dimanche, février 19, 2012
mardi, janvier 31, 2012
vendredi, janvier 20, 2012
La baignoire
L’eau du bain noircie
Te rappelle que la vie est longue
Un deux trois quatre cinq
L’eau disparaît mais la crasse reste
Coincée sur la paroi
Tu t’échines mais rien n’y fait
Alors tu fermes la porte de la salle de bains et tu aspires
A une vie meilleure
Mais ils guettent et conspirent dans l’ombre
Ils t’épient des voix s’élèvent
Tu les entends partout
Ils poussent la porte et s’approchent de la baignoire
Où tu es penchée
Le noir laisse place au rouge
Ne t’arrête pas de frotter
Te rappelle que la vie est longue
Un deux trois quatre cinq
L’eau disparaît mais la crasse reste
Coincée sur la paroi
Tu t’échines mais rien n’y fait
Alors tu fermes la porte de la salle de bains et tu aspires
A une vie meilleure
Mais ils guettent et conspirent dans l’ombre
Ils t’épient des voix s’élèvent
Tu les entends partout
Ils poussent la porte et s’approchent de la baignoire
Où tu es penchée
Le noir laisse place au rouge
Ne t’arrête pas de frotter
mercredi, janvier 18, 2012
jeudi, décembre 15, 2011
Je ne sais plus comment rêver
Tu t’es juste un peu effacé
Comme le rouge au bout de mes orteils
Waterproof
Ton sourire me guette encore
Se glisse parmi les verts luisants
Dans le silence de la nuit
Et je rêve que tu rêves de nos étés
Mais la lumière de l’hiver
Blafarde
Aveuglante
Insolente
Transperce les persiennes et mes paupières
Tu t’es juste un peu effacé
Comme le rouge au bout de mes orteils
Waterproof
Ton sourire me guette encore
Se glisse parmi les verts luisants
Dans le silence de la nuit
Et je rêve que tu rêves de nos étés
Mais la lumière de l’hiver
Blafarde
Aveuglante
Insolente
Transperce les persiennes et mes paupières
mardi, novembre 29, 2011
Tea time
All will end you say for we are doomed
Silently and irrevocably our hands will part
Hoping that I would let you swim in the mud
Vague desires invading your disquieted soul
And I serene strong earthy will know
That your soft hand needs mine
How else would I get my tea?
Silently and irrevocably our hands will part
Hoping that I would let you swim in the mud
Vague desires invading your disquieted soul
And I serene strong earthy will know
That your soft hand needs mine
How else would I get my tea?
dimanche, novembre 27, 2011
Too slowly
Times passes too slowly
For I eyes wide open wait for the train
That will take me closer to you
And my eyes won't close
Not even for a second
Not even to let me dream of your bright hands
You and I as a whispering fantasy
Sometimes I can't see anything else
But fading visions of lust and fear disappearing
Too slowly
And you my sweet my salty my sour bonbon
You my excruciating bliss
Rest incessantly at the tip of my tongue
For I eyes wide open wait for the train
That will take me closer to you
And my eyes won't close
Not even for a second
Not even to let me dream of your bright hands
You and I as a whispering fantasy
Sometimes I can't see anything else
But fading visions of lust and fear disappearing
Too slowly
And you my sweet my salty my sour bonbon
You my excruciating bliss
Rest incessantly at the tip of my tongue
samedi, novembre 26, 2011
Quand tu pars
Quand tu pars je t’aime plus encore
Le lit s’agrandit mes bras s’allongent
Jusqu’à ton oreiller
Jusqu’à la trace que tu as laissée
Et je dors dans ton souvenir tiède
Et je rêve enveloppée dans les draps froissés
A ton retour
Le lit s’agrandit mes bras s’allongent
Jusqu’à ton oreiller
Jusqu’à la trace que tu as laissée
Et je dors dans ton souvenir tiède
Et je rêve enveloppée dans les draps froissés
A ton retour
vendredi, novembre 25, 2011
mercredi, novembre 23, 2011
mercredi, novembre 16, 2011
La lettre
I received a letter yesterday
M ais j’avais peur de la lire
I did not open it
S ûrement un truc déplaisant
S urely I was not missing much
Y -a-t-il encore du thé dans ma tasse ?
