lundi, janvier 20, 2020

Nevermind

Je me couche sur le sol
Je regarde le ciel étoilé
Sans toi
La nuit s'étend à perte de vue
Les nuages ont disparu
La ville s'étend à perte de vue
J'aurais aimé te sentir contre mon coeur
J'aurais aimé que l'espace tout autour soit empli de ta présence
J'aurais aimé qu'il fasse froid
Sans toi
Mais la chaleur de l'Arizona m'enivre
Et je plonge dans la piscine
Et je songe à Halloween
Ma robe noire de veuve
Mes gants et mon chapeau
Tu étais là pourtant
Tu portais la mort sur la peau
L'insouciance des oripeaux
Je t'aimais d'un amour sans fard
Mais ton coeur voyageur est parti

mardi, janvier 14, 2020

I do not love you except because I love you

J'ai glissé vers la folie
Parce que tu n'es pas là
Parce que tu n'as pas écouté
Ma voix
Je me suis perdue dans le désert
Ou était-ce dans un bois
Ton visage a disparu depuis longtemps
Et le jour ressemble à la nuit
Et l'amour ressemble à l'ennui
Je ne veux plus que le soleil éclaire la fenêtre de notre chambre

samedi, décembre 28, 2019

L'attente

Je ne peux plus t’attendre
Je ne peux plus laisser les soleils se lever à l’infini
Dans l’espoir de ton retour
Dans l’espoir de ton amour
Chaque jour qui passe efface
Nos traces de pas dans le sable
Je dessine ta présence du bout des doigts
Mais j’oublie les contours de ton âme
Je sens ta main sur ma nuque
Pour la première fois
Tatouage invisible
Délicieux cadenas
Tu es toujours là

mercredi, décembre 25, 2019

Avec elle

Tu déroules le fil de ta vie
Votre rencontre en plein soleil
Lumineuse magnétique
Tourbillonnante
Après les premières pluies elle est toujours là
Elle ne s’en ira pas
Du moins pas maintenant pas comme ça
Elle reste plantée devant toi
Ce mystère empoisonné qui t’étouffe
Cette part d’ombre
Qui couvre ton cœur à demi
Ne l’effraient pas

dimanche, décembre 22, 2019

L'heure absolue

Quand je suis avec toi, l'horloge affiche l'heure absolue, la seule qui compte, celle qui s'étend à l'infini. Mon cerveau, perdu dans cette forêt vierge indomptable, prend le rythme de mon coeur, et survit à l'instinct. Hâppée par la beauté de ta nature, je me laisse guider, les yeux bandés. Les sentiers inconnus me sont doux et excitants. Tu me mènes à la source mais, au moment de m'y plonger, je m'effondre. Ai-je le droit d'y goûter? Quel sera le prix à payer? Est-ce vraiment moi que ton coeur a choisie?

L'insomnie

Quand tu
Alors je
Et mon coeur cogne contre ma tempe
Ma chair de poule sous tes doigts
Ma langue dans ta bouche
Tes yeux
Je ne les regarde pas
De peur d'y voir la profondeur
De ta douceur
De peur d'y voir toutes nos douleurs
Unies sublimées réparées
De peur d'y voir l'intemporel l'absolu
Ce puits sans fond qui nous appelle
Nous sommes assis au bord de l'éternité

dimanche, avril 15, 2018

J'ai posé les yeux sur toi
Et mon coeur qui tous les jours rêve d'ailleurs
Tous les jours s'enfuit loin d'ici
Mon coeur s'est arrêté
De voyager

L'hiver

J'étais seule
Devant la machine à café
Et quand le percolateur s'est arrêté
J'ai compris
J'ai compris tes silences et mes insomnies
J'ai compris tes absences et ma nostalgie
J'ai posé le café froid
Sur la table
J'ai regardé par la fenêtre
L'hiver s'étendait à perte de vue

lundi, janvier 01, 2018

Le passant

Tu t’es levé tu es parti
Et je suis restée
Assise à cette table
La table où l’on avait mangé le gâteau au citron
Et parlé de films et de livres et de souvenirs
Et peut-être aussi de l’avenir
Je n’ai pas bougé
Du moins pas tout de suite
J’ai attendu que tu reviennes
J’ai attendu que tu comprennes
Toi le passant qui as traversé ma vie
Et j’ai couru dans le soir
J’ai crié ton nom dans le noir
J’ai allumé la lumière je me suis redressée
Dans ce lit grand et froid
Dans ce lit où je ne te cherche pas

dimanche, octobre 01, 2017

Le jour J

Quand le temps est venu de se séparer
Mais que nos cœurs ne savent plus où aller
Habitués qu’ils étaient
A toujours se côtoyer

Rose Street

Je m’accroche au souvenir de nous
Il y a dix ans
Qui ne tient qu’à un fil
You look cute
I care about you
Et toutes ces choses qu’on dit
Quand on sent un cœur se dessiner sur le foie
Mais je t’ai poussé dans d’autres bras
She’s better looking
She’s smarter
Et moi j’étais là
De l’autre côté de la vitre
Je vous voyais rire dans le coffee shop
Sur Rose Street

vendredi, janvier 20, 2017

Tu n’avais pas vu mes yeux bleus
Tu ne les avais pas remarqués
Dans l’obscurité
Je suis passée inaperçue
Telle une ombre sur le mur
Qui rétrécit quand tu surgis
Qui danse et qui s’efface
Toi tu prends toute la place
Et dans ton œil grand ouvert
J'ai vu la vie rêvée
La vie que je n’aurai jamais
Une vie belle et simple et douce
Au creux de tes bras
Alors j’ai posé sur ta joue un baiser
Avant de parler du temps qu’il fait
Et des hommes que j’ai aimés
Avant de faire semblant
Que tu n’es pas de ceux-là


dimanche, janvier 15, 2017

J’ai si mal que je voudrais
Que mon cœur soit élastique
Que tu ne laisses aucune empreinte en moi
Que tu m’aies juste effleurée du bout du doigt
J’aurais à peine senti ta présence
Comme une piqûre vite oubliée
Comme une piqûre qui disparaît
En un jour ou deux
J’ai si mal que je ne peux plus aimer
Pas maintenant
Pas tout de suite
Peut-être plus jamais
J’ai si mal que je voudrais
Pouvoir te regarder
Pouvoir être à tes côtés
L’espace d’un instant
Le temps de verser le café dans la tasse
De monter les marches de l’escalier
D’attendre la sonnerie du micro-ondes
J’ai si mal que je voudrais
Oublier ta voix
Cette voix douce qui me transperce
A chaque fois
Je voudrais que le temps passe plus vite
Ou alors plus lentement
Je ne supporte plus le présent
Sans toi

mardi, janvier 10, 2017

Lettre morte

A toi qui ne liras jamais ces lignes
Toi qui ne verras jamais mes yeux humides
Toi qui ne sauras jamais combien je t’aime
Toi le déserteur
Toi le dormeur du val
Ton sourire hante mes nuits et mes souvenirs
Tu embrasses ma joue
Ta main glisse sur ma hanche
Ta bouche me cherche dans la pénombre
Et je sombre
Mais tout s’efface et tu disparais
Dans le grenier de mon cœur

