Est-ce votre passion ?
Il me posa la question brutalement. Désarçonnée, je ne sus que répondre. Je bafouillai « enfin, ça m’intéresse… ». Mais à cet instant, je réalisai que la critique de la littérature m’ennuyait. Pendant des années, j’avais dévoré les livre, je les avais dégustés, savourés, avalés, jusqu’à l’indigestion. Ce qui me passionnait à l’adolescence avait peu à peu disparu. La liberté d’interprétation, la créativité, la licence à laquelle j’avais droit alors avaient fait place à un étau dans lequel je me sentai enserrée. La découverte des codes littéraires, loin de me permettre de décupler le plaisir, avait étouffé mes sensations, obsédée que j’étais par l’idée de ne pas rater LA référence ou métaphore, LE passage crucial, ce que les autres auraient tous vu et dont ils discuteraient entre eux d’un air entendu à la séance suivante. S’il m’arriva d’être intéressée par certains articles critiques, c’est que le style humble de l’auteur m’avait invitée à prendre son interprétation pour ce qu’elle était : une façon d’ouvrir des perspectives, de penser le texte autrement. Mais toutes ces interprétations ne savaient jamais transcrire la puissance du texte, sa profondeur, l’écho qui résonne en nous, la palpitation ressentie. Ce qui le rend vivant, c’est l’appropriation que nous faisons de ce livre qui exprime nos tourments _ mettant, en somme, des mots sur nos maux_ ou nous donne à rêver une vie idéale _ pansant alors nos plaies. Il finit par faire partie de nous-mêmes, échappant ainsi à son auteur, le souvenir de cette œuvre rattaché à une période de notre vie, ou son contenu mêlé à notre mémoire.
vendredi, mars 30, 2007
samedi, mars 17, 2007
Je restai plantée devant la porte. Je me revoyais deux ans auparavant, presque jour pour jour. Mais alors qu’à l’époque débutait notre relation, c'en était à présent la fin. Il le comprit lui aussi. Longtemps je vis sa silhouette dans mon rétroviseur. A quoi pouvait-il bien penser. Je sus à cet instant précis la douleur insoutenable et irréparable.
Claude Simon disait que dans ses romans il n’a jamais parlé que de lui-même. Tous les écrivains feraient-ils finalement de l’autofiction?
J’ai cette impression qu’en effet l’écriture est la délivrance d’une réalité personnelle. Que l’on crée des personnages d’un autre sexe, qui semblent avoir un passé bien loin du sien, qu’on finisse par croire en leur autonomie et en leur existence propre, ils n’en demeurent pas moins des êtres virtuels dont la psychologie a été pensée par leur auteur. Le travail de projection, d’empathie, aussi réussis soient-ils, ne font cependant que transmettre le ressenti de l’écrivain. Ce travail rejoint parfois une réalité vécue, ou plutôt ressentie dans une situation réelle, par un autre. C’est ainsi ce qui est arrivé à Claude Simon, qui a un jour reçu une lettre dans laquelle un lecteur lui avouait que le récit fait de la mort du Capitaine de Reixach dans La Route des Flandres était celui de la mort de son propre capitaine alors qu’il servait lui-même en tant que soldat durant la Seconde Guerre Mondiale. Les interventions contradictoires de l’auteur au sujet de cette lettre, si elles posent la question de la véracité des faits, permettent cependant de réaffirmer l’importance de la part d’autobiographie dans l’œuvre littéraire.