O n such a cold November day
U n chocolat voilà ce qu’il me faudrait
M ais j’avais peur de la lire
I did not open it
S ûrement un truc déplaisant
S urely I was not missing much
Y -a-t-il encore du thé dans ma tasse ?
O n such a cold November day
U n chocolat voilà ce qu’il me faudrait
mardi, novembre 15, 2011
The sweater
You like a warm sweater
Red and fluffy and loving
Cover my arms my shoulders my breasts
On a cold November night
And on my skin I feel the sweat
Running down my burning heart
Red and fluffy and loving
Cover my arms my shoulders my breasts
On a cold November night
And on my skin I feel the sweat
Running down my burning heart
dimanche, novembre 13, 2011
Waiting for you
Waiting for you in my chair
Like a starving cat I cannot purr
Waiting for you with my cup
Like a lonely lady I cannot smile
Waiting for you in my bed
Like a dying soldier I cannot rest
Waiting for you with my pen
Like a sad poet I cannot write
Waiting for you in the rain
Waiting for you on the train
Waiting for you on the plane
Waiting for you again and again
I always will be
Like a starving cat I cannot purr
Waiting for you with my cup
Like a lonely lady I cannot smile
Waiting for you in my bed
Like a dying soldier I cannot rest
Waiting for you with my pen
Like a sad poet I cannot write
Waiting for you in the rain
Waiting for you on the train
Waiting for you on the plane
Waiting for you again and again
I always will be
mercredi, novembre 09, 2011
Ton écharpe
J’ai trouvé ton écharpe hier
Qui traînait dans un tiroir
Celle que tu portais
Le jour où je t’ai rencontré
Le jour où je t’ai aimé
Le jour où tu as parlé
De caisse et d’aspirateur
J’ai trouvé ton écharpe hier
Esseulée dans un placard
Celle qui s’enroulait
Et se déroulait
Dans la lumière de l’hiver
J’ai trouvé ton écharpe hier
Qui pleurait seule dans le noir
Alors je l’ai consolée
Qui traînait dans un tiroir
Celle que tu portais
Le jour où je t’ai rencontré
Le jour où je t’ai aimé
Le jour où tu as parlé
De caisse et d’aspirateur
J’ai trouvé ton écharpe hier
Esseulée dans un placard
Celle qui s’enroulait
Et se déroulait
Dans la lumière de l’hiver
J’ai trouvé ton écharpe hier
Qui pleurait seule dans le noir
Alors je l’ai consolée
dimanche, novembre 06, 2011
samedi, novembre 05, 2011
Il y a des jours comme ça où les mots ne veulent rien dire. On a beau les tourner dans tous les sens, on a beau les regarder sous toutes les coutures, ils sont juste un tas de lettres plus ou moins espacées qui dansent sur la page. Alors on essaie de prendre le rythme, en vain. On boit un café. On mange un kinder. On se dégourdit les jambes. Et on attend, alors même qu’on sait qu’il est inutile d’essayer. On ne peut s’empêcher d’espérer, c’est le propre de la condition humaine.