vendredi, janvier 06, 2017

Empreinte

Quand je pose la main sur mon cœur
Je sens l’empreinte que tu as laissée
Je lis en braille tout ce que ça m’a fait
De te connaître de t’aimer
De partager en secret
La douceur de s’apprivoiser
Je me rappelle l’évidence de notre premier baiser
Ton sourire triste et mon impatience
Tu savais déjà la douleur et le désespoir
Tu savais déjà les nuits sans sommeil et les jours sans soleil
Tu savais ma joue humide
Tu savais ma main tremblante
Tu savais tout ce qu’on peut savoir quand on aime absolument
Tu ne me l’as pas dit

lundi, janvier 02, 2017

La fin

Je me suis blottie dans tes bras
Enveloppée par ton silence
Dévastateur
Assourdissant
J’ai senti les battements de ton cœur se ralentir
Alors je me suis préparée
A mourir avec toi
Dans cette chambre aux murs nus
Emplie d’histoires et de souvenirs sans importance
Ta main n’a pas quitté la mienne
Cet après-midi-là
Ta main ne quittera jamais la mienne


jeudi, décembre 29, 2016

Négatif

Ne pas te parler ce soir
Ne pas penser à ton visage ni à tes mains
Que j’ai envie de caresser pourtant
Ne pas imaginer
Ce que tu fais ni les endroits où tu vas
Sans moi
Ne pas pleurer
Ne pas boire jusqu’à oublier qui je suis
Jusqu’à ce moment où ta présence s’éloigne enfin
Noyée dans la moiteur du présent
Ne pas garder les yeux ouverts dans mon lit
Ne pas visualiser tout ce qui aurait pu être
Ton corps à côté du mien
La tasse de café dans l’évier
L’ampoule à changer
Le linge à laver
Les factures à payer
Le bonheur banal
Ne pas te dire que je voulais tout ça et plus encore
Ne pas te dire que je voulais prendre le plus grand risque
Ne pas y penser

dimanche, octobre 23, 2016

Si seulement

Ta silhouette derrière la vitre
Et déjà ton odeur
Tu n’as pas encore passé la porte
Et déjà ta bouche
Quand j’ai droit à ta présence
Quand ton regard se pose sur moi
Quand tes mains effleurent
Mon cœur qui s’arrête
Des minutes entières
Suspendue à ces lèvres que je n’ai pas goûtées
J’attends le moment où tu te penches
J’attends ces secondes où tu déposes
Sur ma joue un baiser
Il semble que si mon cœur frémit
De milliers de battements
Qui me maintiennent en vie
C’est pour cet instant infime
Où mon visage inconsolable
S’approche du tien

mardi, février 05, 2013

Knock knock

Knock knock
I know who’s there
Sa bouche dans l’obscurité délicieuse
Et sa main dans mon cou
Alors il
Longuement
Et je
Impatiemment
Puis nous
A Montpellier
A Paris
A Doha
Dans toutes les villes à la fois
Et à toutes les époques
Conquérons la nuit
Jusqu’aux premières lueurs
Jusqu’à mes cuisses frissonnantes
Jusqu’à son dos ruisselant
Jusqu’au silence

lundi, janvier 21, 2013

Nikita

-I don’t even know your name. Maybe it’s Nikita.
-Maybe it is.
Un sentiment de liberté m’envahit. Je pouvais décider d’être n’importe qui, ça n’avait aucune importance. Ne comptaient que nos corps enlacés, nos corps qui s’étaient plu et trouvés, facilement, sans détours inutiles et sans raccourcis, et qui assumaient pleinement l’assouvissement d’un désir instantané. J’étais surprise de la simplicité de nos échanges. Il n’y avait entre nous aucune gêne, aucun ennui, aucune déception. Il n’y avait que l’instant, qu’il faisait durer en douceur, et je profitais avec délice de son savoir-faire et de sa plastique irréprochable. Je repensais à l’enchainement des événements qui m’avaient amenée dans cette chambre. Ses chaussures d’un goût douteux, sa chemise bleu clair qui laissait deviner un corps musclé, son sourire charmeur, sa voix étonnamment calme et douce. Le passeport oublié au 49ème étage, la vue imprenable sur tout Doha, la bière sans alcool et sa main dans mes cheveux. Je rezippai ma robe et enfilai mes talons. Dans l’ascenseur, je voyais les chiffres défiler. Il m’appellerait, il insistait. Je réalisai que je n’en avais pas besoin. J’esquissai un sourire dans la limousine.

dimanche, janvier 13, 2013

Une semaine avant la nuit

Juste une semaine avant la fin
Avant que tu me dises qu’il est trop tard
Que nos vies à un fil ne tiennent plus
Qu’il faut partir
Que ton cœur a perdu le rythme
Le soleil rougit dans le lointain
Je le regarde disparaître à l’horizon
Et la nuit s’installe
Froide solitaire interminable

mercredi, janvier 09, 2013

Entre les lignes

Ce que j’aime imaginer : « Mon cœur ne bat plus. Il s’est arrêté le jour où tu es partie. Il s’est arrêté pour de bon. Je crois qu’il ne battra jamais plus. »
Ce que tu m’as dit : « Je t’ai aimée, je crois. Beaucoup. Mais je ne sais pas ce que je veux vraiment. Je ne sais plus. Je sais que tu ne reviendras pas. »
Ce que tu as pensé: « Je ne t’ai jamais aimée comme toi tu m’as aimé. Je n’ai jamais voulu m’engager. »

mardi, janvier 08, 2013

Deux hivers

Je pensais encore à lui, mais les souvenirs étaient plus lointains et plus espacés. Il avait trouvé sa place dans le grenier de mon cœur. J’irais voir nos photos dans quelques heures ou dans quelques années, sans regret, sans remords. Un sourire se dessinerait sur mon visage. Un sourire tranquille que je n’espérais plus. Mais le refus d’avoir été abandonnée sera remplacée par l’inévitabilité de la solitude. J’avais longtemps entendu sa voix dans ma tête qui m’encourageait. Je devrai désormais affronter le silence et ses angoisses existentielles, me retrouver face à mes propres contradictions. Partir ou rester. Pour quoi, pour qui, avec qui. Me perdre dans le travail et me protéger. Accepter la possibilité d’une vie solitaire à l’infini. Avoir la conviction d’être plus forte que ça.

dimanche, janvier 06, 2013

Le jour où

Le jour où il m’a caressé les cheveux, le jour où sa langue a trouvé la mienne, enfin, le premier janvier de cette année-là, j’ai senti mon cœur chavirer, glisser, s’échapper de ma poitrine. Et cet homme que je croyais connaître était encore plus doux que dans mon souvenir et quand il s’était approché de moi et m’avait demandé en m’embrassant s’il pouvait dormir dans mon lit, j’avais vu dans ses yeux une tendresse que je ne soupçonnais guère.

mercredi, décembre 26, 2012

Longtemps

Longtemps j’ai eu très mal
Je regardais les couples et leurs mains
Les miennes douces pourtant se serraient dans mes poches
Comme je continuais à marcher le long de la Deûle
Mais Noël est arrivé
Le deuxième sans toi
Je ne te cherche plus des yeux
Je ne te reconnais plus dans les rues
Je ne t’appelle plus
Ou presque
Mon cœur s’est arrêté
De saigner
Et ton départ est une cicatrice corolle
Tatouage lumineux que je n’espérais plus

jeudi, décembre 06, 2012

Ad vitam

Il est là
Il m’attend sourire aux lèvres
Dans les draps
Où nous avons refait le monde
Chaque jour qui s’achève est un jour sans lui
Je les compte inlassablement
Pour mieux ressentir son absence
Les heures les minutes les secondes
N'en finissent pas de s'écouler
La soif me reprend et je cherche un peu d'ombre
Mais le désert s’étend à perte de vue

samedi, octobre 13, 2012

Au loup!