J’ai cette impression qu’en effet l’écriture est la délivrance d’une réalité personnelle. Que l’on crée des personnages d’un autre sexe, qui semblent avoir un passé bien loin du sien, qu’on finisse par croire en leur autonomie et en leur existence propre, ils n’en demeurent pas moins des êtres virtuels dont la psychologie a été pensée par leur auteur. Le travail de projection, d’empathie, aussi réussis soient-ils, ne font cependant que transmettre le ressenti de l’écrivain. Ce travail rejoint parfois une réalité vécue, ou plutôt ressentie dans une situation réelle, par un autre. C’est ainsi ce qui est arrivé à Claude Simon, qui a un jour reçu une lettre dans laquelle un lecteur lui avouait que le récit fait de la mort du Capitaine de Reixach dans La Route des Flandres était celui de la mort de son propre capitaine alors qu’il servait lui-même en tant que soldat durant la Seconde Guerre Mondiale. Les interventions contradictoires de l’auteur au sujet de cette lettre, si elles posent la question de la véracité des faits, permettent cependant de réaffirmer l’importance de la part d’autobiographie dans l’œuvre littéraire.
mardi, mars 13, 2007
Parfois, en prononçant les mots, on s’aperçoit de leur inconsistance. On s’est séparés. Alors même qu'on ne vivait pas ensemble. Alors même qu'on n'a jamais eu l'impression de ne former qu'une seule et même entité, mais qu'au contraire, on est toujours restés deux. Deux personnes distinctes, qui ne se comprennent pas, qui se cherchent, se reniflent, sans se trouver (sauf à de rares et brefs moments).
dimanche, février 11, 2007
Je savais que j’étais une imposture, et j’avais cette crainte permanente qu’on ne me perce à jour. Ce jour-là arriva. Je me trouvai prise dans le marasme de ma vie. Autour de moi tout s’effondrait. Les lambeaux de certitude qui me restaient s’effritaient et je me sentais déraper, glisser vers cet inconnu mystérieux et angoissant dont j’avais entendu parler sans en comprendre le sens ni la portée. Je me perdais dans les profondeurs de cet abîme, engloutie, happée par une spirale infernale. La réalité se distordait sous mes yeux, les couleurs se mêlant aux formes et créant un vertige immense et rond.
dimanche, janvier 21, 2007
CS
Son visage sa voix Je rêve que je suis dans tes bras, j'en oubliais presque qu'il était marié deux enfants la plus jeune Chloé 5 ans enroulant ses bras autour de mon cou quand j'entrais dans son bureau, il était pourtant évident qu'un type comme lui ne quitterait jamais sa femme ou plutôt son épouse chérie tant qu'elle le supportait il ne pouvait pas trop en demander non plus surtout pas après le suicide de son père enfin l'accident qui avait débouché sur cet acte terrible et innommable _ il lui en avait toujours beaucoup voulu, surtout à cause du traumatisme occasionné et puis les enfants _ laissant derière lui une montagne de dettes et un fatras incompressible, les gens ne pouvaient pas comprendre à quel point c'était, et de toute façon j'étais un peu jeune, c'était sans doute mieux comme ça.
dimanche, décembre 31, 2006
Statement of purpose
Madame, Monsieur,
Venir étudier aux Etats-Unis fut pour moi l’aboutissement d’un long cheminement. J’ai en effet grandi bercée par Supertramp, sirotant un coca entre deux épisodes de Santa Barbara. Ce n’est pas un hasard si je me suis d’abord retrouvée à Lexington, capitale mondiale du cheval. Le cowboy Marlboro me faisait les yeux doux, je m’identifiais à Laura Ingalls, bref, je rêvais de grands espaces vallonnés et de fermes dont la boîte aux lettres en forme de fer à cheval serait au bout du chemin. C’est donc avant tout afin de poursuivre ce rêve que j’ai postulé à l’Université du Kentucky. Vous l’aurez compris : la possibilité qui m’était offerte de continuer mes études tout en enseignant n’a pas pesé lourd dans ma décision.
De la même façon, c’est à vous que je m’adresse aujourd’hui car je sais que vous pouvez m’aider à continuer ma route et achever ainsi mon rêve américain. Ce sont les feux de Broadway, les nuits de Soho, les restaurants de Chinatown que je veux désormais découvrir ! Je veux me balader sur Time Square et admirer les splendeurs du capitalisme ! Je veux faire un pèlerinage dans Central Park en écoutant le concert de Simon et Garfunkel, et éventuellement appeler l’unité spéciale pour les victimes après la découverte d’un cadavre!
