être à l’amour enfin il écouterait il n’aurait pas le choix et c’était surtout ça l’important surtout ça qui la rendrait heureuse savoir qu’il savait savoir qu’il n’agissait plus par ignorance mais par perfidie froideur calcul il révèlerait sa vraie nature elle en était convaincue mais à quoi bon finalement puisqu’elle partait dans deux jours. Elle sourit plutôt son charme opérait plus que jamais.
Les jours se succédaient pour elle pour lui mais rien ne se passait comme prévu. Elle avait pensé à se dévoiler s’arrêter un jour se planter devant lui pour lui faire une scène mémorable un truc qui vous prend au corps et qui ne vous lâche plus même après des années d’oubli de tourment d’amertume elle déverserait son flot de paroles enfouies il passerait de la surprise au dégoût ou peut-être à l’amour enfin il écouterait il n’aurait pas le choix et c’était surtout ça l’important surtout ça qui la rendrait heureuse savoir qu’il savait savoir qu’il n’agissait plus par ignorance mais par perfidie froideur calcul il révèlerait sa vraie nature elle en était convaincue mais à quoi bon finalement puisqu’elle partait dans deux jours. Elle sourit plutôt son charme opérait plus que jamais.
lundi, mars 10, 2008
Dernier métro
Je revois ces derniers instants, ils défilent devant mes yeux. Dans ma tête, tout se bousculait, et seul un semblant de rationalité me permettait de ne pas chanceler. J’étais bien résolue à ne pas m’attacher. Comme si on pouvait décider de ses sentiments. Comme si on avait le choix de l’émotion. Comme si, enfin, j’étais de celles qui n’ont jamais lu Pascal ou Racine. Je me souviens de ce jour, à New York, sur ce quai, dans cette station de métro. Une doudoune rouge un peu ridicule, son bonnet qu’il traînait depuis le CP, comme ça, dans son sac ; cette allure de gamin mêlée à un intellectualisme sérieux. Il se tenait debout, impassible, et me regardait parmi le bruit et la foule des passants. Autour de nous s’empressait un joyeux chaos. Une fête s’était improvisée, une jeune afro-américaine semblait célébrer ses seize ans. Elle riait et dansait, une couronne sur la tête, au rythme des tams-tams. Elle avait l’insouciance qui sied à son âge. Le jeu amoureux, duquel on ne pouvait que sortir vainqueur, se résumait alors à une suite d’ondulations et de cambrures. Je m’approchai de lui doucement, et le pris dans mes bras. Je lui murmurai une formule de circonstance, à laquelle il répondit. Il fit un signe de la main, puis disparut. Je ne me retournai pas.
mardi, août 28, 2007
Post coitum omne animal triste
Le jeu de séduction entrepris avec délice, le tissu froissé s'amoncelle dans la lumière tamisée parmi les verres sur la table basse, objet d'art amoureux qu'on retrouvera au petit matin, vestige d'un passé récent et indécent, le caractère éphémère de l'oeuvre venant souligner la volatilité du désir et la fragilité du sentiment. La lumière blafarde, angoisse aveuglante, nous ramène à l'insupportable réalité et à son lot de questions sans réponse. Une porte claque. Je n'ai pas voulu le voir partir. Ou plutôt, je n'ai pas voulu qu'il me voie comme ça, moi qui ne suis que chair et sang. J'ai longtemps cru qu'un jour arriverait où il se laisserait engloutir. Les sentiments seraient si forts qu'une séparation le ferait suffoquer et pas un jour ne passerait sans moi. Chimère. J'ai trente ans et des illusions perdues.
dimanche, août 19, 2007
I Wanna Love You Tender
Il arrive un moment dans la vie où les mots paraissent futiles, se heurtant à l'indicible réalité.
jeudi, août 16, 2007
Brève de comptoir
Depuis que je suis une blonde sexy, ma vie a changé. Le serveur me sourit quand il m'apporte mon café.