Je ne sais pas comment réagir. Je n’étais pas préparée à ça. Je ne sais pas comment réagir, alors je ne réagis pas. Je fais cuire du saumon et des légumes. Et alors que j’enfournais le dernier morceau dans ma bouche, j’ai eu envie de vomir. Je me suis précipitée vers les toilettes et tout est sorti d’un coup. Mon estomac était vidé mais la nausée est restée. Elle ne s’en va pas. Je ne peux pas la faire partir. Aucun médicament ne la soulage. Aucun docteur ne peut la soigner : « Prenez ça et dans quelques jours, vous verrez, il n’y paraîtra plus. » Si, il y paraîtra encore. Il y paraîtra toujours.
Les scénarii se bousculent dans ma tête. J’imagine mon père dans une salle de classe. Il a trouvé un prétexte pour faire rester ce petit garçon un peu plus longtemps. Peut-être qu’il l’a privé de récréation. Mon père me disait souvent qu’il aimait particulièrement les enfants en difficulté. Le petit garçon s’appelle Justin. Il a des problèmes de comportement. Forcément. Il a une vie difficile à la maison. Evidemment. J’imagine facilement le choix de la proie, mais je n’arrive pas à imaginer comment les attouchements ont commencé. Je n’ai pas l’esprit suffisamment tordu pour penser aux mots qu’il a employés pour se rapprocher de lui physiquement. Mon écran intérieur se noircit et je ne vois plus rien. Je ne veux pas, je ne peux pas visualiser les gestes exacts, les positions précises, les regards pervers d’un côté, perdus de l’autre. J’ai une irrépressible envie de hurler. Mais le hurlement reste coincé dans ma gorge, en haut, juste avant de faire résonner la glotte. Il n’en sort qu’un grognement sourd et bref. Les affaires, elles aussi, ont toutes été étouffées. Question de réputation. Question de milieu social. Et puis, il s’agit peut-être d’un geste mal interprété ; d’un enfant affabulateur comme il en existe beaucoup. Un enfant qui crie au loup. Un de plus.

mercredi, août 08, 2012

L'homme qui danse

Tout est clair, à présent, mais rien n’est éclairci. Je suis une enfant perdue. Je me suis longtemps regardée, intriguée, à travers la vitre. Je me suis vue souffrir et lutter, sans succès, jusqu’à l’épuisement. Je voyais des bouts d’action en gros plan. Je voyais des expressions et des marques sur la peau. Je voyais des bras et des jambes. Je me vois aujourd’hui d’en haut. Je vois les chemins que j’ai pris, les détours et les impasses. Les cercles de l’enfer, tracés par mon père. J’ai beau vouloir m’en éloigner, j’ai beau chercher à m’aventurer dans des contrées lointaines, je finis par rejoindre, invariablement, les chemins que je connais. J’ai été programmée à reproduire ad nauseam des schémas imprimés en moi par mes parents. Une vie pour rien, en somme.
Dans la glace, un corps élastique qui suit les variations de l’exercice physique; un visage dont les traits subissent le passage du temps. Je suis la seule à savoir mon cœur meurtri, marqué au fer rouge. Parfois, je mets la main sur ma poitrine pour sentir la cicatrice laissée par le métal brûlant. Elle se manifeste au détour d’une chanson ; je le vois seul, faisant d’une activité partagée un plaisir égoiste et solitaire, les mouvements saccadés de son corps qui suivent le rythme. Personne d’autre n’a jamais compté. Personne d’autre n’a jamais existé en dehors de lui-même. Il me frôle en quittant la pièce. Sur son visage, un sourire diabolique empreint de satisfaction.

jeudi, août 02, 2012

Le lac

Il faisait chaud ce jour-là sur le lac
Et les lumières ne m’impressionnaient pas
Une famille s’était installée sur le banc derrière nous
Les enfants riaient
On s’amuse d’un rien à leur âge
J’écoutais tes arguments ou plutôt
Je me laissais séduire par le son de ta voix
Soudain j’ai oublié que j’étais là
Au bord du lac artificiel
J’ai oublié la végétation inexistante et le bitume qui gâchait tout
J’ai oublié les cloques à mes pieds
J’ai oublié ma voiture qui fuyait
Quand tu as posé tes lèvres sur les miennes

dimanche, juillet 22, 2012

C’était bien lui
Je ne voyais que ses jambes alors
J’étais trop petite
Et lui trop grand
Ses chaussures à bout métallique luisaient
Et quand il s’éloignait un peu
Je filais comme une anguille
Sans me retourner

Dans ma chambre solitaire au papier peint déchiré
Mon refuge
Mon trou à rats
Quelle chance
Vraiment
Quelle chance
Disait Barbie à Ken

Il salissait tout
Barbiturique
Klaus Barbie
C’est drôle
Tu ne comprends pas, c’est tout
L’ut est russe
Et les hommes sont supérieurs
Forcément

Mais mon cœur poignardé
Déchiré
Coule à flots
Et le temps et les gens
N’y changent rien
Tu t’en sors bien
Tu n’es pas comme lui
Mais qui suis-je
Mais qui suis-je

dimanche, juin 03, 2012

-Pas d’autre nouvelle de ton côté ?
-Non, non. Rien de spécial. Je te tiens au courant, de toute façon.
-Ok. A plus tard, alors.
La voix de mon père s’éteignit dans mon dos et je continuai machinalement à laver la casserole. Je ne parvenais pas à réaliser que je venais de le voir pour la dernière fois. Bientôt, les traits de son visage s’effaceraient de ma mémoire et le timbre de sa voix se noierait dans le flot des souvenirs. Seule une ombre mouvante subsisterait, dont la silhouette décroissante finirait bien par disparaître. Quand mon grand-père était mort, je ne pouvais plus dormir. J’aurais voulu que le temps s’arrête et grave à jamais dans ma mémoire tout ce qu’il était : ses gestes, les expressions sur son visage, le son de sa voix. Chaque jour qui passait nous éloignait plus encore et je regardais impuissante s’effilocher mes souvenirs. A présent, je cherchais désespérément à oublier un être qui était bien vivant. Mais mon père n’était qu’un simulacre d’être humain. Je voyais ses lèvres remuer, je sentais l’odeur de son eau de toilette, j’entendais les battements de son cœur, et pourtant son absence d’humanité me sautait au visage. Derrière les gestes de tragédien et les rires de galopin se cachait un être froid et monstrueux qui prenait plaisir à m’humilier, me rabaisser, me déprécier. Je m’étais souvent rebellée ; parfois, j’avais capitulé. Aujourd’hui, je me protégeais enfin. La porte claqua. De grosses larmes se mirent à couler sur mes joues et je sentis ma main se crisper sur le rebord de l’évier. J’aurais voulu hurler ma haine et mon dégoût ; j’aurais voulu qu’il paye ; j’aurais voulu que le monde sache. Au lieu de cela, il vaquait tranquillement à ses activités habituelles. Peut-être même qu’il l’emporterait au paradis. Qu’est-ce que j’en savais, après tout.