Il est vrai que NYU possède des professeurs et des intervenants d’excellence, un institut d’études françaises et un centre à Paris. Mais, une fois encore, tout ceci est bien secondaire à mes yeux. Je vous parle de rêve et de sentiments, pas d’une vulgaire opportunité professionnelle. En m’acceptant au sein de votre université, vous ferez preuve non seulement d’intelligence (parce que bon, faut bien reconnaître tout de même que je suis surdiplômée), mais aussi et surtout d’humanité.
En espérant que votre cœur s’ouvrira et vous fera voir la lumière,
Je vous prie de recevoir, Madame, Monsieur, l’expression de mes respectueuses salutations.
Barbie
Venir étudier aux Etats-Unis fut pour moi l’aboutissement d’un long cheminement. J’ai en effet grandi bercée par Supertramp, sirotant un coca entre deux épisodes de Santa Barbara. Ce n’est pas un hasard si je me suis d’abord retrouvée à Lexington, capitale mondiale du cheval. Le cowboy Marlboro me faisait les yeux doux, je m’identifiais à Laura Ingalls, bref, je rêvais de grands espaces vallonnés et de fermes dont la boîte aux lettres en forme de fer à cheval serait au bout du chemin. C’est donc avant tout afin de poursuivre ce rêve que j’ai postulé à l’Université du Kentucky. Vous l’aurez compris : la possibilité qui m’était offerte de continuer mes études tout en enseignant n’a pas pesé lourd dans ma décision.
De la même façon, c’est à vous que je m’adresse aujourd’hui car je sais que vous pouvez m’aider à continuer ma route et achever ainsi mon rêve américain. Ce sont les feux de Broadway, les nuits de Soho, les restaurants de Chinatown que je veux désormais découvrir ! Je veux me balader sur Time Square et admirer les splendeurs du capitalisme ! Je veux faire un pèlerinage dans Central Park en écoutant le concert de Simon et Garfunkel, et éventuellement appeler l’unité spéciale pour les victimes après la découverte d’un cadavre!
Il est vrai que NYU possède des professeurs et des intervenants d’excellence, un institut d’études françaises et un centre à Paris. Mais, une fois encore, tout ceci est bien secondaire à mes yeux. Je vous parle de rêve et de sentiments, pas d’une vulgaire opportunité professionnelle. En m’acceptant au sein de votre université, vous ferez preuve non seulement d’intelligence (parce que bon, faut bien reconnaître tout de même que je suis surdiplômée), mais aussi et surtout d’humanité.
En espérant que votre cœur s’ouvrira et vous fera voir la lumière,
Je vous prie de recevoir, Madame, Monsieur, l’expression de mes respectueuses salutations.
Barbie
samedi, octobre 28, 2006
M. m'entraîna dans un magasin de cds-dvds. Je fouinai dans les bacs, égrénant des noms de chanteurs et musiciens qui m'étaient quasiment tous inconnus. Je tombai sur la BO de "Lost in translation", mais l'émotion qui me gagnait chaque fois que je pensais au film et à Scarlett Johansson mise à nu dans sa chambre d'hôtel à Tokyo semblait avoir disparu pour laisser la place à une sensation neutre et cotonneuse. Je restai plantée dans le rayon, perplexe, sans trop savoir quoi faire. Et puis ce fut comme une apparition. Les cheveux en bataille, l'air pensif, fatigué, comme s'il avait trop veillé. Et son regard, profond, semblant exprimer une indicible peine. Je me sentais chavirer, quelque chose en moi s'était brisé. Je tendis la main: "James Dean, Sweater". Je quittai le magasin en titubant. Je ne pouvais expliquer à M. qu'une simple photo m'avait bouleversée au point de me donner les larmes aux yeux.