Je veux te voir
Je veux te voir c’est tout
Je veux embrasser ta joue
Tes yeux et surtout tes oreilles
Longuement
Je veux poser ma main sur ton cœur
Je veux briser l’écran où nos ombres s’agitent
Se cherchent et puis s’évitent
Je veux écouter tes silences
Longuement
Je veux poser ma tête contre ton cœur
Je veux te voir c’est tout
Je veux embrasser ton cou
Tes mains et surtout tes poignets
Longuement
Je veux glisser ma main sur ton coeur
Je veux jeter les mots usés désabusés
Tous les papiers froissés
Je veux caresser tes absences
Longuement
Je veux poser ta main sur mon cœur
Je veux embrasser ta joue
Tes yeux et surtout tes oreilles
Longuement
Je veux poser ma main sur ton cœur
Je veux briser l’écran où nos ombres s’agitent
Se cherchent et puis s’évitent
Je veux écouter tes silences
Longuement
Je veux poser ma tête contre ton cœur
Je veux te voir c’est tout
Je veux embrasser ton cou
Tes mains et surtout tes poignets
Longuement
Je veux glisser ma main sur ton coeur
Je veux jeter les mots usés désabusés
Tous les papiers froissés
Je veux caresser tes absences
Longuement
Je veux poser ta main sur mon cœur
jeudi, novembre 03, 2011
Daydream
Je veux déchirer ton tee-shirt
Je veux le jeter loin du lit
Je veux que tu me prennes sur le bureau
Comme ça
Je veux que tu te taises aussi
Que ta bouche me baise
Encore
Je veux le jeter loin du lit
Je veux que tu me prennes sur le bureau
Comme ça
Je veux que tu te taises aussi
Que ta bouche me baise
Encore
lundi, octobre 31, 2011
Sur un malentendu...
(A la manière de David Foenkinos)
Richard venait d’entrer dans le café. Il ne passait que très rarement Grand’Rue à cette heure-ci, encore moins pour y boire un café. Tout est toujours question de circonstances dans la vie. Ce matin-là, il s’était mis à pleuvoir à verse sur Strasbourg. Une pluie comme on en voit peu en août. Une pluie qu’on ne peut ignorer. Richard avait été obligé de se réfugier au café. Il s’installa à une table et se tourna aux trois-quarts pour passer commande. C’est alors qu’il vit Marie. C’était comme une apparition, une naissance improbable dans son champ de vision. Elle lisait un livre en anglais en sirotant un thé. Il avait su déchiffrer le titre de loin : The summer without men. Il se mit à penser à la signification d’un tel choix. Il ne pouvait se résoudre à imaginer une femme si belle dans la solitude de sa chambre et de son quotidien. Non, décidément, ce livre ne pouvait être qu’un appel à l’aide. Une façon délicate d’attirer l’attention des hommes. Comme un message codé. Au dehors, la pluie n’en finissait pas de tomber. Ce n’était pas une coïncidence, mais plutôt un signe. Richard avait maintenant la certitude qu’il devait aborder Marie.
Rien dans son apparence ne laissait suggérer sa nationalité. Elle lisait un livre en anglais, mais de nos jours, beaucoup de gens préfèrent l’authenticité de la version originale à l’imprécision de la version traduite. Comment savoir ? Il valait quand même mieux qu’il lui parle en anglais. On verrait par la suite. Des idées de phrases d’accroche se bousculaient dans sa tête, mais aucune ne lui plaisait vraiment. Richard, plongé dans sa rêverie, était maintenant suspendu aux gestes de Marie et en oubliait de boire son café. C’est en regardant l’horloge, plus par réflexe que par réelle curiosité, qu’il se rendit compte qu’il était resté ainsi immobile pendant plus d’une heure, envoûté par les gestes de Marie, happé par ses respirations.
***
Idées de phrases d’accroche pour aborder Marie
-How do you today ?
-Is this a book good?
-Strasbourg is nice?
-Do speak French?
-Are you fucking?