samedi, juin 02, 2012

Cadeau empoisonné

Le papier cadeau me fait mal
Les plis accordéon et les angles droits
Tu les as faits et refaits
Avec cette patience légendaire
Que tu n’as jamais eue avec moi
Je te regardais invisible derrière la vitre

Tu ne m’as jamais vue car j’étais trop petite
Trop bruyante et trop têtue
Trop lointaine aussi
Inatteignable

Alors tu as appuyé bousculé chahuté
Mon cœur
Tu l’as pris battant entre tes mains froides
Comme la lame lancinante du couteau qui l’a lacéré
Encore et encore
Et tu l’as replacé béant dans ma poitrine
Avec un sourire tranquille

Tu ne sauras jamais combien je t’ai aimé
Papa

mardi, mars 13, 2012

A la manière de...

Des milliers et des milliers d’années ne sauraient suffire pour dire
L’horreur de la petite seconde
Où tu t’es effondrée
Où je t’ai rattrapée
Un midi dans la lumière de l’automne
Dans la cuisine familiale
A Looberghe
A looberghe
Sur la Terre
La Terre qui est désastre

lundi, mars 12, 2012

La légèreté, derrière le rideau, s’agite. Ou plutôt, c’est moi qui gigote en l’observant. Aurai-je le courage d’ouvrir la fenêtre pour la regarder en face ?

dimanche, février 19, 2012

Tous les horizons disparaissent les uns après les autres et les enfers s’ouvrent sous mes pieds. J’y tombe en douceur. J’ai toujours cru que ça se passerait de manière terriblement dramatique, au milieu des cris et des pleurs. Mais la réalité est saisissante de silence et de simplicité.

mardi, janvier 31, 2012

Invisible et insidieuse
Elle contamine l’eau que je bois
Tous les jours
Tu l’y as glissée sans remords
Tout le monde fait ça
Enfin voyons
Et je bois en silence
Ma mort goutte à goutte
Sous tes yeux

vendredi, janvier 20, 2012

La baignoire

L’eau du bain noircie
Te rappelle que la vie est longue
Un deux trois quatre cinq
L’eau disparaît mais la crasse reste
Coincée sur la paroi
Tu t’échines mais rien n’y fait
Alors tu fermes la porte de la salle de bains et tu aspires
A une vie meilleure
Mais ils guettent et conspirent dans l’ombre
Ils t’épient des voix s’élèvent
Tu les entends partout
Ils poussent la porte et s’approchent de la baignoire
Où tu es penchée
Le noir laisse place au rouge
Ne t’arrête pas de frotter

mercredi, janvier 18, 2012

La fuite en avant ça te connaît
Costa Rica Argentine Brésil
Tu cours sans te retourner
Les cheveux sur les yeux
Tu as le monde à tes pieds

Il est dix heures dans mon petit appartement

jeudi, décembre 15, 2011

Je ne sais plus comment rêver
Tu t’es juste un peu effacé
Comme le rouge au bout de mes orteils
Waterproof
Ton sourire me guette encore
Se glisse parmi les verts luisants
Dans le silence de la nuit
Et je rêve que tu rêves de nos étés
Mais la lumière de l’hiver
Blafarde
Aveuglante
Insolente
Transperce les persiennes et mes paupières

mardi, novembre 29, 2011

Tea time

All will end you say for we are doomed
Silently and irrevocably our hands will part
Hoping that I would let you swim in the mud
Vague desires invading your disquieted soul
And I serene strong earthy will know
That your soft hand needs mine
How else would I get my tea?

dimanche, novembre 27, 2011

Too slowly

Times passes too slowly
For I eyes wide open wait for the train
That will take me closer to you
And my eyes won't close
Not even for a second
Not even to let me dream of your bright hands
You and I as a whispering fantasy
Sometimes I can't see anything else
But fading visions of lust and fear disappearing
Too slowly
And you my sweet my salty my sour bonbon
You my excruciating bliss
Rest incessantly at the tip of my tongue

samedi, novembre 26, 2011

Quand tu pars

Quand tu pars je t’aime plus encore
Le lit s’agrandit mes bras s’allongent
Jusqu’à ton oreiller
Jusqu’à la trace que tu as laissée
Et je dors dans ton souvenir tiède
Et je rêve enveloppée dans les draps froissés
A ton retour

vendredi, novembre 25, 2011

Je m’endors ce soir en pensant à toi
A nos corps vibrant dans le noir
A nos mains qui s’égarent
A nos bouches qui s’assaillent
Au moment où l’éternité un instant surgit
Mais ton absence entêtante me tue du bout du doigt

mercredi, novembre 23, 2011

Mon loup
Je n'irai plus au bois
Sans toi

mercredi, novembre 16, 2011

La lettre

I received a letter yesterday
M ais j’avais peur de la lire
I did not open it
S ûrement un truc déplaisant
S urely I was not missing much
Y -a-t-il encore du thé dans ma tasse ?
O n such a cold November day
U n chocolat voilà ce qu’il me faudrait

mardi, novembre 15, 2011

The sweater

You like a warm sweater
Red and fluffy and loving
Cover my arms my shoulders my breasts
On a cold November night
And on my skin I feel the sweat
Running down my burning heart

dimanche, novembre 13, 2011

Waiting for you

Waiting for you in my chair
Like a starving cat I cannot purr
Waiting for you with my cup
Like a lonely lady I cannot smile

Waiting for you in my bed
Like a dying soldier I cannot rest
Waiting for you with my pen
Like a sad poet I cannot write

Waiting for you in the rain
Waiting for you on the train
Waiting for you on the plane
Waiting for you again and again
I always will be

mercredi, novembre 09, 2011

Ton écharpe

J’ai trouvé ton écharpe hier
Qui traînait dans un tiroir
Celle que tu portais
Le jour où je t’ai rencontré
Le jour où je t’ai aimé
Le jour où tu as parlé
De caisse et d’aspirateur

J’ai trouvé ton écharpe hier
Esseulée dans un placard
Celle qui s’enroulait
Et se déroulait
Dans la lumière de l’hiver

J’ai trouvé ton écharpe hier
Qui pleurait seule dans le noir
Alors je l’ai consolée

dimanche, novembre 06, 2011

As the sun rises over the lake
I will lie on your lap
And the Earth will stand still
Donne-moi tes mains que mon coeur s'y forme
S'y taise le monde au moins un moment
Donne-moi tes mains que mon âme y dorme
Que mon âme y dorme éternellement.

