mardi, juillet 25, 2006

Aux armes (etc)

Comme il y a un petit moment que je n'ai pas posté, voici un deuxième post dans la foulée (je sais, ma générosité me perdra... ;p).
Pas grand chose, juste un truc que j'ai découvert par hasard il y a quelques jours. Une candidate républicaine à l'élection de gouverneur dans le Nevada:


Elle s'appelle Melody ("Mimi" Damayo), et c'est une ancienne porno-star.
On est loin de l'adorable garçonne. Ca n'étonnera (par contre) personne que nombre de mecs veuillent la prendre... (vous connaissez la suite)

post mortem

Durant mon séjour en France, je suis allée voir le dernier film de Sofia Coppola. Alors je sais que quelques critiques (et même beaucoup) ne l'ont pas aimé. Et de parler d'invraisemblance historique et de longueur inadéquate...
Pour moi, le film n'avait aucune visée historique. Ce que j'y ai trouvé, c'est l'adolescence brisée d'une jeune fille que sa destinée et son statut dépassaient. Une réalité personnelle, discutable, et dérangeante par sa naiveté. Et si Marie-Antoinette était cette ado naive et perplexe face aux complexités de l'étiquette française? Cette jeune mariée délaissée par un roi plus intéressé par les serrures et la chasse?
Les scènes de solitude sont une fois de plus filmées incroyablement, laissant transparaître la mélancolie, l'envie d'évasion du personnage. La musique est très bien choisie.

C'est la première fois que je suis amoureuse d'une réalisatrice.

samedi, mai 27, 2006

Sur rien

Ces derniers temps, je suis pas trop inspirée, alors je pompe les auteurs que j'aime. C'est ça d'être en vacances. Mes étudiants, quoi que j'en dise, étaient finalement ma source d'inspiration...


Vent nocturne

Sur la mer maritime se perdent les perdus
Les morts meurent en chassant des chasseurs
dansent en rond une ronde
Dieux divins! Hommes humains!
de mes doigts digitaux je déchire une cervelle cérébrale.
Quelle angoissante angoisse
Mais les maîtresses maîtrisées ont des cheveux chevelus
Cieux célestes
terre terrestre
mais où est la terre céleste?

Corps et biens, "langage cuit", Robert Desnos, 1923

vendredi, mai 12, 2006

retour au pays

Partir. Mon coeur bruissait de générosités emphatiques. Partir... j'arriverais lisse et jeune dans ce pays mien et je dirais à ce pays dont le limon entre dans la composition de ma chair : « J'ai longtemps erré et je reviens vers la hideur désertée de vos plaies ».

Je viendrais à ce pays mien et je lui dirais : Embrassez-moi sans crainte... Et si je ne sais que parler, c'est pour vous que je parlerai».
Et je lui dirais encore :
« Ma bouche sera la bouche des malheurs qui n'ont point de bouche, ma voix, la liberté de celles qui s'affaissent au cachot du désespoir. »

Et venant je me dirais à moi-même :
« Et surtout mon corps aussi bien que mon âme, gardez-vous de vous croiser les bras en l'attitude stérile du spectateur, car la vie n'est pas un spectacle,car une mer de douleurs n'est pas un proscenium, car un homme qui crie n'est pas un ours qui danse... »
Aimé Césaire, extrait des Cahiers d'un retour au pays natal

dimanche, avril 02, 2006

Perles

En corrigeant, on tombe sur des erreurs parfois à la limite du poétique, et surtout très drôles. Après "les perles du bac", "les perles des assurances", "les perles des gynécos du pas-de-calais", voici: Les Perles de Mes Etudiants.
J'ai lu, en vrac:
"J'aime le nourriture japonais, et particulier le gazon des mers (comprendre "algue")."
"Au Japon, on peut manger des distributeurs automatiques."
"Si tu as faim, il y a des Américains et des Mexicains."
"Si vous êtes un ventilateur de culture, venez à l'Ile Maurice!" (confusion de "fan" et "airfan: ventilateur")
"Il avait une fermeture exotique" (confusion de "close" et "clothes"...)
"Ils robe étrangement" (confusion de "a dress" et "to dress")
"Anne ses mouches de retour à New-York" ("Anne flies to return to New-York...")