Rope
Le corps s’effondra dans un bruit sourd. Steve et Jamus se regardèrent. « On peut pas le laisser là, viens, aide-moi à le déplacer. » Jamus s’exécuta silencieusement. Le couvercle du coffre en acajou se rabattit, laissant dépasser un petit bout de corde. Steve commença à étaler les livres sur la table basse, en sifflotant. « Un coup de maître, te dis-je ! Brillant ! Le crime parfait ! » « Tu crois pas que cette petite fête est une erreur ? » « Pas du tout ! Cet événement est suffisamment exceptionnel pour mériter d’être célébré. D’ailleurs, j’ai mis du champagne au frais pour l’occasion. » Les deux amis s’activaient déjà à disposer assiettes, coupes, couverts et petits fours sur la surface en bois, fiers de leur stratagème, faisant du tombeau un autel sacrificiel et du repas une action de grâce à leur propre gloire. Steve et Jamus avaient passé ensemble les meilleurs moments de leur vie, et ce jour apparaissait comme l’apogée de leur amitié. Jamus, plus réservé, avait toujours admiré la détermination de Steve, son audace aussi, et ce dès leur première rencontre sur les bancs de l’université. Il se souvenait encore précisément du jour où le professeur Gilmore avait évoqué le darwinisme social. Les théoriciens de cette doctrine apparue à la fin du 19e siècle considéraient que la société industrielle et les progrès qui l’accompagnaient, notamment dans le domaine de l’hygiène et de la médecine, allaient à contre-courant de la « sélection naturelle ». La civilisation industrielle, en aidant les plus faibles à survivre, faussait ainsi le jeu et concourait à la dégénérescence de la nation. Steve avait alors levé la main : « Mais si on suit cette logique, le fait de tuer une personne malade ou handicapée ne serait pas un crime. Il s’agirait simplement de laisser la sélection naturelle s’effectuer… » « Vous avez tout à fait raison, jeune homme. Le fascisme et le nazisme ont bien entendu exploité les œuvres de Ploetz ou de Schallmeyer pour appuyer leur thèse sur l’aryanisation et la purification de la race. »
Brune d'un soir
Elle faisait partie de ces filles qui savent mettre en avant un physique appétissant. Elle arrivait, avec son sourire enjôleur et ses manières de vierge effarouchée, à faire tourner les têtes. C’est ainsi qu’elle servait les clients du café pour s’amuser. Elle n’en tirait aucun profit, si ce n’est la satisfaction de lire dans les yeux de ses interlocuteurs l’envie et le désir à jamais inassouvis.
mardi, août 14, 2007
personality test
Parce que j'aime me faire mousser, j'ai passé ce petit test de personnalité. :)
Alors, pour en avoir passé 2, il semble que je sois entre INFP et ISFP. Va comprendre, Charles.
Alors, pour en avoir passé 2, il semble que je sois entre INFP et ISFP. Va comprendre, Charles.
| You Are An INFP |
The Idealist You are creative with a great imagination, living in your own inner world. Open minded and accepting, you strive for harmony in your important relationships. It takes a long time for people to get to know you. You are hesitant to let people get close. But once you care for someone, you do everything you can to help them grow and develop. In love, you tend to have high (and often unrealistic) standards. You are very sensitive. You tend to have intense feelings. At work, you need to do something that expresses your personal values. You would make an excellent writer, psychologist, or artist. How you see yourself: Unselfish, empathetic, and spiritual When other people don't get you, they see you as: Unrealistic, naive, and weak |
samedi, juillet 21, 2007
Instant X
Il me prenait toujours en douceur, ponctuant ses questions et ses gestes d’un langoureux « honey ». Je ne savais pas si ce mot était simple politesse, une familiarité à attribuer à la circonstance ou s’il reflétait son attachement, l’expression de notre intimité naissante. Je sentais son corps vibrer, trembler et j’entendais sa respiration s’accélérer, par à-coups. Je me laissais glisser contre son sexe avant de l’agripper par les fesses pour l’attirer à moi. Le va-et-vient reprenait de plus belle pour finalement mourir dans un spasme violent dont il sortait rarement triomphant. Le plaisir de la jouissance se mêlait pour moi à la certitude de son abandon absolu. Je savourais le pouvoir que j’exerçais sur lui, ce désir que je lui infligeais, cette douleur dans le bas-ventre qui le rendait suppliant.
mardi, juillet 17, 2007
A feu et à sang
Il ne subsistait rien de notre brève intimité, et je contribuais par mon comportement à en détruire les derniers lambeaux. Son regard provoquait en moi une profonde émotion et me rendait maladroite. En sa présence, j’enchaînais les bourdes, à tel point que je me décidai un jour à l’éviter. Au désespoir des premiers temps succéda une sombre résignation, et j’essayai finalement de reléguer cet événement au rang de souvenir.