Louis Aragon

J'avais ces mots en tête aujourd'hui.

samedi, novembre 05, 2011

Il y a des jours comme ça où les mots ne veulent rien dire. On a beau les tourner dans tous les sens, on a beau les regarder sous toutes les coutures, ils sont juste un tas de lettres plus ou moins espacées qui dansent sur la page. Alors on essaie de prendre le rythme, en vain. On boit un café. On mange un kinder. On se dégourdit les jambes. Et on attend, alors même qu’on sait qu’il est inutile d’essayer. On ne peut s’empêcher d’espérer, c’est le propre de la condition humaine.

Je veux te voir

Je veux te voir c’est tout
Je veux embrasser ta joue
Tes yeux et surtout tes oreilles
Longuement
Je veux poser ma main sur ton cœur

Je veux briser l’écran où nos ombres s’agitent
Se cherchent et puis s’évitent
Je veux écouter tes silences
Longuement
Je veux poser ma tête contre ton cœur

Je veux te voir c’est tout
Je veux embrasser ton cou
Tes mains et surtout tes poignets
Longuement
Je veux glisser ma main sur ton coeur

Je veux jeter les mots usés désabusés
Tous les papiers froissés
Je veux caresser tes absences
Longuement
Je veux poser ta main sur mon cœur

jeudi, novembre 03, 2011

Daydream

Je veux déchirer ton tee-shirt
Je veux le jeter loin du lit
Je veux que tu me prennes sur le bureau
Comme ça
Je veux que tu te taises aussi
Que ta bouche me baise
Encore

lundi, octobre 31, 2011

Sur un malentendu...

(A la manière de David Foenkinos)

Richard venait d’entrer dans le café. Il ne passait que très rarement Grand’Rue à cette heure-ci, encore moins pour y boire un café. Tout est toujours question de circonstances dans la vie. Ce matin-là, il s’était mis à pleuvoir à verse sur Strasbourg. Une pluie comme on en voit peu en août. Une pluie qu’on ne peut ignorer. Richard avait été obligé de se réfugier au café. Il s’installa à une table et se tourna aux trois-quarts pour passer commande. C’est alors qu’il vit Marie. C’était comme une apparition, une naissance improbable dans son champ de vision. Elle lisait un livre en anglais en sirotant un thé. Il avait su déchiffrer le titre de loin : The summer without men. Il se mit à penser à la signification d’un tel choix. Il ne pouvait se résoudre à imaginer une femme si belle dans la solitude de sa chambre et de son quotidien. Non, décidément, ce livre ne pouvait être qu’un appel à l’aide. Une façon délicate d’attirer l’attention des hommes. Comme un message codé. Au dehors, la pluie n’en finissait pas de tomber. Ce n’était pas une coïncidence, mais plutôt un signe. Richard avait maintenant la certitude qu’il devait aborder Marie.
Rien dans son apparence ne laissait suggérer sa nationalité. Elle lisait un livre en anglais, mais de nos jours, beaucoup de gens préfèrent l’authenticité de la version originale à l’imprécision de la version traduite. Comment savoir ? Il valait quand même mieux qu’il lui parle en anglais. On verrait par la suite. Des idées de phrases d’accroche se bousculaient dans sa tête, mais aucune ne lui plaisait vraiment. Richard, plongé dans sa rêverie, était maintenant suspendu aux gestes de Marie et en oubliait de boire son café. C’est en regardant l’horloge, plus par réflexe que par réelle curiosité, qu’il se rendit compte qu’il était resté ainsi immobile pendant plus d’une heure, envoûté par les gestes de Marie, happé par ses respirations.

***
Idées de phrases d’accroche pour aborder Marie

-How do you today ?

-Is this a book good?

-Strasbourg is nice?

-Do speak French?

-Are you fucking?

***
Richard sentit qu’il était temps de se jeter à l’eau. Il prit son courage à deux mains et marmonna une question entre ses dents, question qui s’avéra parfaitement incompréhensible. Il fit cependant suffisamment de bruit pour que Marie lève la tête. Elle lui sourit et lui demanda de répéter. Richard comprit à cet instant que Marie était la femme de sa vie. Il balbutia autre chose en français cette fois, et puis les mots lui vinrent aux lèvres de plus en plus facilement. Il déversa des flots de paroles comme quelqu’un qui n’a pas parlé depuis des mois, quelqu’un qui aurait fait un long séjour dans le désert et qui reviendrait enfin à la civilisation. Il prit le silence de Marie pour de la fascination. Sa future femme aimait tellement l’écouter qu’elle ne voulait pas l’interrompre. Elle ne voulait sans doute pas qu’il perde le fil. Puis Richard vit dans les yeux de Marie ce qu’elle n’osait pas lui dire. Ils ne pouvaient pas se quitter comme ça. Il fallait qu’ils se revoient. Il lui donna son numéro de téléphone, Marie l’appela immédiatement pour qu’il ait bien le sien. Elle finit son thé et se dirigea vers les toilettes. Richard eut l’impression que ces quelques minutes ne finiraient jamais. Les femmes aiment faire attendre les hommes, ça fait partie du jeu de séduction. Quand elle ressortit, Richard pouvait difficilement cacher son émotion. Il n’avait encore jamais vu Marie s’avancer vers lui. Le sentiment qu’il avait éprouvé en la découvrant attablée venait d'être sublimé. Il n’avait pas imaginé que le mouvement donnerait à Marie une beauté aussi remarquable qu’indicible. Il l’accompagna au bout de la rue. Au moment de la séparation, une gêne s’installa entre eux. Comment n’avait-il pas pensé à ça ! Marie n’osait pas l’embrasser, bien évidemment. Il sentit qu’à cet instant elle avait besoin de galanterie : « Je peux vous faire la bise ? » Il la regarda s’éloigner rapidement. Elle était sûrement sous le coup de l’émotion, elle aussi.

***
Idées de phrases polies pour faire partir Richard

-Désolée, je dois partir. J’ai piscine.

-J’aimerais vraiment finir ce livre.

-Quelle heure est-il ? Déjà ?!! Je dois y aller, je suis en retard.

-No comprendo.

-Et ta sœur ? (pas très poli, mais efficace)

***

Richard pensa souvent à Marie durant les trois semaines qui suivirent. Mais en rejouant leur rencontre dans sa tête, il se souvint de la volupté suscitée par l’attente lorsque Marie était allée aux toilettes. Lui aussi voulait se faire désirer. Lui aussi voulait que Marie l’attende et chérisse le moment où il s’avancerait vers elle. Il résista à l’envie de l’appeler. Il dût se retenir environ deux fois par jour. Puis la quatrième semaine arriva, pleine de promesses et de légèreté. Richard composa le numéro de Marie. Après les cinq sonneries, le répondeur s’était déclenché. Richard essaya à nouveau. On oublie toujours de réactiver la sonnerie après le cinéma ou le rendez-vous chez le coiffeur. Il n’y avait rien de surprenant à ce silence. Il n’avait même pas demandé à Marie si elle se servait souvent de son portable. Il était possible qu’elle fasse partie de ces gens qui préfèrent les rendez-vous face à face. A partir de ce jour, Richard essaya d’appeler Marie trois à quatre fois par semaine. Il se disait qu’elle l’avait pris à son propre jeu : les femmes sont bien trop intelligentes pour ne pas savoir quand les hommes jouent au jeu de la séduction. Marie avait gagné, une fois de plus.