jeudi, octobre 26, 2006
Rock'n Roll attitude
Il n'était pas très grand, le nez aquilain, les cheveux blancs et mi-longs, les yeux bleu clair. La moindre de ses paroles faisait réagir le public. Il était celui qu'on avait remplacé sans raison, sans doute parce qu'il était trop bon, et qu'il risquait de faire de l'ombre. Pete Best ne s'était jamais vraiment remis de cette décision, et cela faisait presque quarante-cinq ans qu'il parcourait le monde à la recherche de la reconnaissance qui sied à un batteur de son calibre. La salle était à moitié vide ce soir-là, mais l'essence des sixties, cette fièvre du rock'n roll qui s'était emparée de la jeunesse jusqu'à creuser un fossé de plus en plus profond entre les générations, était bien présente. Les membres du groupe, insipides et interchangeables, psalmodiaient des paroles à peine audibles, tandis que le Maître s'en donnait à coeur joie sur son instrument. Celui à qui l'on avait dit non était devenu celui qui avait dit non. Dans cette société en dégénérescence, il nous rappelait qu'il y avait eu un avant.
dimanche, octobre 22, 2006
"Mon existence s'était compliquée d'une existence nocturne entièrement différente. Le jour, j'étais un prêtre du Seigneur, chaste, occupé de la prière et des choses saintes; la nuit, dès que j'avais fermé les yeux, je devenais un jeune seigneur, fin connaisseur en femmes, en chiens et en chevaux, jouant aux dés, buvant et blasphémant; et lorsqu'au lever de l'aube je me réveillais, il me semblait au contraire que je m'endormais et que je rêvais que j'étais prêtre. De cette vie somnambulique il m'est resté des souvenirs d'objets et de mots dont je ne puis pas me défendre,..."
Théophile Gautier, La morte amoureuse.
J'ai plusieurs vies. Dès que je ferme les yeux, je me sens projetée dans un autre monde, inconnu mais familier. Je suis à C. et le centre-ville se trouve au bord de la mer. Je suis perdue, la carte géante de la ville et des environs est pourtant très claire: le centre-ville s'étend comme un bandeau le long de la mer du Nord. En contre-bas sont agglutinés des villages, tels que B., où j'ai passé mon enfance. Je sais que j'habite dans une rue proche, perpendiculaire, mais les noms que je déchiffre sur le plan ne m'évoquent rien. Et la voiture de mon amie, le point de repère infaillible, a disparu. Mais il faut pourtant que je retrouve cette maison, ou lui me retrouvera. Ce gros bonhomme autoritaire m'engueule comme s'il était mon père et me bat comme s'il pensait en avoir le droit. Planquée sous la table de la salle à manger de la voisine, j'aperçois les rosiers et les arbres du jardin. Ne pas me relever, il pourrait me voir, il a des yeux partout. H. décide d'y retourner, il n'a pas l'air trop en colère contre elle. "Je prends la voiture, il te sera facile de la repérer." Il ne faut pas qu'il me voie. Je pense l'avoir semé, mais je ne trouve plus la voiture. L'angoisse m'étreint, je suffoque, les muscles de ma nuque se crispent. Le réveil sonne, et j'éprouve toujours cette douleur dans le cou et à l'estomac, cette sensation d'être en péril. Les images de ma vie nocturne me hantent et me submergent. Je me heurte à une réalité incompréhensible et incongrue, le contact de mes pieds nus sur la moquette me donne des frissons. Le visage qui apparaît dans le miroir ne ressemble en rien à celui qui était le mien quelques heures auparavant. Je revois l'expression de colère et de cruauté sur le visage de l'homme, et je ne peux m'empêcher de m'inquiéter du sort de cette amie, de cette soeur qui est retournée là-bas.
Théophile Gautier, La morte amoureuse.