jeudi, juillet 12, 2007
Après-midi au café
Il insista pour aller à ce café dont je lui avais tellement parlé. G. me fit un signe de la main. Il était installé à la table habituelle, celle dont l’éclairage était le plus pratique pour étudier. Je passai la commande, un capuccino et un thé à la menthe, puis allai m’asseoir dans un des canapés. G. était derrière moi, nous étions presque dos à dos. Je n’osai me retourner. Je ne pouvais que l’imaginer plongé dans son livre de médecine, griffonnant des mémos sur un bout de papier, sirotant un « soda italien ». Je répondais péniblement à la conversation qu’on me faisait. Non, je ne connaissais pas les œuvres de Marden, mais oui j’aimais l’art abstrait, et j’étais convaincue qu’un bon artiste pouvait toucher n’importe quel public, même le moins cultivé… Est-ce qu’il était en train d’écouter la conversation ? Ou alors, son ipod jouait peut-être du Jacques Loussier ? La sensualité qui se dégageait de tout son être m’obsédait de plus en plus. Les premières fois que je l’avais aperçu, studieux, silencieux, presque distant, je lui avais à peine prêté attention. Ce n’est que plus tard, quand il m’avait parlé, que j’avais découvert ce qui faisait son charme et venait comme transcender sa beauté physique : sa chaleur, sa douceur, cette façon qu’il avait de voir les choses, de corriger les détails insignifiants du quotidien. Je décidai de trouver un prétexte pour me retourner. Je renversai mon thé sur la table et me levai pour aller chercher une serviette, en m’excusant. Je ne sais pas combien de temps exactement s’était écoulé depuis mon arrivée au café. Il ne restait, derrière moi, qu’un groupe de filles qui lisait des romans à l’eau de rose. Il s’était donc enfui, m’avait laissée là. Je me plaisais à imaginer qu’il avait agi par jalousie. Il devait sûrement maudire cet homme qu’il avait vu avec moi, ce rival, ce ver de terre. J’appris peu après cet événement que G. était marié. Je réalisai qu’il n’avait jamais eu pour moi qu’une amitié fraternelle. L’éloignement que j’avais ressenti était simplement l’expression de cette réalité, aussi décevant et banal que cela puisse paraître. Aujourd'hui encore, je ne peux m'empêcher de rougir quand je repense à la fièvre qui m'avait animée cet après-midi-là.
dimanche, avril 01, 2007
la chair est triste, hélas, et j'ai lu tous les livres...
Je me sens étrangère à cette existence. Le désert dans lequel je me suis exilée s’étend à perte de vue. Je m’y épuise, la temporalité n’a plus aucune importance. Je me sens vide, mais sa présence change mon existence. Alors, je ne veux plus penser, je veux vivre. Et nos corps enlacés, je les vois, je les sens, vibrer, suer, gémir, jusqu’à l’épuisement. Je me vois lui sourire, et recommencer. Le matin, il ne voudrait pas me laisser partir. Pourtant, je partirais, j’emporterais ces instants de perfection. Plus tard, je repenserais avec délice à cet abandon, à ce plaisir charnel. Je me délecterais de souvenirs olfactifs, gustatifs, visuels. Il n’en saurait rien.
vendredi, mars 30, 2007
Est-ce votre passion ?
Il me posa la question brutalement. Désarçonnée, je ne sus que répondre. Je bafouillai « enfin, ça m’intéresse… ». Mais à cet instant, je réalisai que la critique de la littérature m’ennuyait. Pendant des années, j’avais dévoré les livre, je les avais dégustés, savourés, avalés, jusqu’à l’indigestion. Ce qui me passionnait à l’adolescence avait peu à peu disparu. La liberté d’interprétation, la créativité, la licence à laquelle j’avais droit alors avaient fait place à un étau dans lequel je me sentai enserrée. La découverte des codes littéraires, loin de me permettre de décupler le plaisir, avait étouffé mes sensations, obsédée que j’étais par l’idée de ne pas rater LA référence ou métaphore, LE passage crucial, ce que les autres auraient tous vu et dont ils discuteraient entre eux d’un air entendu à la séance suivante. S’il m’arriva d’être intéressée par certains articles critiques, c’est que le style humble de l’auteur m’avait invitée à prendre son interprétation pour ce qu’elle était : une façon d’ouvrir des perspectives, de penser le texte autrement. Mais toutes ces interprétations ne savaient jamais transcrire la puissance du texte, sa profondeur, l’écho qui résonne en nous, la palpitation ressentie. Ce qui le rend vivant, c’est l’appropriation que nous faisons de ce livre qui exprime nos tourments _ mettant, en somme, des mots sur nos maux_ ou nous donne à rêver une vie idéale _ pansant alors nos plaies. Il finit par faire partie de nous-mêmes, échappant ainsi à son auteur, le souvenir de cette œuvre rattaché à une période de notre vie, ou son contenu mêlé à notre mémoire.
Il me posa la question brutalement. Désarçonnée, je ne sus que répondre. Je bafouillai « enfin, ça m’intéresse… ». Mais à cet instant, je réalisai que la critique de la littérature m’ennuyait. Pendant des années, j’avais dévoré les livre, je les avais dégustés, savourés, avalés, jusqu’à l’indigestion. Ce qui me passionnait à l’adolescence avait peu à peu disparu. La liberté d’interprétation, la créativité, la licence à laquelle j’avais droit alors avaient fait place à un étau dans lequel je me sentai enserrée. La découverte des codes littéraires, loin de me permettre de décupler le plaisir, avait étouffé mes sensations, obsédée que j’étais par l’idée de ne pas rater LA référence ou métaphore, LE passage crucial, ce que les autres auraient tous vu et dont ils discuteraient entre eux d’un air entendu à la séance suivante. S’il m’arriva d’être intéressée par certains articles critiques, c’est que le style humble de l’auteur m’avait invitée à prendre son interprétation pour ce qu’elle était : une façon d’ouvrir des perspectives, de penser le texte autrement. Mais toutes ces interprétations ne savaient jamais transcrire la puissance du texte, sa profondeur, l’écho qui résonne en nous, la palpitation ressentie. Ce qui le rend vivant, c’est l’appropriation que nous faisons de ce livre qui exprime nos tourments _ mettant, en somme, des mots sur nos maux_ ou nous donne à rêver une vie idéale _ pansant alors nos plaies. Il finit par faire partie de nous-mêmes, échappant ainsi à son auteur, le souvenir de cette œuvre rattaché à une période de notre vie, ou son contenu mêlé à notre mémoire.
