jeudi, octobre 13, 2011

Tout est gris dehors. Les bâtiments se dessinent à peine dans la pénombre. Il ne fait pas encore nuit. C’est juste une après-midi d’hiver, en Alsace. Un paysage maussade, représentation physique involontaire de mon état d’esprit. Ces ruelles étroites qui m’ont tant manqué et qui m’ont hantée longtemps, je peux désormais les emprunter ; mais les buildings interminables et les boulevards de Phoenix me font soudain languir. Quelle est-elle, ma patrie? Je ne le sais plus. Rentrer en France semblait la meilleure solution. Mais la France que je rêvais de retrouver n’existe plus. Les rayons des supermarchés me paraissent compliqués et emplis de denrées superflues. Et pourtant, j’ai grandi au milieu d’elles, et j’ai vanté la gastronomie française et l’élégance et le raffinement pendant toutes mes années aux Etats-Unis. Je les retrouve aujourd’hui sans savoir les reconnaître, étrangère en mon pays.

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