***

Idées de phrases pour que Richard laisse enfin tomber

-Si je ne réponds jamais au téléphone, c’est qu’il y a une raison. Arrête de m’appeler !

-J’aurais dû être plus directe avec toi. Je vais l’être maintenant : Arrête de m’appeler !

-Tu ressembles à rien, en plus. Arrête de m’appeler !

-Sur un malentendu, ça marche rarement. Ne crois pas tout ce que tu vois dans les films. Arrête de m’appeler !

-T’es con ou quoi ?? Arrête de m’appeler !

***

Ce jeudi-là, Richard avait bien commencé sa journée. Il s’était réveillé à l’heure et sans trop de difficultés. Il avait trouvé une chemise propre qu’il aimait bien cachée au fond de l’armoire. Il était fin prêt pour appeler Marie. Il avait un bon pressentiment. Cette fois serait la bonne. Le téléphone de Marie sonna une fois, puis deux. Il entendit soudain sa voix. Il eut du mal à la reconnaître. Il ne l’avait entendue qu’une fois, très peu. Il avait oublié à quel point la voix de Marie était sensuelle. Il avait pensé que ce qui lui plaisait vraiment chez Marie, c’était la façon qu’elle avait de se mouvoir, douce et déterminée. Il aimait Marie et son cinéma muet, celui qu’elle faisait juste pour lui. Il fut surpris de réaliser que la voix de Marie lui plaisait aussi, peut-être encore plus que tout le reste. Il reprit contenance et se mit à parler. Soudain, Marie utilisa sa voix si sensuelle pour lui dire une phrase. Une phrase très courte qui le surprit et le laissa sans voix. Elle avait raccroché.

samedi, octobre 29, 2011

In limbo

Quand je ferme les yeux
Je vois ton visage
Tes cheveux noirs et tes yeux sombres
Qui ne me regardent plus
Je vois ta peau remarquable
Que j’ai tant désirée
Se mouvoir dans l’obscurité
Puis disparaître dans un trou noir
Dans les abîmes de ma mémoire
Là où les images ne meurent pas
Mais refont surface encore et encore
Tentaculaires
Sans répit et sans remords
Elles se traînent agonisantes devant mes yeux
Habitant mes rêves et ma pensée
Alors je veux crier
Crier ton nom à pleins poumons
Et faire disparaître pour de bon
Ces images morbides de notre bonheur
Inachevé
Interminable

vendredi, octobre 28, 2011

Le temps qui passe

Le temps qui passe n’a pas prise sur nous
Qui comptons les secondes et les minutes
Il n’a pas prise sur toi semblable au premier jour
A la première fois où tu as défait tes cheveux
Je les regarde longuement
Ils se déroulent s’étalent sur l’oreiller
A l’infini
Et quand je les caresse du bout des doigts
Le bonheur est couleur d’éternité

Dans ma poitrine

Chanson que j'ai écrite pour Sébastien Ayreault

Je sens mon cœur qui bat la chamade
Il s’affole dans ma poitrine
Il ne va pas résister longtemps
La plaie se rouvre je le sens
Qui se fissure et dégouline
Dans ma poitrine
Encore aujourd’hui après tout ce temps
Je veux ta main dans la mienne

Je sens mon cœur qui flanche en cadence
Il titube dans ma poitrine
Il ne va pas résister longtemps
Le battement s’allonge je le sens
Qui se fatigue et puis s’épuise
Dans ma poitrine
Encore aujourd’hui après tout ce temps
Je veux ta main dans la mienne

Je sens mon cœur qui frémit encore
Il tremble dans ma poitrine
Il ne va pas résister longtemps
Le rythme s’accélère je le sens
Qui gémit et qui frissonne
Dans ma poitrine
Encore aujourd’hui après tout ce temps
Je veux ta main dans la mienne

Je sens mon cœur qui fuit peu à peu
Il coule dans ma poitrine
Il ne va pas résister longtemps
Les gouttes se répandent je le sens
Qui se tarit et qui se tait
Dans ma poitrine
Encore aujourd’hui après tout ce temps
Je veux ta main dans la mienne

mardi, octobre 25, 2011

Ton visage

Ton visage apparaît dans le sable
La douceur de tes traits se dessine
Tes yeux qui me regardent
Ta bouche et ton nez
Mais quand j’approche ma main pour caresser ta joue
Il est déjà trop tard

samedi, octobre 22, 2011

Je sens mon cœur qui bat
La chamade
Il s’affole dans ma poitrine
Il ne va pas résister longtemps
La plaie se rouvre je le sens
Qui se fissure et dégouline
Dans ma poitrine
Encore aujourd’hui après tout ce temps
Je veux ta main dans la mienne
Je ne savais pas que je deviendrais cette célibataire de plus de trente ans. Dorothée était plutôt jolie et pas bête du tout. Elle venait de quitter Philippe, son amant de 5 ans. Elle l’aimait toujours, et avait décidé, les larmes aux yeux, de mettre au garde-meubles tout ce qu’il devait encore passer récupérer. Presque douze ans plus tard, j’ai laissé mes meubles dans un garage et je suis partie. Quand la tristesse me prend au corps, je repense au doux visage de Dorothée, à son air triste et las, à son pull fatigué. Douloureux secret enfin dévoilé.

vendredi, octobre 21, 2011

La danse

Seuls sur ce porche
Nos deux rythmes ne faisaient qu’un
Mes mains sur tes épaules douces
Je regardais ton cou et ta peau
Brune sous la lumière pâle
Je sentais tes doigts glisser sur mes hanches
Et pourtant

jeudi, octobre 13, 2011

Tout est gris dehors. Les bâtiments se dessinent à peine dans la pénombre. Il ne fait pas encore nuit. C’est juste une après-midi d’hiver, en Alsace. Un paysage maussade, représentation physique involontaire de mon état d’esprit. Ces ruelles étroites qui m’ont tant manqué et qui m’ont hantée longtemps, je peux désormais les emprunter ; mais les buildings interminables et les boulevards de Phoenix me font soudain languir. Quelle est-elle, ma patrie? Je ne le sais plus. Rentrer en France semblait la meilleure solution. Mais la France que je rêvais de retrouver n’existe plus. Les rayons des supermarchés me paraissent compliqués et emplis de denrées superflues. Et pourtant, j’ai grandi au milieu d’elles, et j’ai vanté la gastronomie française et l’élégance et le raffinement pendant toutes mes années aux Etats-Unis. Je les retrouve aujourd’hui sans savoir les reconnaître, étrangère en mon pays.