***
Richard sentit qu’il était temps de se jeter à l’eau. Il prit son courage à deux mains et marmonna une question entre ses dents, question qui s’avéra parfaitement incompréhensible. Il fit cependant suffisamment de bruit pour que Marie lève la tête. Elle lui sourit et lui demanda de répéter. Richard comprit à cet instant que Marie était la femme de sa vie. Il balbutia autre chose en français cette fois, et puis les mots lui vinrent aux lèvres de plus en plus facilement. Il déversa des flots de paroles comme quelqu’un qui n’a pas parlé depuis des mois, quelqu’un qui aurait fait un long séjour dans le désert et qui reviendrait enfin à la civilisation. Il prit le silence de Marie pour de la fascination. Sa future femme aimait tellement l’écouter qu’elle ne voulait pas l’interrompre. Elle ne voulait sans doute pas qu’il perde le fil. Puis Richard vit dans les yeux de Marie ce qu’elle n’osait pas lui dire. Ils ne pouvaient pas se quitter comme ça. Il fallait qu’ils se revoient. Il lui donna son numéro de téléphone, Marie l’appela immédiatement pour qu’il ait bien le sien. Elle finit son thé et se dirigea vers les toilettes. Richard eut l’impression que ces quelques minutes ne finiraient jamais. Les femmes aiment faire attendre les hommes, ça fait partie du jeu de séduction. Quand elle ressortit, Richard pouvait difficilement cacher son émotion. Il n’avait encore jamais vu Marie s’avancer vers lui. Le sentiment qu’il avait éprouvé en la découvrant attablée venait d'être sublimé. Il n’avait pas imaginé que le mouvement donnerait à Marie une beauté aussi remarquable qu’indicible. Il l’accompagna au bout de la rue. Au moment de la séparation, une gêne s’installa entre eux. Comment n’avait-il pas pensé à ça ! Marie n’osait pas l’embrasser, bien évidemment. Il sentit qu’à cet instant elle avait besoin de galanterie : « Je peux vous faire la bise ? » Il la regarda s’éloigner rapidement. Elle était sûrement sous le coup de l’émotion, elle aussi.
***
Idées de phrases polies pour faire partir Richard
-Désolée, je dois partir. J’ai piscine.
-J’aimerais vraiment finir ce livre.
-Quelle heure est-il ? Déjà ?!! Je dois y aller, je suis en retard.
-No comprendo.
-Et ta sœur ? (pas très poli, mais efficace)
***
Richard pensa souvent à Marie durant les trois semaines qui suivirent. Mais en rejouant leur rencontre dans sa tête, il se souvint de la volupté suscitée par l’attente lorsque Marie était allée aux toilettes. Lui aussi voulait se faire désirer. Lui aussi voulait que Marie l’attende et chérisse le moment où il s’avancerait vers elle. Il résista à l’envie de l’appeler. Il dût se retenir environ deux fois par jour. Puis la quatrième semaine arriva, pleine de promesses et de légèreté. Richard composa le numéro de Marie. Après les cinq sonneries, le répondeur s’était déclenché. Richard essaya à nouveau. On oublie toujours de réactiver la sonnerie après le cinéma ou le rendez-vous chez le coiffeur. Il n’y avait rien de surprenant à ce silence. Il n’avait même pas demandé à Marie si elle se servait souvent de son portable. Il était possible qu’elle fasse partie de ces gens qui préfèrent les rendez-vous face à face. A partir de ce jour, Richard essaya d’appeler Marie trois à quatre fois par semaine. Il se disait qu’elle l’avait pris à son propre jeu : les femmes sont bien trop intelligentes pour ne pas savoir quand les hommes jouent au jeu de la séduction. Marie avait gagné, une fois de plus.
***
Idées de phrases pour que Richard laisse enfin tomber
-Si je ne réponds jamais au téléphone, c’est qu’il y a une raison. Arrête de m’appeler !
-J’aurais dû être plus directe avec toi. Je vais l’être maintenant : Arrête de m’appeler !
-Tu ressembles à rien, en plus. Arrête de m’appeler !
-Sur un malentendu, ça marche rarement. Ne crois pas tout ce que tu vois dans les films. Arrête de m’appeler !
-T’es con ou quoi ?? Arrête de m’appeler !
***
Ce jeudi-là, Richard avait bien commencé sa journée. Il s’était réveillé à l’heure et sans trop de difficultés. Il avait trouvé une chemise propre qu’il aimait bien cachée au fond de l’armoire. Il était fin prêt pour appeler Marie. Il avait un bon pressentiment. Cette fois serait la bonne. Le téléphone de Marie sonna une fois, puis deux. Il entendit soudain sa voix. Il eut du mal à la reconnaître. Il ne l’avait entendue qu’une fois, très peu. Il avait oublié à quel point la voix de Marie était sensuelle. Il avait pensé que ce qui lui plaisait vraiment chez Marie, c’était la façon qu’elle avait de se mouvoir, douce et déterminée. Il aimait Marie et son cinéma muet, celui qu’elle faisait juste pour lui. Il fut surpris de réaliser que la voix de Marie lui plaisait aussi, peut-être encore plus que tout le reste. Il reprit contenance et se mit à parler. Soudain, Marie utilisa sa voix si sensuelle pour lui dire une phrase. Une phrase très courte qui le surprit et le laissa sans voix. Elle avait raccroché.