J'ai plusieurs vies. Dès que je ferme les yeux, je me sens projetée dans un autre monde, inconnu mais familier. Je suis à C. et le centre-ville se trouve au bord de la mer. Je suis perdue, la carte géante de la ville et des environs est pourtant très claire: le centre-ville s'étend comme un bandeau le long de la mer du Nord. En contre-bas sont agglutinés des villages, tels que B., où j'ai passé mon enfance. Je sais que j'habite dans une rue proche, perpendiculaire, mais les noms que je déchiffre sur le plan ne m'évoquent rien. Et la voiture de mon amie, le point de repère infaillible, a disparu. Mais il faut pourtant que je retrouve cette maison, ou lui me retrouvera. Ce gros bonhomme autoritaire m'engueule comme s'il était mon père et me bat comme s'il pensait en avoir le droit. Planquée sous la table de la salle à manger de la voisine, j'aperçois les rosiers et les arbres du jardin. Ne pas me relever, il pourrait me voir, il a des yeux partout. H. décide d'y retourner, il n'a pas l'air trop en colère contre elle. "Je prends la voiture, il te sera facile de la repérer." Il ne faut pas qu'il me voie. Je pense l'avoir semé, mais je ne trouve plus la voiture. L'angoisse m'étreint, je suffoque, les muscles de ma nuque se crispent. Le réveil sonne, et j'éprouve toujours cette douleur dans le cou et à l'estomac, cette sensation d'être en péril. Les images de ma vie nocturne me hantent et me submergent. Je me heurte à une réalité incompréhensible et incongrue, le contact de mes pieds nus sur la moquette me donne des frissons. Le visage qui apparaît dans le miroir ne ressemble en rien à celui qui était le mien quelques heures auparavant. Je revois l'expression de colère et de cruauté sur le visage de l'homme, et je ne peux m'empêcher de m'inquiéter du sort de cette amie, de cette soeur qui est retournée là-bas.
Secret d'enfant
Quand j'étais petite fille, je me plaisais à filer en douce dans le grenier de mes grands-parents. On y accédait en ouvrant une trappe qui déroulait un escalier grinçant et assez raide. Je surmontais mon vertige pour aller fouiller dans le vieux placard installé dans un coin de la pièce, et j'en sortais les magazines lus par mon père et mes tantes quand ils étaient enfants. Je lisais certains articles, il m'arrivait même de faire les jeux et activités manuelles proposés dans le supplément. Le plaisir de la lecture se mêlait au plaisir de l'interdit. Je savais inconsciemment que je tentais de m'approprier des objets et des moments qui n'étaient pas les miens, et je fouinais dans ce passé avec délice, ouvrant les cartons poussiéreux qui portaient le prénom de mon père. Je tombai un jour sur une écriture adolescente que je ne connaissais pas, celle d'un élève peu appliqué qui n'apprenait pas ses verbes irréguliers allemands. L'homme sévère et exigeant qui me sermonnait quand mes résulats scolaires lui semblaient insuffisants, mon père, avait été autrefois ce jeune rebelle imperméable à la rigueur de la grammaire allemande. J'avais alors 8 ans, et ce 4 sur 20 me donnait un air de triomphe, m'offrait l'opportunité de répliquer, voire même de demander des explications. Je n'osai pas cependant emporter mon trophée. J'avais beaucoup trop de respect pour ce temple rempli des trésors de l'enfance de mon père. Je décidai de savourer ma victoire en secret, ne lui dévoilant que bien des années plus tard que je connaissais sa faiblesse.
jeudi, octobre 12, 2006
Vive Halloween!
Un parc d'attraction de Toronto, "Six Flags", propose à ses visiteurs un concours du plus gros mangeur de cafards pour fêter Halloween. Le gagnant se verra attribuer des pass pour toute l'année 2007 pour 4 personnes, qui correspondent à des entrées gratuites et des avantages VIP tels que la priorité à l'accès de certaines attractions. Une association de défenses des animaux, la PETA (the People for the Ethical Treatment of Animals) a essayé d'obtenir l'annulation du concours, sans succès.