lundi, octobre 03, 2011

Les feuilles rougies
Embrasent l’horizon clair
Comme tes yeux mon cœur.
Dans mon ventre las
Et vide, je ne ressens rien,
Mais l’horloge tourne.

jeudi, septembre 15, 2011

Vogue la barque, file le courant
Incroyable tourbillon
Vertige qui me grise
Rythme saccadé dont le cœur est perdant
Etre au monde
Rester dehors un peu plus longtemps
Ignorer le froid, le vent, la pluie
Ecouter tes pas dans la neige
Nul ne saura jamais combien je t'aime

dimanche, septembre 04, 2011

Je t’ai attendu sur le quai
Robe bleue chaussures à talons
Le temps s’était arrêté
Les enfants ne couraient plus
Les amants ne s’embrassaient plus
Les passants ne passaient plus
J’ai écouté le sifflement
J’ai regardé le train s'éloigner
Longtemps
Tu n’as pas vu les larmes sur mes joues

samedi, septembre 03, 2011

Je ne veux pas que tu viennes

Je ne veux pas que tu viennes ce soir
Je ne veux pas que tu viennes me voir
J’ai les yeux qui pleurent
J’ai les mains qui se tordent
J’ai le ventre qui brûle

Mais te voilà

lundi, août 29, 2011

Dans ton œil grand ouvert, mon bras triangulaire apparaît encore quelques instants. Je referme la porte. Je ne veux plus me voir minuscule et déformée, telle une improbable composition géométrique. Je suis une nuée vaporeuse, légère, insaisissable. Je suis un parfum subtil que tu ne connais pas et qui imprégnera longtemps les endroits où tu vas.

dimanche, août 28, 2011

R ester dans la piscine un peu plus longtemps
O u lire des poèmes sans intérêt en 1995
M usarder et se laisser porter par la vague
A merrir puis boire la tasse, sortir de l’eau
I ci ou ailleurs, la France ou le Pérou
N ous avons conquis le monde

samedi, août 27, 2011

Beyrouth, 1976

A Michel

Je vois le lit refait et les livres rangés
Les jouets dans les coffres et les coffres fermés
Les vitres en carton et le sol immaculé

Studieux appliqué
Toujours à ton bureau bien élevé
La plume glissant sur le papier

Mais un souffle fait s’envoler la feuille et les livres bien rangés
Un souffle assourdissant qui a tout emporté
Les jouets et leurs coffres fermés, les vitres en carton et le lit refait

Il ne reste sous les décombres que ton corps ensanglanté
Ton corps d’enfant dans cette chambre dévastée
Et la plume qui glissait sur le papier

dimanche, août 21, 2011

Après

Ton souffle sur mes cils embrumés
Protecteur de mes nuits agitées
Je dormais je vivais j’existais

L’éveil brûlure aveuglante
La chair triste et le cœur hagard
Dont on ne se remet pas

Et cette chambre vide
Où je ne peux plus entrer

mardi, août 16, 2011

Extrait

Allyn n'était pas la première des collègues que j'avais rencontrée, mais elle était la plus emblématique. Petite et enrobée, le visage rond, le nez épaté, elle m'avait immédiatement fait penser à une truie à lunettes. J'avais désespérément essayé de chasser cette image de mon esprit, sans succès. La culpabilité qui s'ensuivit m'avait fait lui porter quelques attentions particulières qui l'avaient convaincue de notre amitié. Je ne détestais pas Allyn. Du moins, pas au début. Elle aimait me parler en français, comme le font les Américains qui l'ont un peu étudié durant leurs années de "College". Elle avait même vécu en France pendant un an et se targuait de connaître l'art culinaire français, en plus de la littérature et de l'art cinématographique, dont le point culminant, selon elle, était le Molière de Romain Duris. Je me suis longtemps demandé pourquoi ce film l'obsédait autant, mais la réalité est des plus simples. Les Américains raffolent des comédies gentillettes leur parlant d'une France aux moeurs convenables. Allyn était une Américaine puritaine qui se confortait dans l'idée d'une France qui aurait arrêté son évolution dans les années 50. Celle de Piaf, des bérets et des baguettes. Celle sans Bardot, sans Gainsbourg et sans pavé. Une France que je n'avais jamais connue que dans l'imaginaire Américain et les récits de jeunesse de ma grand-mère. Peu importe, me direz-vous avec raison. Ce qui me gênait vraiment chez Allyn, c'était sa conscience professionnelle à outrance, cette envie d'être la parfaite "team player", à tout moment, sans répit, avec un positivisme insupportable. Célibataire de 34 ans, sans vie affective ni vie privée (sauf si on compte l'Eglise, les repas avec des mères d'élèves et les ateliers crochet), Allyn vivait par et pour son travail. Ses 250 baklavas faits main pour la fête du lycée me faisaient passer pour une feignasse. Elle était la bonne élève parmi les profs, celle qui sacrifiait tout sur l'autel du Bien Suprême, celle qui ne disait jamais non. Sa tête de truie m'apparaissait parfois en rêve, tantôt se gonflant comme un ballon, tantôt se changeant en monstre à deux têtes dont les yeux vides déversaient des serpents venimeux qui me réveillaient en sursaut.
Je pense à toi, longtemps, toujours. A la terrasse d'un café, dans un parc, je sens ton souffle dans mon cou. Je ne me retourne pas, je prolonge l'instant. Je devine ton visage dans le soir et tes mains. Infinie douceur, souvenir délicieux.
Je me suis assis dans la lumière de l'été pour écrire
Sur les hivers et surtout sur les printemps
Sur tes mains, ta bouche, tes yeux
Et sur tes gestes délicieux
Sur ta robe entr'ouverte et tes jambes découvertes
Mais l'automne se profile
Implacable, impalpable, inéluctable
Le vent se lève, emportant les feuilles
Et notre amour qui se meurt

Au parc Montsouris

Il y a des fleurs fânées et des herbes mal coupées
Il y a des cheminots affamés devant des corps allanguis tout fripés
Il y a des retraitées mal fagotées aux romans sans intérêt
Il y a des poussettes hurlantes de bras et jambes
Il y a une fontaine ensanglantée et un pavillon abandonné

Toi seul peux rendre aux choses leur beauté
Manuel m'a pris tout mon désir, tout mon plaisir, toutes mes envies et tous mes avants. Il est le monstre à deux têtes qui m'a vidée de mon sang. Il est celui qui m'offre des fleurs en 1986, sans raison et sans coeur.

Manuel, j'écris ton nom parce que je ne sais plus qui sont les autres. Tu les as effacés, tu les as éclipsés, tu les as avalés.

Manuel, même à cent ans, le corps en vrac et le coeur tout délavé, je t'en voudrai, je te voudrai, je voudrai...
L'ennui s'est glissé dans la chambre où tu te reposais. Mon corps, sur le mur, se dessinait en ombres chinoises, le drap froissé au pied du lit. Les mots ne se formaient plus et les pensées restaient en suspens. La réalité avait ressurgi, plus cruelle qu'auparavant. Alors, j'ai fermé les yeux.