samedi, mars 17, 2007
Je restai plantée devant la porte. Je me revoyais deux ans auparavant, presque jour pour jour. Mais alors qu’à l’époque débutait notre relation, c'en était à présent la fin. Il le comprit lui aussi. Longtemps je vis sa silhouette dans mon rétroviseur. A quoi pouvait-il bien penser. Je sus à cet instant précis la douleur insoutenable et irréparable.
Claude Simon disait que dans ses romans il n’a jamais parlé que de lui-même. Tous les écrivains feraient-ils finalement de l’autofiction?
J’ai cette impression qu’en effet l’écriture est la délivrance d’une réalité personnelle. Que l’on crée des personnages d’un autre sexe, qui semblent avoir un passé bien loin du sien, qu’on finisse par croire en leur autonomie et en leur existence propre, ils n’en demeurent pas moins des êtres virtuels dont la psychologie a été pensée par leur auteur. Le travail de projection, d’empathie, aussi réussis soient-ils, ne font cependant que transmettre le ressenti de l’écrivain. Ce travail rejoint parfois une réalité vécue, ou plutôt ressentie dans une situation réelle, par un autre. C’est ainsi ce qui est arrivé à Claude Simon, qui a un jour reçu une lettre dans laquelle un lecteur lui avouait que le récit fait de la mort du Capitaine de Reixach dans La Route des Flandres était celui de la mort de son propre capitaine alors qu’il servait lui-même en tant que soldat durant la Seconde Guerre Mondiale. Les interventions contradictoires de l’auteur au sujet de cette lettre, si elles posent la question de la véracité des faits, permettent cependant de réaffirmer l’importance de la part d’autobiographie dans l’œuvre littéraire.
J’ai cette impression qu’en effet l’écriture est la délivrance d’une réalité personnelle. Que l’on crée des personnages d’un autre sexe, qui semblent avoir un passé bien loin du sien, qu’on finisse par croire en leur autonomie et en leur existence propre, ils n’en demeurent pas moins des êtres virtuels dont la psychologie a été pensée par leur auteur. Le travail de projection, d’empathie, aussi réussis soient-ils, ne font cependant que transmettre le ressenti de l’écrivain. Ce travail rejoint parfois une réalité vécue, ou plutôt ressentie dans une situation réelle, par un autre. C’est ainsi ce qui est arrivé à Claude Simon, qui a un jour reçu une lettre dans laquelle un lecteur lui avouait que le récit fait de la mort du Capitaine de Reixach dans La Route des Flandres était celui de la mort de son propre capitaine alors qu’il servait lui-même en tant que soldat durant la Seconde Guerre Mondiale. Les interventions contradictoires de l’auteur au sujet de cette lettre, si elles posent la question de la véracité des faits, permettent cependant de réaffirmer l’importance de la part d’autobiographie dans l’œuvre littéraire.
mardi, mars 13, 2007
Parfois, en prononçant les mots, on s’aperçoit de leur inconsistance. On s’est séparés. Alors même qu'on ne vivait pas ensemble. Alors même qu'on n'a jamais eu l'impression de ne former qu'une seule et même entité, mais qu'au contraire, on est toujours restés deux. Deux personnes distinctes, qui ne se comprennent pas, qui se cherchent, se reniflent, sans se trouver (sauf à de rares et brefs moments).
dimanche, février 11, 2007
Je savais que j’étais une imposture, et j’avais cette crainte permanente qu’on ne me perce à jour. Ce jour-là arriva. Je me trouvai prise dans le marasme de ma vie. Autour de moi tout s’effondrait. Les lambeaux de certitude qui me restaient s’effritaient et je me sentais déraper, glisser vers cet inconnu mystérieux et angoissant dont j’avais entendu parler sans en comprendre le sens ni la portée. Je me perdais dans les profondeurs de cet abîme, engloutie, happée par une spirale infernale. La réalité se distordait sous mes yeux, les couleurs se mêlant aux formes et créant un vertige immense et rond.