Le record à battre est détenu par un Anglais, Ken Edwards, qui avait dévoré 36 cafards de Madagascar en 1 minute.
article de Reuters
Le record à battre est détenu par un Anglais, Ken Edwards, qui avait dévoré 36 cafards de Madagascar en 1 minute.
article de Reuters
mardi, octobre 10, 2006
Chanson naze
J'en ai marre des cafards
Y en a même jusque dans mon plumard
Celui-ci grimpe sur la table
Celui-là dans mon cartable
Celui-ci court sous le meuble
Celui-là tombe du placard
Un troisième boit de la liqueur
Et un autre meurt de trop boire
Y en a même jusque dans mon plumard
Celui-ci grimpe sur la table
Celui-là dans mon cartable
Celui-ci court sous le meuble
Celui-là tombe du placard
Un troisième boit de la liqueur
Et un autre meurt de trop boire
Empreinte du temps
"Très vite dans ma vie il a été trop tard. A dix-huit ans il était déjà trop tard. Entre dix-huit ans et vingt-cinq ans mon visage est parti dans une direction imprévue. A dix-huit ans j'ai vieilli. Je ne sais pas si c'est tout le monde, je n'ai jamais demandé. Il me semble qu'on m'a parlé de cette poussée du temps qui vous frappe quelquefois alors qu'on traverse les âges les plus jeunes, les plus célébrés de la vie. Ce vieillissement a été brutal. Je l'ai vu gagner mes traits un à un, changer le rapport qu'il y avait entre eux, faire les yeux plus grands, le regard plus triste, la bouche plus définitive, marquer le front des cassures profondes. Au contraire d'en être effrayée j'ai vu s'opérer ce vieillissement de mon visage avec l'intérêt que j'aurais pris par exemple au déroulement d'une lecture. Je savais aussi que je ne me trompais pas, qu'un jour il se ralentirait et qu'il prendrait son cours normal. Les gens qui m'avaient connue à dix-sept ans lors de mon voyage en France ont été impressionnés quand ils m'ont revue, deux ans après, à dix-neuf ans. Ce visage-là, nouveau, je l'ai gardé. Il a été mon visage. Il a vieilli encore bien sûr, mais relativement moins qu'il n'aurait dû. J'ai un visage lacéré de rides sèches et profondes, à la peau cassée. Il ne s'est pas affaissé comme certains visages à traits fins, il a gardé les mêmes contours mais sa matière est détruite. J'ai un visage détruit."
Marguerite Duras, L'Amant
Marguerite Duras, L'Amant
dimanche, octobre 01, 2006
Villon le bohémien
"En ce Paris des années 1450, les diplômés universitaires étaient nombreux, trop nombreux pour trouver tous, rapidement, leur insertion dans la vie sociale et professionnelle: inactifs, désargentés, certains ne tardent pas à tourner mal, selon un processus de marginalisation progressive (...). Villon, apparemment, fut de ceux-là. Ses textes conservent l'écho des chahuts estudiantins auxquels il a sans doute participé: enlèvement de bornes, comme celle du Pet-au-Diable, dont il prétend avoir écrit le "roman", vol et mariage loufoque d'enseignes de maisons, heurts parfois violents avec la police, qui conduisent en 1453 à la suspension des cours."
Villon, Poésie complète, Introduction de Claude Thiry
Comment ne pas être frappé par l'actualité de cet extrait? Avons-nous donc si peu progressé en 6 siècles?
Il est par ailleurs intéressant de découvrir la vie de bohémien et de bandit du poète Villon, ce qui apporte un éclairage tout différent à son oeuvre. Ce jeune homme qui devient brigand, malgré une éducation accomplie. En 1455, il tue un prêtre accidentellement (légitime défense). Quelques années plus tard, il organise des vols, est mêlé à des bagarres et se retrouve en fuite, vivant parmi les saltimbanques. Il fait plusieurs séjours en prison, avant d'être condamné à être "étranglé et pendu". Il obtient grâce devant le Parlement de Paris, qui le condamne à 10 ans de bannissement de la ville. C'est suite à cette sentence qu'il disparait, définitivement.
Ses poèmes transcrivent cette marginalisation faite de fuites, d'emprisonnement et de Louange à la Cour, "testament" qu'il a souhaité laissé à la postérité.
Villon, Poésie complète, Introduction de Claude Thiry
Comment ne pas être frappé par l'actualité de cet extrait? Avons-nous donc si peu progressé en 6 siècles?