Richard venait d’entrer dans le café. Il ne passait que très rarement Grand’Rue à cette heure-ci, encore moins pour y boire un café. Tout est toujours question de circonstances dans la vie. Ce matin-là, il s’était mis à pleuvoir à verse sur Strasbourg. Une pluie comme on en voit peu en août. Une pluie qu’on ne peut ignorer. Richard avait été obligé de se réfugier au café. Il s’installa à une table et se tourna aux trois-quarts pour passer commande. C’est alors qu’il vit Marie. C’était comme une apparition, une naissance improbable dans son champ de vision. Elle lisait un livre en anglais en sirotant un thé. Il avait su déchiffrer le titre de loin : The summer without men. Il se mit à penser à la signification d’un tel choix. Il ne pouvait se résoudre à imaginer une femme si belle dans la solitude de sa chambre et de son quotidien. Non, décidément, ce livre ne pouvait être qu’un appel à l’aide. Une façon délicate d’attirer l’attention des hommes. Comme un message codé. Au dehors, la pluie n’en finissait pas de tomber. Ce n’était pas une coïncidence, mais plutôt un signe. Richard avait maintenant la certitude qu’il devait aborder Marie.
Rien dans son apparence ne laissait suggérer sa nationalité. Elle lisait un livre en anglais, mais de nos jours, beaucoup de gens préfèrent l’authenticité de la version originale à l’imprécision de la version traduite. Comment savoir ? Il valait quand même mieux qu’il lui parle en anglais. On verrait par la suite. Des idées de phrases d’accroche se bousculaient dans sa tête, mais aucune ne lui plaisait vraiment. Richard, plongé dans sa rêverie, était maintenant suspendu aux gestes de Marie et en oubliait de boire son café. C’est en regardant l’horloge, plus par réflexe que par réelle curiosité, qu’il se rendit compte qu’il était resté ainsi immobile pendant plus d’une heure, envoûté par les gestes de Marie, happé par ses respirations.
***
Idées de phrases d’accroche pour aborder Marie
-How do you today ?
-Is this a book good?
-Strasbourg is nice?
-Do speak French?
-Are you fucking?
***
Richard sentit qu’il était temps de se jeter à l’eau. Il prit son courage à deux mains et marmonna une question entre ses dents, question qui s’avéra parfaitement incompréhensible. Il fit cependant suffisamment de bruit pour que Marie lève la tête. Elle lui sourit et lui demanda de répéter. Richard comprit à cet instant que Marie était la femme de sa vie. Il balbutia autre chose en français cette fois, et puis les mots lui vinrent aux lèvres de plus en plus facilement. Il déversa des flots de paroles comme quelqu’un qui n’a pas parlé depuis des mois, quelqu’un qui aurait fait un long séjour dans le désert et qui reviendrait enfin à la civilisation. Il prit le silence de Marie pour de la fascination. Sa future femme aimait tellement l’écouter qu’elle ne voulait pas l’interrompre. Elle ne voulait sans doute pas qu’il perde le fil. Puis Richard vit dans les yeux de Marie ce qu’elle n’osait pas lui dire. Ils ne pouvaient pas se quitter comme ça. Il fallait qu’ils se revoient. Il lui donna son numéro de téléphone, Marie l’appela immédiatement pour qu’il ait bien le sien. Elle finit son thé et se dirigea vers les toilettes. Richard eut l’impression que ces quelques minutes ne finiraient jamais. Les femmes aiment faire attendre les hommes, ça fait partie du jeu de séduction. Quand elle ressortit, Richard pouvait difficilement cacher son émotion. Il n’avait encore jamais vu Marie s’avancer vers lui. Le sentiment qu’il avait éprouvé en la découvrant attablée venait d'être sublimé. Il n’avait pas imaginé que le mouvement donnerait à Marie une beauté aussi remarquable qu’indicible. Il l’accompagna au bout de la rue. Au moment de la séparation, une gêne s’installa entre eux. Comment n’avait-il pas pensé à ça ! Marie n’osait pas l’embrasser, bien évidemment. Il sentit qu’à cet instant elle avait besoin de galanterie : « Je peux vous faire la bise ? » Il la regarda s’éloigner rapidement. Elle était sûrement sous le coup de l’émotion, elle aussi.