dimanche, janvier 21, 2007
CS
Son visage sa voix Je rêve que je suis dans tes bras, j'en oubliais presque qu'il était marié deux enfants la plus jeune Chloé 5 ans enroulant ses bras autour de mon cou quand j'entrais dans son bureau, il était pourtant évident qu'un type comme lui ne quitterait jamais sa femme ou plutôt son épouse chérie tant qu'elle le supportait il ne pouvait pas trop en demander non plus surtout pas après le suicide de son père enfin l'accident qui avait débouché sur cet acte terrible et innommable _ il lui en avait toujours beaucoup voulu, surtout à cause du traumatisme occasionné et puis les enfants _ laissant derière lui une montagne de dettes et un fatras incompressible, les gens ne pouvaient pas comprendre à quel point c'était, et de toute façon j'étais un peu jeune, c'était sans doute mieux comme ça.
dimanche, décembre 31, 2006
Statement of purpose
Madame, Monsieur,
Venir étudier aux Etats-Unis fut pour moi l’aboutissement d’un long cheminement. J’ai en effet grandi bercée par Supertramp, sirotant un coca entre deux épisodes de Santa Barbara. Ce n’est pas un hasard si je me suis d’abord retrouvée à Lexington, capitale mondiale du cheval. Le cowboy Marlboro me faisait les yeux doux, je m’identifiais à Laura Ingalls, bref, je rêvais de grands espaces vallonnés et de fermes dont la boîte aux lettres en forme de fer à cheval serait au bout du chemin. C’est donc avant tout afin de poursuivre ce rêve que j’ai postulé à l’Université du Kentucky. Vous l’aurez compris : la possibilité qui m’était offerte de continuer mes études tout en enseignant n’a pas pesé lourd dans ma décision.
De la même façon, c’est à vous que je m’adresse aujourd’hui car je sais que vous pouvez m’aider à continuer ma route et achever ainsi mon rêve américain. Ce sont les feux de Broadway, les nuits de Soho, les restaurants de Chinatown que je veux désormais découvrir ! Je veux me balader sur Time Square et admirer les splendeurs du capitalisme ! Je veux faire un pèlerinage dans Central Park en écoutant le concert de Simon et Garfunkel, et éventuellement appeler l’unité spéciale pour les victimes après la découverte d’un cadavre!
Il est vrai que NYU possède des professeurs et des intervenants d’excellence, un institut d’études françaises et un centre à Paris. Mais, une fois encore, tout ceci est bien secondaire à mes yeux. Je vous parle de rêve et de sentiments, pas d’une vulgaire opportunité professionnelle. En m’acceptant au sein de votre université, vous ferez preuve non seulement d’intelligence (parce que bon, faut bien reconnaître tout de même que je suis surdiplômée), mais aussi et surtout d’humanité.
En espérant que votre cœur s’ouvrira et vous fera voir la lumière,
Je vous prie de recevoir, Madame, Monsieur, l’expression de mes respectueuses salutations.
Barbie
Venir étudier aux Etats-Unis fut pour moi l’aboutissement d’un long cheminement. J’ai en effet grandi bercée par Supertramp, sirotant un coca entre deux épisodes de Santa Barbara. Ce n’est pas un hasard si je me suis d’abord retrouvée à Lexington, capitale mondiale du cheval. Le cowboy Marlboro me faisait les yeux doux, je m’identifiais à Laura Ingalls, bref, je rêvais de grands espaces vallonnés et de fermes dont la boîte aux lettres en forme de fer à cheval serait au bout du chemin. C’est donc avant tout afin de poursuivre ce rêve que j’ai postulé à l’Université du Kentucky. Vous l’aurez compris : la possibilité qui m’était offerte de continuer mes études tout en enseignant n’a pas pesé lourd dans ma décision.
De la même façon, c’est à vous que je m’adresse aujourd’hui car je sais que vous pouvez m’aider à continuer ma route et achever ainsi mon rêve américain. Ce sont les feux de Broadway, les nuits de Soho, les restaurants de Chinatown que je veux désormais découvrir ! Je veux me balader sur Time Square et admirer les splendeurs du capitalisme ! Je veux faire un pèlerinage dans Central Park en écoutant le concert de Simon et Garfunkel, et éventuellement appeler l’unité spéciale pour les victimes après la découverte d’un cadavre!
Il est vrai que NYU possède des professeurs et des intervenants d’excellence, un institut d’études françaises et un centre à Paris. Mais, une fois encore, tout ceci est bien secondaire à mes yeux. Je vous parle de rêve et de sentiments, pas d’une vulgaire opportunité professionnelle. En m’acceptant au sein de votre université, vous ferez preuve non seulement d’intelligence (parce que bon, faut bien reconnaître tout de même que je suis surdiplômée), mais aussi et surtout d’humanité.
En espérant que votre cœur s’ouvrira et vous fera voir la lumière,
Je vous prie de recevoir, Madame, Monsieur, l’expression de mes respectueuses salutations.