Il est par ailleurs intéressant de découvrir la vie de bohémien et de bandit du poète Villon, ce qui apporte un éclairage tout différent à son oeuvre. Ce jeune homme qui devient brigand, malgré une éducation accomplie. En 1455, il tue un prêtre accidentellement (légitime défense). Quelques années plus tard, il organise des vols, est mêlé à des bagarres et se retrouve en fuite, vivant parmi les saltimbanques. Il fait plusieurs séjours en prison, avant d'être condamné à être "étranglé et pendu". Il obtient grâce devant le Parlement de Paris, qui le condamne à 10 ans de bannissement de la ville. C'est suite à cette sentence qu'il disparait, définitivement.
Ses poèmes transcrivent cette marginalisation faite de fuites, d'emprisonnement et de Louange à la Cour, "testament" qu'il a souhaité laissé à la postérité.
mardi, septembre 05, 2006
Histoire de Q
Après les faux-cols, les faux-plis et les faux seins, la mode est désormais aux fausses-fesses. Je parle de vrais coussinets à placer sur le postérieur, pour donner l'impression d'avoir une chute de reins à la Betty Boop.
Histoire de ne pas avoir un gros cul, mais plutôt un haut cul, donc forcément beau cul.
Ah, les faux-culs.
Histoire de ne pas avoir un gros cul, mais plutôt un haut cul, donc forcément beau cul.
Ah, les faux-culs.
mardi, août 29, 2006
Histoire d'L
En mai 1856 est annoncé la parution de Madame Bovary de Gustave FAUBERT. L'auteur est furieux de cette erreur, puisqu'il s'agit du nom d'un épicier fort connu à l'époque(!). Cette coquille n'est que le début des problèmes de Flaubert, dont le roman sera "modifié pour la publication" (comprenez censuré) avant que ce dernier soit inculpé d'"outrage à la morale publique et religieuse" et d'"outrage aux bonnes moeurs".
Le 17 août 2006, le célèbre quotidien du soir Le Monde annonce dans sa newsletter la victoire de l'équipe de France contre la Bosnie (2-1) sur un but de FLAUBERT. Une façon de rendre hommage (et justice) à l'auteur de Madame Bovary.
Le 17 août 2006, le célèbre quotidien du soir Le Monde annonce dans sa newsletter la victoire de l'équipe de France contre la Bosnie (2-1) sur un but de FLAUBERT. Une façon de rendre hommage (et justice) à l'auteur de Madame Bovary.
mercredi, août 16, 2006
Pré-histoire
L'odeur de l'herbe fraîchement coupée. Vincent Delerm rasé de près. Les tondeuses décidément pullulent.
Il est temps d'aller chez le coiffeur.
Il est temps d'aller chez le coiffeur.
dimanche, août 06, 2006
Pas venu pour rien
Un de mes étudiants Américains a découvert pendant notre leçon sur les prépositions de lieux que le Colorado n'est pas une ville, mais un Etat. Mais, a-t-il alors précisé, je n'y suis jamais allé.
C'est vrai, ça, on peut pas tout savoir.
C'est vrai, ça, on peut pas tout savoir.
mardi, juillet 25, 2006
Aux armes (etc)
Comme il y a un petit moment que je n'ai pas posté, voici un deuxième post dans la foulée (je sais, ma générosité me perdra... ;p).
Pas grand chose, juste un truc que j'ai découvert par hasard il y a quelques jours. Une candidate républicaine à l'élection de gouverneur dans le Nevada:

Elle s'appelle Melody ("Mimi" Damayo), et c'est une ancienne porno-star.
On est loin de l'adorable garçonne. Ca n'étonnera (par contre) personne que nombre de mecs veuillent la prendre... (vous connaissez la suite)
Pas grand chose, juste un truc que j'ai découvert par hasard il y a quelques jours. Une candidate républicaine à l'élection de gouverneur dans le Nevada:

Elle s'appelle Melody ("Mimi" Damayo), et c'est une ancienne porno-star.
On est loin de l'adorable garçonne. Ca n'étonnera (par contre) personne que nombre de mecs veuillent la prendre... (vous connaissez la suite)
Inscription à :
Articles (Atom)