Ma préférée (cette phrase était écrite sans faute):
"J'ai tiré cette dinde pour vous dehors dans les buissons, derrière le village." ("vous" étant moi-même; c'est le "PS" d'une carte postale géante d'un étudiant; j'étais le destinataire de cette carte...)

samedi, mars 18, 2006

Tout est relatif

En général, Rocco Siffredi ne passe pas inaperçu à la télé. La question est de savoir si son ramage se rapporte à son truc en plumes, finalement. Demandez donc à Pierre Richard. Lui vous dira que Rocco est à l'aise devant les caméras, en toutes circonstances, qu'il exhibe ses bijoux les plus énormes ou qu'il en parle. Le contraste était d'autant plus flagrant que le pauvre PR était venu parler du film de PEF (un autre ami du PAF), si romantique que c'en devenait indécent. Après avoir rêvé au mariage du cosmonaute romantique et gaffeur PEF avec la piquante Julie Depardieu, le télespectateur se retrouvait face à celui qui racontait sans complexe sa première expérience intime, à 10 ans dans les toilettes sous l'oeil étonné mais néanmoins bienveillant de son italienne de mère. Et de raconter le peu d'intérêt qu'il portait à l'école, si ce n'est sa rencontre avec les filles, et ses premiers ébats qui lui permirent la révélation: sa bite pouvait le mener très loin. C'est tout naturellement qu'il s'engage dans la marine à 16 ans, pour se faire ensuite introduire à force de persévérance, à 19 ans, dans un club échangiste parisien assez branché. Il y rencontre une star du porno, Gabriel Pontello, à qui il montre ce qu'il a dans le bas-ventre. Sa carrière est lancée, l'homme au Membre d'or en fera fantasmer plus d'un(e). A 40 ans, voilà qu'il se retrouve chez Ardisson pour nous livrer son parcours et nous faire larmoyer sur ses ennuis de prostate, précisant qu'il doit se lever plusieurs fois par nuit. Même les porno-stars ont leurs problèmes.

jeudi, mars 16, 2006

Rédaction

Ma famille a 4 gens dans lui. ma mère et mon père et aussi mon plus jeune frère. ma mère a 47 ans et mon papa a 48 ans. mon petit frère a 18 ans. nous aimons aller sur les voyages ensemble et sports de pièce. mon papa aime que le golf et ma mère aime le tennis.

mardi, mars 07, 2006

Si vous vous ennuyez...

le test du baiser :)

Mon score est de 29%... Ce qui veut dire que oui, j'ai embrassé plusieurs personnes lors d'une même soirée, mais jamais en même temps. J'ai aussi embrassé une personne du même sexe que moi. Mais jamais dans une église, ni sous la pluie.
Ben tout dépend de ce qu'on met derrière le terme "embrasser", me direz-vous. Effectivement.

Parce qu'y paraît que c'est cool dans un blog...

A Jaguar

A shapeshifter that understands the patterns of chaos.
You are powerful and move without fear in dark places.

vendredi, mars 03, 2006

losing my religion

Un phénomène m'intrigue ici. Les assistants de français américains sont très religieux (à l'exception de mon pote Trevor, et de mon amie Hazel ;p).Comment peut-on aimer la littérature française, étudier L'amant de Duras, et être baptiste?
Justement, certains étudiants étalent leurs arguments religieux en classe, quittent la salle pendant les scènes de nus du film de Jean-Jacques Annaud, et comble de tout, présupposent que leur réaction est normale, reflètant l'avis de la majorité. Le mari de certaines de mes collègues ne supporte pas d'aller vois un film de Woody Allen, parce qu'ils parlent d'infidélité.
Je quitte parfois mon bureau, ne pouvant plus supporter le discours de mes collègues démontrant que selon la Bible la femme doit être soumise à l'homme, que le sexe est un péché sauf quand il s'agit de procréer, et que les homosexuels sont des déviants sexuels... Aucun dialogue n'est possible avec ces gens-là, et je ne sais jamais quelle attitude adopter. Faut-il être tolérant avec les intolérants? Dois-je les mépriser, les ignorer, ou leur parler de temps à autres parce que malgré tout ce sont mes collègues? Ca me révolte, mais je ne peux concrètement rien faire qui briserait la fausse harmonie rose du département. Je me retrouve oppressée par les puritains.
Il est vrai que dans le Kentucky, aller voir Brokeback Mountain est un acte engagé. L'homophobie est parfois ostensible. Les jeunes ne se gênent pas pour dénigrer quelqu'un en classe sous prétexte qu'il a une sexualité différente de la leur.