Barbie
samedi, octobre 28, 2006
M. m'entraîna dans un magasin de cds-dvds. Je fouinai dans les bacs, égrénant des noms de chanteurs et musiciens qui m'étaient quasiment tous inconnus. Je tombai sur la BO de "Lost in translation", mais l'émotion qui me gagnait chaque fois que je pensais au film et à Scarlett Johansson mise à nu dans sa chambre d'hôtel à Tokyo semblait avoir disparu pour laisser la place à une sensation neutre et cotonneuse. Je restai plantée dans le rayon, perplexe, sans trop savoir quoi faire. Et puis ce fut comme une apparition. Les cheveux en bataille, l'air pensif, fatigué, comme s'il avait trop veillé. Et son regard, profond, semblant exprimer une indicible peine. Je me sentais chavirer, quelque chose en moi s'était brisé. Je tendis la main: "James Dean, Sweater". Je quittai le magasin en titubant. Je ne pouvais expliquer à M. qu'une simple photo m'avait bouleversée au point de me donner les larmes aux yeux.
jeudi, octobre 26, 2006
Rock'n Roll attitude
Il n'était pas très grand, le nez aquilain, les cheveux blancs et mi-longs, les yeux bleu clair. La moindre de ses paroles faisait réagir le public. Il était celui qu'on avait remplacé sans raison, sans doute parce qu'il était trop bon, et qu'il risquait de faire de l'ombre. Pete Best ne s'était jamais vraiment remis de cette décision, et cela faisait presque quarante-cinq ans qu'il parcourait le monde à la recherche de la reconnaissance qui sied à un batteur de son calibre. La salle était à moitié vide ce soir-là, mais l'essence des sixties, cette fièvre du rock'n roll qui s'était emparée de la jeunesse jusqu'à creuser un fossé de plus en plus profond entre les générations, était bien présente. Les membres du groupe, insipides et interchangeables, psalmodiaient des paroles à peine audibles, tandis que le Maître s'en donnait à coeur joie sur son instrument. Celui à qui l'on avait dit non était devenu celui qui avait dit non. Dans cette société en dégénérescence, il nous rappelait qu'il y avait eu un avant.
dimanche, octobre 22, 2006
"Mon existence s'était compliquée d'une existence nocturne entièrement différente. Le jour, j'étais un prêtre du Seigneur, chaste, occupé de la prière et des choses saintes; la nuit, dès que j'avais fermé les yeux, je devenais un jeune seigneur, fin connaisseur en femmes, en chiens et en chevaux, jouant aux dés, buvant et blasphémant; et lorsqu'au lever de l'aube je me réveillais, il me semblait au contraire que je m'endormais et que je rêvais que j'étais prêtre. De cette vie somnambulique il m'est resté des souvenirs d'objets et de mots dont je ne puis pas me défendre,..."
Théophile Gautier, La morte amoureuse.
J'ai plusieurs vies. Dès que je ferme les yeux, je me sens projetée dans un autre monde, inconnu mais familier. Je suis à C. et le centre-ville se trouve au bord de la mer. Je suis perdue, la carte géante de la ville et des environs est pourtant très claire: le centre-ville s'étend comme un bandeau le long de la mer du Nord. En contre-bas sont agglutinés des villages, tels que B., où j'ai passé mon enfance. Je sais que j'habite dans une rue proche, perpendiculaire, mais les noms que je déchiffre sur le plan ne m'évoquent rien. Et la voiture de mon amie, le point de repère infaillible, a disparu. Mais il faut pourtant que je retrouve cette maison, ou lui me retrouvera. Ce gros bonhomme autoritaire m'engueule comme s'il était mon père et me bat comme s'il pensait en avoir le droit. Planquée sous la table de la salle à manger de la voisine, j'aperçois les rosiers et les arbres du jardin. Ne pas me relever, il pourrait me voir, il a des yeux partout. H. décide d'y retourner, il n'a pas l'air trop en colère contre elle. "Je prends la voiture, il te sera facile de la repérer." Il ne faut pas qu'il me voie. Je pense l'avoir semé, mais je ne trouve plus la voiture. L'angoisse m'étreint, je suffoque, les muscles de ma nuque se crispent. Le réveil sonne, et j'éprouve toujours cette douleur dans le cou et à l'estomac, cette sensation d'être en péril. Les images de ma vie nocturne me hantent et me submergent. Je me heurte à une réalité incompréhensible et incongrue, le contact de mes pieds nus sur la moquette me donne des frissons. Le visage qui apparaît dans le miroir ne ressemble en rien à celui qui était le mien quelques heures auparavant. Je revois l'expression de colère et de cruauté sur le visage de l'homme, et je ne peux m'empêcher de m'inquiéter du sort de cette amie, de cette soeur qui est retournée là-bas.
Théophile Gautier, La morte amoureuse.