Clair-obscur

J'ai perdu la raison
Les rythmes se sont ralentis
Les silhouettes se sont glissées dans l'ombre
Les costumes se sont endeuillés

Tu restes mon soleil indélébile
Tu as bu ton désir jusqu'à la lie
Tu l'as consommé dans cet appartement rue de la Gaîté
Sans peur et sans un cri
Tu as perdu patience

Moi je t'aimais

mardi, juillet 26, 2011

D élaissée
E t le corps rebelle
S ans mémoire
I nstantané
R endant l’âme

lundi, juillet 25, 2011

Baiser volé

Appuyés contre la porte salutaire
Ta main aveuglante
S’égare et effleure ma peau
Parcourant mon dos assombri
Les lèvres entr’ouvertes
La clé tourne dans la serrure
Etreinte inassouvie

dimanche, avril 24, 2011

Au fil du temps

Au fil du temps

Le rat mortifère a quitté le navire
M’agrippant aux débris
Je regarde passer ma vie à un fil
A bout de souffle
Eternel tourbillon
Courant inéluctable

mercredi, février 23, 2011

L'envie et le dégoût

L’angoisse s’appuie sur la douleur
Pour le moment
Pour l’instant
Pour maintenant
C’est tout ce que j’ai
Je m’y accroche comme j’en crève
De tout laisser tomber j’en rêve
Alors ça part ça fait des trous au cœur
Ca pique les yeux ça brûle les mains toutes délavées

A l'autre bout de l'autre côté il n'y a plus rien

jeudi, avril 08, 2010

La rose

La page est blanche
Et la rose est rouge
Nous avons tourné la page
Et la rose est tombée
Nous avons lu d’autres pages
Aimé d’autres mots
Pleuré d’autres maux
Aussi

Nous avons retrouvé dans un coin
Sous un tapis empoussiéré
Un morceau une forme
Jadis rouge

Nous avons compris qu’il était trop tard

dimanche, janvier 03, 2010

De lignes vives et pâles
On m’a maquillé les jambes et le visage
J’ai bu l’elixir
Qui fait les voix fortes et les gens petits
Pendant longtemps
Avec effroi et dégoût
J’ai parcouru cet espace fermé et blanc

vendredi, septembre 11, 2009

Les corps incandescents

La lune croissant rouge à travers les rideaux
Nous chevauchons ce soir des rêves impatients
Vers des terres inconnues et des contrées lointaines
Tes cheveux n'ont jamais été si mystérieux

Les draps glissent et se froissent océan agité
Nous goutons alors aux plaisirs absolus
Qui font les êtres tristes et les souvenirs ardents
Sur ta bouche se dessinent des chemins inventés

Mais le temps
Contre tout conspire et s'acharne

Il me reste à présent un coup au coeur
Et tes bracelets

jeudi, septembre 03, 2009

Histoire d'eau

Je
Dans la salle de bains
Il
Dans la chambre
Nous
Dans la douche

Alors on
Et on
Encore et encore

Mais elle

mardi, août 18, 2009

Il m'a parlé d'un café
J'ai fait semblant d'écouter
Il m'a raconté sa journée
J'ai bu mon café
Il m'a emmenée danser
J'ai regardé les gens s'amuser
Il m'a ramenée chez moi
Je ne l'ai pas embrassé
Il est rentré chez lui
Je ne l'ai jamais oublié

lundi, août 17, 2009

Je m'enivre d'une peau qui n'est pas tienne
Tu froles une odeur qui n'est pas mienne


Combien de temps nous reste-t-il

mercredi, août 12, 2009

Tout se ressemble
Je passe mon tour
Et le temps
Dans ce long corridor
La pluie n'arrête pas de tomber
Les feuilles n'arrêtent pas de s'envoler
Le monde n'arrête pas de tourner

Tu n'as pas écrit

dimanche, août 09, 2009

Dans l'appartement solitaire
On n'entend que le bruit
Des heures en suspens

vendredi, août 07, 2009

Tu allumes une cigarette
Et les souvenirs de nos ébats s'envolent
En fumée

mercredi, juillet 29, 2009

J'avais eu beau jurer qu'on ne m'y prendrait plus, il n'y avait rien eu à faire. Il avait une manière de donner mine de rien et cette générosité m'avait émue aux larmes. C'était toujours pareil, j'aurais dû m'y attendre. Mais dans ces cas-là on ne peut pas s'empêcher de penser que cette fois-ci ce sera différent et on s'accroche à ses rêves. Quand je réfléchissais à tous les trucs que j'avais pu faire qui trahissaient mes sentiments, ça me donnait envie de chialer. Ensuite, je repensais à sa douceur et ça me faisait chialer encore plus. J'allais me coucher avec les yeux rouges, heureuse que personne ne soit là pour les voir.

mardi, juillet 28, 2009

Elle se retrouvait dans le role de l'autre, celle qui arrive en deuxième position, celle qui attend, celle qui n'existe pas vraiment. Elle ne manquait pourtant pas de charme et avait eu plusieurs occasions d'être la seule et l'unique. Elle avait fait le choix de ne pas donner suite et avait préféré les hommes déjà pris parce qu'ils n'ont pas été choisis pour rien.

lundi, juillet 20, 2009

L'amour la vie

Tous ces couples que je vois
Tous ces couples que j'entends
Me parlent d'amour
Et de jalousie
Du temps qui passe

Nous ne sommes pas comme eux
Le temps ne passe pas chez nous
Et l'amour ne se vit pas à deux

samedi, juillet 04, 2009

Sensation

Je ne sais plus quand ni comment il est entré dans ma vie. Je me rappelle juste un après-midi au café. C’était son anniversaire. Le serveur avait voulu lui offrir un coup à boire, pour l’occasion. Il avait refusé : « raincheck, if that’s ok. » Il s’était installé à ma table et avait commencé à étudier, comme à son habitude. Dans ce souvenir, il n'y a rien d’autre : ni mes livres, ni les vêtements que je portais, ni ma boisson ce jour-là. Juste un coup au cœur.
Cet instant reste gravé en moi et c’est tout ce qu’il m’en reste.

mardi, juin 23, 2009

Dans mes nuits blanches

Dans mes nuits blanches

Il y a des souvenirs qui s'envolent en fumée
Il y a des sofas assoiffés et des polars non terminés
Il y a des lits pour s'asseoir et des tapis pour s'allonger
Il y a des magazines féminins qui s'empilent devant la télé

Dans mes nuits blanches

Il y a des ombres au plafond qui prennent forme
Il y a des moutons dans un pré qui s'endorment

Et puis il y a toi

vendredi, juin 19, 2009

Colère
Douleur

Couleur

La vie ne vaut plus grand chose
Vue d'ici

J'attends que le temps passe
Lentement
Lentement

Sans savoir pourquoi

samedi, juin 06, 2009

J'écris par la douleur
Ressentie pensée rêvée
Jusqu'à aujourd'hui
Jusqu'à demain
Cruauté volée
Vie inassouvie

Je t'ai perdu sans un cri

J'ai fait le tour du monde

Tu es resté mon isoloir