***
Idées de phrases polies pour faire partir Richard
-Désolée, je dois partir. J’ai piscine.
-J’aimerais vraiment finir ce livre.
-Quelle heure est-il ? Déjà ?!! Je dois y aller, je suis en retard.
-No comprendo.
-Et ta sœur ? (pas très poli, mais efficace)
***
Richard pensa souvent à Marie durant les trois semaines qui suivirent. Mais en rejouant leur rencontre dans sa tête, il se souvint de la volupté suscitée par l’attente lorsque Marie était allée aux toilettes. Lui aussi voulait se faire désirer. Lui aussi voulait que Marie l’attende et chérisse le moment où il s’avancerait vers elle. Il résista à l’envie de l’appeler. Il dût se retenir environ deux fois par jour. Puis la quatrième semaine arriva, pleine de promesses et de légèreté. Richard composa le numéro de Marie. Après les cinq sonneries, le répondeur s’était déclenché. Richard essaya à nouveau. On oublie toujours de réactiver la sonnerie après le cinéma ou le rendez-vous chez le coiffeur. Il n’y avait rien de surprenant à ce silence. Il n’avait même pas demandé à Marie si elle se servait souvent de son portable. Il était possible qu’elle fasse partie de ces gens qui préfèrent les rendez-vous face à face. A partir de ce jour, Richard essaya d’appeler Marie trois à quatre fois par semaine. Il se disait qu’elle l’avait pris à son propre jeu : les femmes sont bien trop intelligentes pour ne pas savoir quand les hommes jouent au jeu de la séduction. Marie avait gagné, une fois de plus.
***
Idées de phrases pour que Richard laisse enfin tomber
-Si je ne réponds jamais au téléphone, c’est qu’il y a une raison. Arrête de m’appeler !
-J’aurais dû être plus directe avec toi. Je vais l’être maintenant : Arrête de m’appeler !
-Tu ressembles à rien, en plus. Arrête de m’appeler !
-Sur un malentendu, ça marche rarement. Ne crois pas tout ce que tu vois dans les films. Arrête de m’appeler !
-T’es con ou quoi ?? Arrête de m’appeler !
***
Ce jeudi-là, Richard avait bien commencé sa journée. Il s’était réveillé à l’heure et sans trop de difficultés. Il avait trouvé une chemise propre qu’il aimait bien cachée au fond de l’armoire. Il était fin prêt pour appeler Marie. Il avait un bon pressentiment. Cette fois serait la bonne. Le téléphone de Marie sonna une fois, puis deux. Il entendit soudain sa voix. Il eut du mal à la reconnaître. Il ne l’avait entendue qu’une fois, très peu. Il avait oublié à quel point la voix de Marie était sensuelle. Il avait pensé que ce qui lui plaisait vraiment chez Marie, c’était la façon qu’elle avait de se mouvoir, douce et déterminée. Il aimait Marie et son cinéma muet, celui qu’elle faisait juste pour lui. Il fut surpris de réaliser que la voix de Marie lui plaisait aussi, peut-être encore plus que tout le reste. Il reprit contenance et se mit à parler. Soudain, Marie utilisa sa voix si sensuelle pour lui dire une phrase. Une phrase très courte qui le surprit et le laissa sans voix. Elle avait raccroché.
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