J'ai plusieurs vies. Dès que je ferme les yeux, je me sens projetée dans un autre monde, inconnu mais familier. Je suis à C. et le centre-ville se trouve au bord de la mer. Je suis perdue, la carte géante de la ville et des environs est pourtant très claire: le centre-ville s'étend comme un bandeau le long de la mer du Nord. En contre-bas sont agglutinés des villages, tels que B., où j'ai passé mon enfance. Je sais que j'habite dans une rue proche, perpendiculaire, mais les noms que je déchiffre sur le plan ne m'évoquent rien. Et la voiture de mon amie, le point de repère infaillible, a disparu. Mais il faut pourtant que je retrouve cette maison, ou lui me retrouvera. Ce gros bonhomme autoritaire m'engueule comme s'il était mon père et me bat comme s'il pensait en avoir le droit. Planquée sous la table de la salle à manger de la voisine, j'aperçois les rosiers et les arbres du jardin. Ne pas me relever, il pourrait me voir, il a des yeux partout. H. décide d'y retourner, il n'a pas l'air trop en colère contre elle. "Je prends la voiture, il te sera facile de la repérer." Il ne faut pas qu'il me voie. Je pense l'avoir semé, mais je ne trouve plus la voiture. L'angoisse m'étreint, je suffoque, les muscles de ma nuque se crispent. Le réveil sonne, et j'éprouve toujours cette douleur dans le cou et à l'estomac, cette sensation d'être en péril. Les images de ma vie nocturne me hantent et me submergent. Je me heurte à une réalité incompréhensible et incongrue, le contact de mes pieds nus sur la moquette me donne des frissons. Le visage qui apparaît dans le miroir ne ressemble en rien à celui qui était le mien quelques heures auparavant. Je revois l'expression de colère et de cruauté sur le visage de l'homme, et je ne peux m'empêcher de m'inquiéter du sort de cette amie, de cette soeur qui est retournée là-bas.
Secret d'enfant
Quand j'étais petite fille, je me plaisais à filer en douce dans le grenier de mes grands-parents. On y accédait en ouvrant une trappe qui déroulait un escalier grinçant et assez raide. Je surmontais mon vertige pour aller fouiller dans le vieux placard installé dans un coin de la pièce, et j'en sortais les magazines lus par mon père et mes tantes quand ils étaient enfants. Je lisais certains articles, il m'arrivait même de faire les jeux et activités manuelles proposés dans le supplément. Le plaisir de la lecture se mêlait au plaisir de l'interdit. Je savais inconsciemment que je tentais de m'approprier des objets et des moments qui n'étaient pas les miens, et je fouinais dans ce passé avec délice, ouvrant les cartons poussiéreux qui portaient le prénom de mon père. Je tombai un jour sur une écriture adolescente que je ne connaissais pas, celle d'un élève peu appliqué qui n'apprenait pas ses verbes irréguliers allemands. L'homme sévère et exigeant qui me sermonnait quand mes résulats scolaires lui semblaient insuffisants, mon père, avait été autrefois ce jeune rebelle imperméable à la rigueur de la grammaire allemande. J'avais alors 8 ans, et ce 4 sur 20 me donnait un air de triomphe, m'offrait l'opportunité de répliquer, voire même de demander des explications. Je n'osai pas cependant emporter mon trophée. J'avais beaucoup trop de respect pour ce temple rempli des trésors de l'enfance de mon père. Je décidai de savourer ma victoire en secret, ne lui dévoilant que bien des années plus tard que je connaissais sa faiblesse.
jeudi, octobre 12, 2006
Vive Halloween!
Un parc d'attraction de Toronto, "Six Flags", propose à ses visiteurs un concours du plus gros mangeur de cafards pour fêter Halloween. Le gagnant se verra attribuer des pass pour toute l'année 2007 pour 4 personnes, qui correspondent à des entrées gratuites et des avantages VIP tels que la priorité à l'accès de certaines attractions. Une association de défenses des animaux, la PETA (the People for the Ethical Treatment of Animals) a essayé d'obtenir l'annulation du concours, sans succès.
Le record à battre est détenu par un Anglais, Ken Edwards, qui avait dévoré 36 cafards de Madagascar en 1 minute.
article de Reuters
Le record à battre est détenu par un Anglais, Ken Edwards, qui avait dévoré 36 cafards de Madagascar en 1 minute.