Ce post semble alarmiste, mais il existe aussi des Américains tolérants et ouverts, qui se battent pour le respect des libertés, et j'en connais. Mais quelle attitude adopter quand on est en minorité face à des gens qui ont des certitudes aussi dangereuses?

jeudi, février 23, 2006

Catharsis

"Je vais les tuer, bordel..."
Je me fais peur, parfois. Mais ils sont tellement crétins, ces mecs (enfin, il y a aussi quelques nanas qui pigent rien, mais elles sont moins méchantes), surtout celui qui a pris la manie de répéter bêtement ce que je dis, et sur le même ton en plus. J'ai des envie de meurtres, et je voudrais en foutre la moitié à la porte.
Et c'est l'injustice de la répartition qui rend ça pénible. Je m'explique: j'ai une classe d'anges, et puis les autres.
Et toutes les 5 minutes: "I'm confused", alors que ça fait trois fois que j'explique la même chose, en anglais. Ce sont de grands bébés. Manque total d'autonomie. Résistance à l'apprentissage. Et je dois gérer ces conneries pour 5 dollars de l'heure. C'est vraiment une perte de temps.
J'ai l'impression d'être un robot: "vous aimez les saucisses? qu'est-ce que c'est les saucisses?" - silence dans la salle de classe - "sausage" "what?" "sausage" "ah yes"; "vous aimez la truite? Qu'est-ce que c'est la truite?" - silence dans la salle - "c'est du poisson" -brouhaha: "fish, fish" - "trout" "what?" "trout" "ah, yes"... Un vieux sketch des inconnus me donnaient envie de leur dire: "Vous aimez la tête de veau? si oui, vous pouvez donc vous supporter le matin quand vous voyez votre gueule dans la glace..."

Ce sont des boulets à traîner. Je suis obligée de tout leur dire, d'imposer mes règles, sinon, ils ne savent pas comment faire. Et j'aurai de mauvaises évaluations, mais mes étudiants arriveront au niveau suivant avec un bon niveau, et ils s'ennuieront. La boucle est bouclée. CQFD.

Presque morte de devoir supporter ces cons.

vendredi, février 17, 2006


Juste un petit post pour dire que vraiment, la Saint Valentin, ici, c'est quelque chose...
J'ai proposé à mes étudiants d'écrire des cartes en français, en échange de quelques points de bonus. Quelle ne fut pas ma surprise quand je reçus 4 cartes, fabriquées entièrement de la main de mes étudiants, avec des tentatives en français de déclarations à leurs chéris. En fait, une classe a compris "déclaration à mon mec/ ma nana", et l'autre: "carte pour ma prof".
J'ai donc eu deux cartes contenant des messages tels que: " Quand j'étais petite, j'attendais pour toi. Maintenant, j'ai toi. C'est destin." , et deux cartes avec des messages pour moi, du genre: "Chère Barbie, Bonne Saint Valentin! J'adore ce jour, parce que je peux manger beaucoup des chocolats!"
L'une de mes étudiantes, assez timide, m'a donné sa carte en douce à la fin du cours: une enveloppe cachetée à mon nom, qui contenait une carte avec un collage qui disait: "elle a aimé les hommes commes les chocolats, riches et basanés", et au dos de laquelle était attaché un joli chocolat belge...

mercredi, janvier 18, 2006

Communicative approach

La méthode pédagogique que je dois employer quand j'enseigne est très différente de ce que nous connaissons en France. Il s'agit de pousser les étudiants à communiquer le plus possible. Il y a donc beaucoup d'exercices oraux, durant lesquels les étudiants doivent parler d'eux-mêmes, ou des autres. La majorité des exercices reflète donc une forme de réalité, et décrit le quotidien des étudiants. Les cours sont donc plus vivants, plus concrets; la grammaire est appliquée, rarement abstraite. Au début du semestre, il y a toujours un flottement, car même les Américains ne sont généralement pas habitués à cette méthode (qui a 10 ans d'existence). On se concentre sur le fait de pouvoir parler de sa vie, de ce qu'on aime, de ce qu'on mange ou boit...
Ce qui est sympa, c'est quand les étudiants essaient vraiment de communiquer aussi à l'écrit, dans leurs copies. Ils font des allusions à ce qui se passe en classe, font même parfois des "private jokes" en français, et c'est très agréable! Ce n'est pas un simple exercice, ça devient un vrai moyen d'expression. Il est vrai qu'en plus les étudiants américains que je connais ici ne mentent jamais dans leurs copies: je découvre leur vie au fil des examens: ce qu'ils ont fait pendant les dernières vacances, ce que leur famille aime faire, s'ils ont un "boyfriend" ou une "girlfriend"...

lundi, janvier 16, 2006

Voici une retranscription du mail que je viens de recevoir (j'ai changé les noms, parce que bon, on sait jamais, hein :p):

Bonjour!
My name is Laurie (;p) and I am a French 102 student. I transferred into your class this afternoon and will begin attending next Tuesday. I was in French 101 with Jennifer Lopez (hehe) and she said such wonderful things about you and your teaching that I wanted to become a student in your class. I was hoping you could tell me any homework that may have already been assigned or that is due Tuesday because I don't want to fall behind. If you could email me the course syllabus I would greatly appreciate that as well. I look forward to meeting you in person and attending your class!