article de Reuters
mardi, octobre 10, 2006
Chanson naze
J'en ai marre des cafards
Y en a même jusque dans mon plumard
Celui-ci grimpe sur la table
Celui-là dans mon cartable
Celui-ci court sous le meuble
Celui-là tombe du placard
Un troisième boit de la liqueur
Et un autre meurt de trop boire
Y en a même jusque dans mon plumard
Celui-ci grimpe sur la table
Celui-là dans mon cartable
Celui-ci court sous le meuble
Celui-là tombe du placard
Un troisième boit de la liqueur
Et un autre meurt de trop boire
Empreinte du temps
"Très vite dans ma vie il a été trop tard. A dix-huit ans il était déjà trop tard. Entre dix-huit ans et vingt-cinq ans mon visage est parti dans une direction imprévue. A dix-huit ans j'ai vieilli. Je ne sais pas si c'est tout le monde, je n'ai jamais demandé. Il me semble qu'on m'a parlé de cette poussée du temps qui vous frappe quelquefois alors qu'on traverse les âges les plus jeunes, les plus célébrés de la vie. Ce vieillissement a été brutal. Je l'ai vu gagner mes traits un à un, changer le rapport qu'il y avait entre eux, faire les yeux plus grands, le regard plus triste, la bouche plus définitive, marquer le front des cassures profondes. Au contraire d'en être effrayée j'ai vu s'opérer ce vieillissement de mon visage avec l'intérêt que j'aurais pris par exemple au déroulement d'une lecture. Je savais aussi que je ne me trompais pas, qu'un jour il se ralentirait et qu'il prendrait son cours normal. Les gens qui m'avaient connue à dix-sept ans lors de mon voyage en France ont été impressionnés quand ils m'ont revue, deux ans après, à dix-neuf ans. Ce visage-là, nouveau, je l'ai gardé. Il a été mon visage. Il a vieilli encore bien sûr, mais relativement moins qu'il n'aurait dû. J'ai un visage lacéré de rides sèches et profondes, à la peau cassée. Il ne s'est pas affaissé comme certains visages à traits fins, il a gardé les mêmes contours mais sa matière est détruite. J'ai un visage détruit."
Marguerite Duras, L'Amant
Marguerite Duras, L'Amant
dimanche, octobre 01, 2006
Villon le bohémien
"En ce Paris des années 1450, les diplômés universitaires étaient nombreux, trop nombreux pour trouver tous, rapidement, leur insertion dans la vie sociale et professionnelle: inactifs, désargentés, certains ne tardent pas à tourner mal, selon un processus de marginalisation progressive (...). Villon, apparemment, fut de ceux-là. Ses textes conservent l'écho des chahuts estudiantins auxquels il a sans doute participé: enlèvement de bornes, comme celle du Pet-au-Diable, dont il prétend avoir écrit le "roman", vol et mariage loufoque d'enseignes de maisons, heurts parfois violents avec la police, qui conduisent en 1453 à la suspension des cours."
Villon, Poésie complète, Introduction de Claude Thiry
Comment ne pas être frappé par l'actualité de cet extrait? Avons-nous donc si peu progressé en 6 siècles?
Il est par ailleurs intéressant de découvrir la vie de bohémien et de bandit du poète Villon, ce qui apporte un éclairage tout différent à son oeuvre. Ce jeune homme qui devient brigand, malgré une éducation accomplie. En 1455, il tue un prêtre accidentellement (légitime défense). Quelques années plus tard, il organise des vols, est mêlé à des bagarres et se retrouve en fuite, vivant parmi les saltimbanques. Il fait plusieurs séjours en prison, avant d'être condamné à être "étranglé et pendu". Il obtient grâce devant le Parlement de Paris, qui le condamne à 10 ans de bannissement de la ville. C'est suite à cette sentence qu'il disparait, définitivement.
Ses poèmes transcrivent cette marginalisation faite de fuites, d'emprisonnement et de Louange à la Cour, "testament" qu'il a souhaité laissé à la postérité.
Villon, Poésie complète, Introduction de Claude Thiry
Comment ne pas être frappé par l'actualité de cet extrait? Avons-nous donc si peu progressé en 6 siècles?
Il est par ailleurs intéressant de découvrir la vie de bohémien et de bandit du poète Villon, ce qui apporte un éclairage tout différent à son oeuvre. Ce jeune homme qui devient brigand, malgré une éducation accomplie. En 1455, il tue un prêtre accidentellement (légitime défense). Quelques années plus tard, il organise des vols, est mêlé à des bagarres et se retrouve en fuite, vivant parmi les saltimbanques. Il fait plusieurs séjours en prison, avant d'être condamné à être "étranglé et pendu". Il obtient grâce devant le Parlement de Paris, qui le condamne à 10 ans de bannissement de la ville. C'est suite à cette sentence qu'il disparait, définitivement.
Ses poèmes transcrivent cette marginalisation faite de fuites, d'emprisonnement et de Louange à la Cour, "testament" qu'il a souhaité laissé à la postérité.
mardi, septembre 05, 2006
Histoire de Q
Après les faux-cols, les faux-plis et les faux seins, la mode est désormais aux fausses-fesses. Je parle de vrais coussinets à placer sur le postérieur, pour donner l'impression d'avoir une chute de reins à la Betty Boop.
Histoire de ne pas avoir un gros cul, mais plutôt un haut cul, donc forcément beau cul.
Ah, les faux-culs.
Histoire de ne pas avoir un gros cul, mais plutôt un haut cul, donc forcément beau cul.
Ah, les faux-culs.
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