Thanks,
Laurie

Ca vous en bouche un coin, hein??
Enfin, comme dirait Kwikwi, c'est pas en France qu'on oserait écrire un truc aussi lèche-cul (à un prof qu'on n'a pas encore eu)...

samedi, décembre 31, 2005

Happy Valentine's day!


Cela fait déjà plusieurs semaines que je regarde les cartes de voeux, sans parvenir à me décider. Trop kitsch, trop chère, pas assez américaine... Puis, il y a quelques jours, le désir d'écrire me prend comme une envie de pisser. Je vais à "kroger", et là, horreur: toutes les cartes pour Noel et la nouvelle année ont été remplacées par les cartes de Saint Valentin...

jeudi, décembre 15, 2005

Je viens de rentrer du "final" comme on dit... Oui, les examens finaux de langues vivantes peuvent avoir lieu de 20h30 à 22h30, ça ne choque personne...
Il faut savoir qu'ici, les étudiants n'hésitent pas à mettre des commentaires dans leurs copies. Par exemple: "I don't think that I have ever seen this before" ou "don't know". Parfois, ils dessinent aussi des smileys au milieu de leurs rédactions, ou font de vrais dessins qui n'ont aucun rapport avec l'examen.

Certaines erreurs sont assez amusantes. Les étudiants n'ont jamais fait de grammaire avant l'université, donc ils n'ont aucune idée de ce qu'est un nom, un verbe, un adjectif... Ils ne comprennent pas le rapport existant entre les mots.
Ca n'étonnera donc personne de lire pour "Ann flies to New York": "ses mouches de retour à New York"; on pense également, dans un autre style, au fameux "lit de taille de roi" ("king size bed") ou au "lit plein" ("full bed"), qui se trouve près du "placard de plain-pied" ("walk-in closet"). Ce qui reste pour moi un mystère, c'est quand même la "raboteuse" (="dresser"). Je n'ai toujours pas compris d'où venait ce mot. Si vous avez des idées, n'hésitez pas...

mardi, décembre 13, 2005

Attrayant - fonctionnel - le cadeau parfait

Je viens de me procurer l'indispensable book hug for book lovers. Ce qui m'a surtout séduite, c'est la petite description du produit en français (ben oui, c'est un produit canadien) au dos du paquet:

Support de livre ouvert sans mains.
Vous permet de faire d'autres choses tandis que vous lisez.
Vous permet de lire tout en mangeant, faisant la cuisson, tricotant, faisant des leçons, dactylographiant à l'ordinateur ou parlant au téléphone.

La satisfaction est garantie.

Facile à employer - placer juste le livre ouvert dans le berceau et le poids du livre jugera le livre et les pages confortables.



samedi, décembre 10, 2005

C'est un samedi ordinaire: curry/ flûte traversière.

mardi, décembre 06, 2005

Les évals


Je sais, ce titre fait très "star ac'". Mais ici aussi les évals font polémique.
C'est un truc assez bizarre à mettre en place quand on est étranger. Le prof doit sortir de la classe pendant 10 minutes pour laisser les élèves libres de remplir la feuille d'évaluation. Il y a un tas d'affirmations, comme par exemple:"le prof vous explique bien les concepts" ou encore: "les livres qui servent de support au cours sont utiles pour progresser dans la matière". Les réponses doivent être: "strongly agree", "agree", "disagree"...
Ensuite, il y a un espace pour les commentaires personnels; s'il n'y a pas suffisamment de place, on peut joindre une feuille supplémentaire. Et c'est là qu'on peut se faire encenser ou assassiner :) Un étudiant doit se charger d'apporter le paquet d'évaluations cacheté au bureau administratif qui les récolte. Le "dean" (ou, dans mon cas, la responsable pédagogique)les récupère, les lit, puis convoque le prof en question pour en parler.
Certains étudiants paresseux profitent bien entendu de cette opportunité pour reporter leur déception ou leur colère sur l'enseignant.

Ah! Ce doit être tellement jouissif!